- Research Article
- 10.7202/1123089ar
- Jan 1, 2025
- Intervention
- Martine Guénette + 1 more
Le travail social est traditionnellement polarisé entre des interventions axées sur l’individu et sur le social (Breton, 2002). Si les travaux de Marie Richmond et de Jane Addams ont grandement contribué au développement de la profession au Québec, ils ont également alimenté cette tension qui perdure, mais qui a permis de faire naitre une riche diversité de pratiques. Dans le contexte précédant sa professionnalisation, le travail social visait l’adaptation sociale des individus. Puis, afin de rompre avec ses fondements vocationnels, un discours sur l’expertise et la spécificité de la pratique des travailleurs sociaux et travailleuses sociales (TS) autour du service social familial (Mayer et Groulx, 1987) a été adopté. En 2002, l’Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec (OPTSQ) faisait de l’évaluation psychosociale l’acte professionnel spécifique aux TS, laquelle a été remplacée par l’évaluation du fonctionnement social (ÉFS) en 2009 (OTSTCFQ, 2022). Que signifient ces changements sémantiques? Certains estiment que, loin d’être anodines, ces modifications au registre discursif viennent résolument inscrire la profession du travail social dans une perspective fonctionnaliste (Harper et Dorvil, 2013; Parazelli, 2015). Les auteurs du document Vers une vision partagée pour l’enseignement de l’évaluation du fonctionnement social (OTSTCFQ, 2022) mettent plutôt en lumière la perspective herméneutique de la notion de fonctionnement social. Malgré ces différentes visions, la sémantique entourant l’ÉFS porte à réfléchir au rôle des TS et à leurs objets d’intervention. Assistons-nous au retour de la tension classique entre un travail social intégrateur et un travail social transformateur des structures à l’origine des problématiques sociales? Cet article propose une analyse critique de l’ÉFS à partir des concepts d’évaluation et de fonctionnement social qui lui sont sous-jacents. Il sera alors possible de situer l’ÉFS dans des enjeux sémantiques et épistémologiques ayant des impacts sur les populations et sur le mandat de la profession.
- Research Article
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- 10.7202/1111614ar
- Jan 1, 2024
- Intervention
- Emmanuelle Larocque + 6 more
Confronté à de nouveaux problèmes socioécologiques d’envergure qui touchent toutes les sphères de l’intervention, le travail social est appelé à renouveler son cursus académique. Ce récit de pratique vise à contribuer à la réflexion, déjà entamée, sur les types d’activités pédagogiques qui s’alignent sur les objectifs transformatifs du travail écosocial. L’article présente un document collectif rédigé par six personnes étudiantes de premier cycle en travail social dans le cadre d’un cours d’intégration des expériences de stage, interrompu par la pandémie de COVID-19. Il s’agit d’une activité pédagogique qui a été pensée lors de la reconfiguration des modalités de réussite du stage en raison du basculement des cours universitaires en ligne en mars 2020. Le but de cet exercice était d’offrir un espace de partage afin que les personnes étudiantes puissent extérioriser leurs inquiétudes du moment, mais aussi pour co-construire et renégocier les frontières du travail social au regard de la complexité des crises sanitaires et écologiques. S’appuyant sur le modèle conceptuel écosocial, l’article positionne l’action collective comme moyen de favoriser une prise de parole collective et inclusive des jeunes au sein des espaces académiques. La méthodologie utilisée pour créer et diffuser le document collectif est développée et appuyée par des extraits du document final. Les retombées seront ensuite discutées selon les points de vue des personnes étudiantes et de la professeure. Ces regards croisés permettront d’identifier des pistes d’action pour la pédagogie écosociale, tout en posant la prémisse qu’un tournant expérientiel et collectif s’avère nécessaire pour développer des pratiques porteuses d’espoir et de transformation socioécologique.
- Research Article
1
- 10.7202/1111612ar
- Jan 1, 2024
- Intervention
- Carine Villemagne + 1 more
Au Québec, les professionnelles de l’éducation populaire détiennent des formations variées, dont plusieurs se rattachent au champ du travail social. En ancrant leurs pratiques dans la dimension exclusivement sociale de l’environnement, celles-ci ont historiquement négligé de prendre en considération les relations qui unissent les personnes à leur environnement autre qu’humain, et ce, parce qu’elles n’ont pas été formées en ce sens. Pourtant, les réalités associées aux multiples dégradations environnementales, dont celles relatives aux changements climatiques, ne peuvent plus être ignorées et considérées en dehors du champ du travail social. Dans ce contexte, les professionnelles de l’éducation populaire s’interrogent quant aux nouvelles formes de pratiques émancipatoires qui leur permettraient de répondre aux besoins d’éducation relative aux changements climatiques (ERCC) des communautés qu’elles accompagnent. Afin d’illustrer les défis auxquels font face ces professionnelles, l’article se penchera sur l’étude du cas d’un organisme d’éducation populaire situé en Estrie. Cet organisme a développé un programme d’ERCC sur une période de cinq mois avec un groupe de huit adultes. Les forces et les lacunes de l’intervention éducative seront présentées et des pistes d’amélioration seront explicitées. Pour conclure, des recommandations seront formulées en vue de contribuer à l’émergence de la formation initiale et continue en travail écosocial.
- Research Article
- 10.7202/1109247ar
- Jan 1, 2024
- Intervention
- Gaelle Troude + 4 more
Sous forme de récit de pratique, le présent article décrit le processus ayant mené à la création de l’Association québécoise des travailleuses sociales et travailleurs sociaux (AQTS). Les auteures, dont les efforts ont permis la fondation de cet organisme, sont membres du comité de travail et du premier conseil d’administration de l’AQTS. Par le partage de leur expérience, elles souhaitent illustrer que le contexte ayant généré la motivation de créer l’AQTS est également responsable des obstacles ayant nui à sa création. Afin d’assurer son existence future, des gestes concrets et créatifs doivent être posés.
- Research Article
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- 10.7202/1111610ar
- Jan 1, 2024
- Intervention
- Sue-Ann Macdonald + 4 more
Au Québec, les liens entre la pratique du travail social et la crise écologique, ainsi que les impacts de celle-ci sur les populations en situation de vulnérabilité, sont des avenues qui commencent à être explorées dans la recherche. Cet article s’inscrit dans ce mouvement et expose notre analyse issue d’un projet de recherche exploratoire auprès de praticiennes en travail social. Il sera question d’examiner leurs points de vue sur les connexions qu’elles établissent entre leur pratique et l’écologie. Notre analyse montre que les participantes reconnaissent la pertinence de leur profession face à la crise écologique, mais que leur contexte de pratique ainsi que la façon dont l’environnement et la nature sont conceptualisés à même la profession peuvent être des facteurs contraignants pour l’écologisation du travail social. Cet article s’inscrit donc dans une invitation collective à réfléchir au travail social d’aujourd’hui et de demain devant la nécessité d’intégrer de manière plus significative les préoccupations environnementales dans la pratique professionnelle.
- Research Article
- 10.7202/1115960ar
- Jan 1, 2024
- Intervention
- Emmanuelle Khoury + 1 more
Depuis le premier Plan d’action en santé mentale au Québec (MSSS, 2005), le ministère de la Santé et des Services sociaux privilégie des soins collaboratifs, un modèle de plus en plus souvent adopté dans les provinces canadiennes depuis 2011 (Kates et al., 2023). Bien que la collaboration interprofessionnelle soit reconnue comme un moyen de fournir des soins de qualité (McNeil et al., 2013) et de protéger le bien-être des patients, peu de recherches explorent la dynamique entre le travail social et le traitement médical en santé mentale. Quelles possibilités de collaboration existent entre ces professions? Comment leurs expertises en évaluation, planification et prise de décision partagée peuvent-elles améliorer les résultats et la qualité des soins? Cet article discute des stratégies susceptibles de contribuer à co-construire des territoires partagés entre ces professions. Nous soutenons que pour y parvenir, il est essentiel de remettre en question les rapports de pouvoir entre les groupes professionnels, d’encourager la créativité et de reconnaître les différents savoirs professionnels.
- Research Article
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- 10.7202/1109248ar
- Jan 1, 2024
- Intervention
- Marie-Joëlle Robichaud + 5 more
Étant donné la complexité et les hauts risques associés à la pratique en contexte de protection de la jeunesse (PJ), les « erreurs » ou les « drames » sont inévitables (Munro, 2005). En ce sens, dans sa perspective des systèmes, Munro argumente que pour les réduire au maximum et améliorer la performance globale des systèmes de PJ, il faut que les « erreurs », qui sont souvent individualisées au niveau des professionnelles, soient plutôt analysées au sein d’un système managérial et organisationnel plus large (2005; 2011; 2019). Plus précisément, il faut prendre en compte 1) les facteurs liés aux individus, 2) les ressources et les contraintes ainsi que 3) le contexte organisationnel, et comprendre comment ceux-ci influencent l’exercice des professionnelles et la qualité des services aux jeunes et à leurs familles (Munro et Hubbard, 2011). L’objectif de cet article est de présenter, à la lumière des trois niveaux de la perspective des systèmes (Munro, 2005; 2011; 2019), une analyse critique des conditions de pratique des professionnelles des services de PJ telles que présentées dans le rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ, appelée commission Laurent). L’analyse thématique complète du rapport a permis d’identifier trois axes thématiques transversaux aux conditions de pratique : 1) la gestion de la performance; 2) la culture du risque et 3) le vécu des professionnelles. Les constats découlant de ces trois axes présentent des cohérences, mais aussi certaines tensions et discontinuités avec la perspective des systèmes : 1) la prépondérance de recommand’Actions qui s’intéressent aux professionnelles en comparaison des deux autres niveaux, soit les ressources et l’organisation; 2) des propositions qui posent le risque de resserrer le contrôle des pratiques plutôt que de valoriser l’expertise des professionnelles; 3) des stratégies qui misent sur l’adaptation plutôt que sur le changement vers une culture d’apprentissage. Les similitudes, les écarts et les discontinuités entre les constats et les recommand’Actions sont discutés afin d’illustrer certains angles morts du rapport Laurent, notamment la valorisation d’une culture d’apprentissage cohérente avec l’incertitude et l’exceptionnalité du travail en contexte de PJ.
- Research Article
- 10.7202/1111609ar
- Jan 1, 2024
- Intervention
- Emmanuelle Larocque
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- Research Article
- 10.7202/1111613ar
- Jan 1, 2024
- Intervention
- Sabrina Tremblay + 1 more
Ce texte a pour objectif de démontrer la pertinence d’intégrer les notions liées à la transition socioécologique dans la formation des étudiantes de 1er cycle en travail social. L’expérience s’est réalisée dans une perspective de pédagogie active. Les auteurs présentent plus particulièrement le partenariat qui s’est établi entre l’enseignante, un professeur en éco-conseil et un mouvement citoyen impliqué dans la transition socioécologique. Ensuite, ils exposent les différentes activités réalisées dans le cours, soit trois laboratoires, deux activités synthèses et la réalisation d’un projet d’intervention collective d’ampleur limitée. Les résultats de l’expérience démontrent que les étudiantes ont pu développer leur agentivité avec très peu de moyens techniques et d’aménagements complexes dans le cours.
- Research Article
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- 10.7202/1109249ar
- Jan 1, 2024
- Intervention
- Mélanie Bourque + 4 more
Cet article vise à partager les résultats préliminaires du projet de recherche « Les travailleuses sociales cinq ans après l’implantation de la réforme Barrette : standardisation de la pratique ou nouvelles normes locales des établissements? ». Ce projet de recherche a pour but de mieux comprendre la mise en oeuvre de la réforme du système de santé et des services sociaux de 2015 au Québec. De juin à décembre 2022, près de 60 personnes participantes ont accepté de répondre à un entretien semi-dirigé. La très grande majorité d’entre elles détiennent plus de dix ans d’expérience, ce qui permet de comprendre l’avant et l’après réforme Barrette et de saisir les effets de cette réforme sur les équipes de travail, mais aussi sur la prestation des services fournis à la population. L’analyse initiale des données met en lumière la poursuite, voire l’accentuation, de la perspective descendante (top down) du processus décisionnel, de la reddition de comptes par le biais de mesures quantitatives et de l’harmonisation des services s’illustrant en standardisation des pratiques, en dépit des particularités territoriales inhérentes aux différentes régions du Québec. Par rapport à notre recherche précédente, force est de constater que les méthodes de la nouvelle gestion publique se sont accentuées au sein du réseau de la santé et des services sociaux, qualifié de « maison des fous » par plusieurs personnes participantes.