- Research Article
- 10.64256/fou2484
- Dec 29, 2025
- Fourrages
- Solène Pissonier + 2 more
Alors que l’intégration des ateliers de culture et d’élevage est bénéfique à de nombreux points de vue, les exploitations pratiquant la polyculture-élevage sont en déclin en France. L’intégration des ateliers au niveau territorial est envisageable et semble prometteuse pour lever les freins à la diversification des productions à l’échelle des exploitations. À cette échelle cependant, la nécessité de coordonner les acteurs rend difficile la mise en œuvre de partenariats permettant la réintégration culture-élevage. Ce besoin fort de coordination nécessite donc des outils la facilitant, en particulier pour les collectifs, conseillers et animateurs à l’œuvre dans les territoires. Nous avons ainsi créé une démarche de co-conception d’itinéraires pastoraux pour des troupes ovines se trouvant en contexte spécialisé (céréales, vignes, arboriculture…) dans laquelle s’intègre un jeu sérieux. Ce jeu sérieux nommé Ovi’Plaine permet une prise en compte des besoins des agriculteurs en co-construisant un itinéraire pastoral qui subvienne aux besoins de la troupe ovine, tout en s’insérant de manière bénéfique dans les itinéraires culturaux. Le jeu sérieux a été utilisé dans des territoires contrastés et a permis de favoriser l’interconnaissance entre des agriculteurs, de partager des connaissances diversifiées et de tester des itinéraires pastoraux pour leurs troupes ovines.
- Research Article
- 10.64256/fou2482
- Dec 29, 2025
- Fourrages
- Clara Poentis + 4 more
La production Française de luzerne à vocation de déshydratation est principalement réalisée dans une zone géographique où les cultures industrielles, à forte marge, sont très présentes. Les agriculteurs, en se basant souvent sur la marge pour planifier leurs assolements, considèrent la luzerne comme une culture moins rentable, ce qui menace sa présence dans les rotations. Cependant, la luzerne offre des cobénéfices pour les exploitations agricoles, qui ne sont pas prises en compte dans les calculs économiques traditionnels. Cette étude, inspirée de la démarche OSER (pour Opportunités et Stratégies pour des Exploitations Résilientes), valorise des données pluriannuelles issues des centres de gestion dans le département de la Marne. L'objectif est d'analyser l'impact de différentes stratégies d'intégration de la luzerne sur les résultats technico-économiques des exploitations par rapport à des exploitations sans luzerne et donc d'évaluer économiquement les cobénéfices de cette culture. Les résultats montrent que les exploitations avec luzerne ont les mêmes niveaux d’Excédents bruts d’exploitation (EBE) que celles sans luzerne et obtiennent des résultats courant d’exploitation supérieurs. Cela s’explique notamment par une marge supplémentaire à ajouter à celle de la luzerne traduisant économiquement les cobénéfices de cette culture.
- Research Article
- 10.64256/fou2485
- Dec 29, 2025
- Fourrages
- Florine Marie + 3 more
Cet article présente les résultats du projet de conception mené sur la Ferme du Cochon Bleu, système d’élevage porcin biologique fourrager et agroforestier. Face aux enjeux du changement climatique et des défis économiques de l’agriculture biologique, l’objectif était de développer des pratiques agroécologiques visant à améliorer l’autonomie alimentaire, l’équilibre économique et le bien-être animal sur la ferme. La méthodologie a reposé sur une approche participative et itérative, impliquant des éleveurs, des experts en élevage porcin et en agroforesterie et des acteurs de la distribution. Des ateliers de co-conception ont permis de définir deux scenarios d’évolution pour la ferme : un scénario de diversification, visant à élargir les activités agricoles ; et un scenario d’optimisation du système existant via l’agroforesterie et l’amélioration du pâturage. Des outils complémentaires comme des essais pour acquérir de nouvelles connaissances spécifiques, un atelier d’approche paysagère ou encore un outil qui retrace l’histoire d’apprentissage de la ferme ont enrichi la démarche. Cette conception innovante a favorisé la montée en compétences de l’éleveur, l’adoption de nouvelles stratégies pour renforcer l’autonomie et la résilience de la ferme, l’identification de leviers à mobiliser pour l’avenir tout en initiant une réflexion sur la valorisation commerciale de systèmes alternatifs.
- Research Article
- 10.64256/fou2469
- Aug 29, 2025
- Fourrages
- Clara Poentis + 1 more
Depuis les années 1970, les exploitations agricoles françaises se sont spécialisées, augmentant leur dépendance aux intrants de synthèse et aux importations de matières riches en protéines (MRP). Les crises récentes ont ravivé les débats sur la souveraineté protéique et azotée. La luzerne, légumineuse fourragère, est une solution prometteuse pour répondre aux besoins azotée et protéique de la France. En effet, elle permet de réduire les besoins en azote minéral de 53 kg/ha/an dans une rotation culturale de 11 ans avec 3 années de luzerne. En outre, première productrice de protéines à l’hectare, c’est environ 284 000 tonnes de protéines digestibles dans l’intestin (PDI) qui sont produites chaque année. Ainsi, en augmentant les surfaces cultivées, la luzerne pourrait remplacer une grande partie du soja importé. Cependant, des défis subsistent, notamment les coûts de récolte et de conservation, ainsi que la nécessité de débouchés locaux. La filière luzerne déshydratée permet une synergie entre les zones d’élevage et de grandes cultures, contribuant à la souveraineté protéique et à la réduction des intrants de synthèse.
- Research Article
- 10.64256/fou2472
- Aug 29, 2025
- Fourrages
- Yoman N’goh Koffi Michael
Le maintien de l’élevage urbain exige la disponibilité permanente de source d’alimentation pour le bétail. A Bouaké, deuxième ville de la Côte d’Ivoire, une frange importante de la population pratique l’élevage de bovins et de petits ruminants. Des petits emboucheurs, les élevages familiaux de caprins et d’ovins, des emboucheurs occasionnels et les commerçants de bétail y cohabitent. Mais, avec l’extension de la ville et le développement de l’élevage intra-urbain, la vente de fourrages verts composés de graminées et de feuilles de ligneux collectés directement par fauchage dans la nature prend de l’ampleur. Cet article analyse les modalités d’insertion de la commercialisation de fourrage à Bouaké malgré le manque d’importance que lui accorde majeure partie de la population et les autorités publiques. Il s’inscrit dans un contexte de production de connaissance en vue d’une formalisation de cette activité indispensable pour la survie des embouches bovines et de petits ruminants dans les villes ivoiriennes. Des enquêtes ont été réalisées sur trois principaux points de commercialisation de fourrages auprès 66 vendeurs installées sur ces sites et 5 vendeurs occasionnels. Les principaux résultats montrent que cette activité est dominée par les non nationaux (64,79%). Elle est assez rentable car les gains journaliers atteignent parfois 6000 FCFA (9,15 Euros) et est indispensable à la survie de l’élevage urbain et péri-urbain. En effet, le coût relativement élevé des sous-produits agro-industriels pousse les éleveurs les moins nantis et les petits emboucheurs à s’orienter vers l’achat de fourrages verts qui sont vendus par bottes d’environ 1 kg et auprès des restauratrices pour acheter les épluchures de manioc et d’igname très peu valorisées par ces dernières. Le manque d’encadrement, la précarité des sites occupés par les vendeurs et l’éloignement des espaces de collecte de fourrages ligneux qui sont disponibles à toutes les périodes de l’année mettent en cause la durabilité de cette activité pourtant nécessaire.
- Research Article
- 10.64256/fou2464
- Aug 29, 2025
- Fourrages
- Vincent Chatellier
Cet article rend compte de l’évolution et de la dispersion du revenu des éleveurs français d’herbivores, en distinguant plusieurs orientations de production (bovins-lait, bovins-viande, bovins-mixtes, ovins-caprins et polyculture-polyélevage) et systèmes fourragers (en prenant pour critères de segmentation le poids des surfaces de maïs fourrage et de prairies permanentes dans la surface fourragère principale). Cette analyse est basée sur des traitements appliqués aux données du Réseau d’Information Comptable Agricole (Rica) sur une longue période (2010 à 2023) et plus courte période (de 2020 à 2023), ce en exprimant toutes les valeurs citées en euros constants de 2023. L’indicateur de revenu pris en référence ici est le Résultat Courant Avant Impôt (RCAI) par Unité de Travail Agricole Non Salariée (UTANS). Plusieurs enseignements peuvent être mis en avant suite à ce travail : i) les exploitations françaises orientées vers les productions d’herbivores ont dégagé, en moyenne annuelle sur la période 2010 à 2023, un revenu (28 300 euros) assez nettement inférieur à celui des autres exploitations agricoles non orientées vers la production d’herbivores (42 300 euros) ; ii) il existe une forte dispersion des revenus, tant entre les différents systèmes identifiés qu’au sein de chacun d’eux ; iii) la productivité du travail, l’efficience productive et le poids du service de la dette sont des indicateurs déterminants des niveaux de revenus ; iv) les aides directes jouent un rôle important dans la formation du revenu de nombreuses exploitations d’élevage.
- Research Article
- 10.64256/fou2466
- Aug 29, 2025
- Fourrages
- Soline Schetelat + 4 more
Une quinzaine d’éleveurs laitiers herbagers du Grand Ouest, accompagnés par l’Institut de l’Elevage dans le cadre du projet européen Pathways, a travaillé sur l’avenir de l’élevage à horizon 2050 et fait le constat que les systèmes herbagers auront un rôle à jouer à l’avenir car ils sont économiquement performants et répondent aux enjeux environnementaux et sociétaux. Pourtant, les futurs éleveurs connaissent peu ces systèmes. Le groupe a décidé de développer un argumentaire chiffré pour sensibiliser les étudiants aux multiples atouts des systèmes herbagers au travers de deux portes-ouvertes. La comparaison des résultats du groupe aux bases de données Insosys Réseaux d’élevage pour l’économie et CAP’2ER® pour l’environnement montre que ces fermes herbagères sont robustes économiquement grâce à une réduction drastique des charge grâce à une maximisation du pâturage. Les fermes du groupe sont également plus vertueuses pour l’environnement. Haies et prairies permanentes compensent 51% des émissions de gaz à effet de serre grâce au stockage carbone, contre 10% pour les systèmes avec plus de 30% de maïs dans la SFP. Plus de 280 étudiants allant de la Première au BPREA ont participé aux deux portes-ouvertes organisées à l’automne 2024 en Bretagne et en Pays de la Loire. Ils y ont découvert divers ateliers animés par les éleveurs sur l’intérêt économique, social et environnemental des systèmes herbagers ainsi que sur la gestion du pâturage et l’organisation du travail. 70% des jeunes présents ont découvert ce profil d’exploitation lors de la journée porte-ouverte, confirmant le manque de connaissance de ces systèmes. A la suite de la visite et des échanges, 63% affirment que cette journée leur a permis d’envisager le métier d’agriculteur autrement.
- Research Article
- 10.64256/fou2486
- Aug 29, 2025
- Fourrages
- Damaris Sterling + 1 more
Depuis la fin des quotas laitiers en 2014, les exploitations ont dû faire face à un contexte marqué par une grande instabilité climatique et conjoncturelle. Le changement climatique menace l’autonomie des exploitations, et les éleveurs bovins lait en particulier doivent s’adapter pour y faire face et en atténuer les effets. Nous proposons d’étudier les trajectoires de 214 exploitations bovins lait françaises suivies de 2014 à 2022. Ces exploitations, représentatives de la diversité des exploitations françaises, sont suivies dans le cadre du dispositif INOSYS Réseaux d’élevage. La méthodologie de l’approche globale permet d’étudier les performances technico-économiques des fermes. Sur la période d’étude, les exploitations se sont restructurées avec notamment l’augmentation de la taille des exploitations, des cheptels et de la production laitière. Si la taille moyenne des exploitations a augmenté, on distingue en réalité plusieurs trajectoires. Nous choisissons d’en présenter cinq ici : les exploitations qui ont augmenté la part de maïs, au détriment de l’herbe (25 exploitations), les exploitations qui ont réduit la part de maïs ensilage au profit de l’herbe (36 exploitations), les exploitations conventionnelles stables en termes de répartition de la SFP (110 exploitations) et les exploitations bio ou en conversion durant la période (25 et 18 exploitations respectivement). Pour ces cinq trajectoires, nous comparons l’évolution des performances techniques et économiques. Les trajectoires d’évolution évoquent des stratégies d’adaptation qui se révèlent parfois payantes au-delà de toute attente. Les systèmes maïs, renforcés par l’augmentation du prix du lait, ressortent de cette période particulièrement compétitifs sur le plan économique.
- Research Article
- 10.64256/fou2465
- Aug 29, 2025
- Fourrages
- A Woiltock + 3 more
Depuis la fin des quotas laitiers en 2015, les éleveurs de vaches laitières français ont dû s'adapter à un marché libéralisé et à des aides européennes PAC découplées. Deux stratégies ont émergé : augmenter la production par vache ou réduire les coûts de production. Cet article examine les impacts économiques, sociaux et environnementaux de ces stratégies en utilisant les données de l'Observatoire technico-économique des systèmes bovins laitiers pour l'année comptable 2022. Les fermes du Réseau d’Information Comptable Agricole (RICA) se caractérisent par une production laitière plus élevée par vache et par élevage, mais sont plus sensibles aux fluctuations des prix du lait et des intrants. En revanche, les fermes du Réseau « Agriculture Durable » (RAD) misent sur l'autonomie alimentaire et la réduction des coûts. Ils sont ainsi plus efficaces pour dégager de la richesse et sont plus stables économiquement sur le long terme. Les systèmes herbagers du RAD présentent des avantages environnementaux, notamment un bilan azoté plus favorable et une meilleure compensation des émissions de carbone grâce aux prairies et aux haies du bocage associé. Ces fermes sont également plus efficaces pour rémunérer leurs travailleurs, émettant moins de CO2 par unité de revenu généré. En conclusion, les systèmes herbagers pâturant, basés sur les ressources locales et la réduction des charges, apparaissent comme une stratégie durable et économiquement viable, malgré les défis persistants liés à la gestion de l’herbe ou plus nouveaux associés au dérèglement climatique.
- Research Article
- 10.64256/fou2457
- May 7, 2025
- Fourrages
- Remy Delagarde + 4 more
La capacité des chèvres à s’adapter à l’ordre de distribution de deux fourrages différents dans la même journée n’est pas connue, alors que cette pratique est très répandue. Une série de 5 essais, combinant chacun 2 fourrages, ont été conduits pour déterminer les effets de l’ordre de distribution de ces fourrages sur l’ingestion volontaire journalière, la production laitière et le comportement d’ingestion de chèvres laitières Alpine en milieu de lactation. Les combinaisons testées ont été les suivantes : herbe verte et ration semi-complète (ensilage de maïs - tourteau de soja), foin de luzerne de bonne qualité et ensilage de maïs, enrubannage de graminées et foin de luzerne de bonne qualité, foins de luzerne de bonne et de moyenne qualité, et enfin herbe verte et foin de graminées de mauvaise qualité. Dans chaque essai, 24 chèvres ont été étudiées au cours de 3 ou 4 périodes successives, avec 300 à 600 g de concentré par jour selon les essais. Les chèvres ont montré des réactions très différentes selon les combinaisons de fourrages étudiées, avec parfois aucune préférence marquée entre les deux fourrages, et parfois une nette préférence pour l’un des deux fourrages (ratio de 50:50 à 90:10 dans la ration). Un fourrage a toujours été plus ingéré lorsqu’il a été distribué le soir plutôt que le matin (+53% en moyenne), l’ordre de distribution affectant largement la proportion de chaque fourrage dans la ration. En moyenne, l’ingestion totale a eu tendance à augmenter, mais faiblement, lorsque le fourrage préféré a été distribué le soir, en lien avec un temps d’accès au fourrage plus élevé. Les effets de l’ordre de distribution sur la production laitière ont varié selon les essais, en fonction de l’écart de préférence et de valeur alimentaire entre fourrages, ainsi que des variations d’ingestion totale.