- Research Article
- 10.4000/1496o
- Jan 1, 2025
- Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest
- Guillaume Delangue
Durant l’été 1899, le capitaine Dreyfus – condamné en 1894 pour haute trahison et déporté sur l’île du diable – comparaît une seconde fois devant le conseil de guerre, à Rennes. Les journalistes, reporters et photographes du monde entier vont en France pour relater le déroulement du procès. Une équipe d’opérateurs cinématographiques de la Biograph and Mutoscope for France est également présente, et essaie de filmer les lieux et les grands personnages de l’affaire Dreyfus. L’Armée, mobilisée dans la ville pour assurer la sécurité de l’évènement, se méfie des cinéastes et décrète des interdictions de filmer. Malgré cette censure, les cinéastes vont enregistrer plusieurs images. Une partie est confisquée par la police, l’autre parvient à s’exfiltrer hors de France et est projetée dans les music-halls et les théâtres – notamment en Grande-Bretagne et en Belgique – où elle obtient un grand succès populaire.
- Research Article
- 10.4000/1496w
- Jan 1, 2025
- Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest
- Christian Bougeard
- Research Article
- 10.4000/14295
- Jan 1, 2025
- Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest
- Jean-Luc Bruzulier + 2 more
- Research Article
- 10.4000/1496q
- Jan 1, 2025
- Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest
- Jérôme Cucarull
Le marché des cuirs de Rennes devient, dans la seconde moitié du xixe siècle, le principal marché public de vente des cuirs et peaux en Bretagne. Même si la municipalité n’arrive pas à lui fournir les infrastructures à la hauteur de ses ambitions, les « cuirs de Rennes » deviennent une marque de référence. Les acteurs de ce marché sont à la fois locaux et régionaux, avec un rayonnement national mais polarisé par les Parisiens. Les bouchers, qui retirent des gains non négligeables de cette vente, s’organisent pour mieux la contrôler, mais les pratiques demeurent opaques. Un procès intenté par des tanneurs à l’un des principaux courtiers en 1926 va forcer le marché à adopter une plus grande transparence dans ses transactions et brise l’ambition du marché Rennais en le reléguant au rang de marché régional.
- Research Article
- 10.4000/1496t
- Jan 1, 2025
- Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest
- Solenn Mabo
- Research Article
- 10.4000/1496m
- Jan 1, 2025
- Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest
- Philippe Jarnoux
Le domaine congéable a survécu à la Révolution et continué à régir le quotidien d’une grande partie des Bas-Bretons au xixe siècle, sa conversion progressive en fermage ou en pleine propriété se faisant souvent dans le silence. Mais à partir des années 1880, dans un contexte économique délicat et dans une conjoncture politique où les conflits entre Blancs et Bleus s’aiguisent à nouveau, les tensions autour du domaine congéable réapparaissent. Elles sont à l’origine de nombreux débats parlementaires, plusieurs propositions de loi à partir de 1891, une nouvelle loi en 1897 puis une seconde, celle de Le Rouzic, votée à la Chambre des députés en 1913. La Première Guerre mondiale interrompt une discussion fort animée alors. Derrière ces débats bien oubliés, se joue un combat habituel entre les tenants d’une vision traditionnelle de la Bretagne ancrée dans ses particularités, ses pratiques et hiérarchies sociales et politiques et les partisans d’une modernisation des structures foncières et d’une amélioration du sort des domaniers. Ces discussions font resurgir les clivages qui divisent la région depuis plus d’un siècle et témoignent du maintien de leur actualité.
- Research Article
- 10.4000/14tnm
- Jan 1, 2025
- Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest
- William Trouvé
La bibliothèque populaire du canton de La Ferté-Saint-Aubin, fondée en 1879, est un exemple typique de ces bibliothèques destinées au peuple qui essaimèrent en France sous la IIIe République. Des archives de cet établissement, subsiste un registre dans lequel furent consignées de façon détaillée ses assemblées générales, qui se sont tenues entre 1889 et 1912. Ce document, exceptionnel pour l’histoire des bibliothèques populaires du Loiret, offre l’opportunité d’étudier le fonctionnement d’une société dont les membres étaient peu enclins au changement. À partir de l’analyse de ce registre, nous montrons comment les sociétaires de la bibliothèque ont refusé d’intégrer des mesures favorisant le renouvellement de leur public et, par-là, conduit au déclin de leur établissement.
- Research Article
- 10.4000/14299
- Jan 1, 2025
- Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest
- Sébastien Chauvel + 1 more
Bien qu'initialement conçu pour honorer tous les Bretons tombés au combat, le Mémorial de Sainte-Anne-d’Auray ne parvient que partiellement à remplir cette mission. Si le mausolée, avec ses cinq chapelles représentant les diocèses bretons, atteint cet objectif, ce n’est pas le cas pour le mur d’enceinte. Sur ce dernier, les plaques réservées aux paroisses du diocèse de Vannes sont couvertes des noms de combattants morts durant la Grande Guerre, quand celles des autres diocèses restent, pour la majorité, désespérément vides. Une analyse approfondie révèle que ce monument incarne avant tout une mémoire catholique et, surtout, locale, c’est-à-dire morbihannaise, voire alréenne. En effet, plus on s’éloigne, moins l'implication des paroisses est forte, suscitant indifférence au-delà du diocèse de Vannes. Cette disparité vient alors complexifier l’appropriation patrimoniale et mémorielle du site par tous les Bretons.
- Research Article
- 10.4000/1496l
- Jan 1, 2025
- Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest
- Antoine Follain
Sous l’Ancien Régime la royauté ne se mêlait pas de la structuration des sociétés rurales. Néanmoins, l’idée d’imposer aux populations une toute nouvelle organisation est déjà présente en 1775 dans le « Plan de municipalités » de Turgot et Dupont de Nemours, en 1779 dans le projet des « Communautés agricoles » de Le Trosne, en 1787 dans la réforme municipale de Brienne qui ne tranche encore rien quant au nombre et enfin en 1788 dans les projets de Condorcet de « grandes communes » ou « municipalités agrégatives ». Lorsque l'État français entre en Révolution les communautés d’habitants et leurs institutions diverses deviennent des communes avec partout le même corps municipal. Les constituants et leurs successeurs veulent à la fois les intégrer et les transformer radicalement. La monarchie puis la République veulent imposer une « réduction municipale » puis, faute d'y parvenir, les réformateurs radicaux prennent une autre voie en l’an III en réservant l’institution municipale aux cantons, avec un « agent » seulement dans les communes. Mais les « municipalités de canton » échouent et le Consulat revient à un état ancien qui relance l’affrontement entre le local qui veut perpétuer la structuration ancienne et le national qui veut la contracter. Le désaccord au civil est doublé par la question des cultes dans le régime concordataire qui impose une nouvelle circonscription des paroisses. Inspiré par la question d'agrégation « Pouvoirs et sociétés rurales (1634-1814) » (2025) cet article montre comment la reconfiguration communale de 1790 et ses suites a rapproché et opposé tout à la fois les sociétés rurales et l’État révolutionné, dans un véritable bras de fer entre le local et le national. Le vainqueur que nous désignons à la fin n'est pas celui que l'on attendait.
- Research Article
- 10.4000/1429b
- Jan 1, 2025
- Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest
- Jean-Luc Bruzulier
Les lycées et collèges publics et privés bretons s’inscrivent dans le grand mouvement commémoratif de la Grande Guerre au cours des années 1920 par l’intermédiaire de monuments de pierre mais aussi de papier. Si ces objets mémoriels sont assez similaires dans l’enseignement secondaire laïc et confessionnel, les messages qu’ils sous-tendent sont en partie différents. Au-delà de l’hommage rendu aux anciens professeurs et élèves, ils participent à une forme d’instrumentalisation des pratiques mémorielles.