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Verrouillages institutionnels des dynamiques d’innovation dans les systèmes agroforestiers structurés par les filières cacao et café en Haïti

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Cet article étudie les verrous de l’innovation dans les systèmes agroforestiers structurés par les filières cacao et café en Haïti, en questionnant l’environnement institutionnel qui régule leur régime sociotechnique. Il mobilise le cadre d’analyse multi-niveaux de l’innovation, la démarche de recherche-action participative et les données d’enquêtes. L’analyse multi-niveaux est fondée sur la théorie de l’économie institutionnelle pour étudier les verrous institutionnels au sein de ce régime sociotechnique. La recherche-action participative a été mise en œuvre à travers un processus d’innovations socio-organisationnelles basé sur deux dispositifs d’appui-conseil, l’un collectif et l’autre individuel. Les données de terrain sont issues d’entretiens individuels, d’enquêtes formelles et de consultations à dires d’experts. Les résultats ont mis en évidence l’existence de plusieurs verrous à l’adoption d’innovations : (i) le non-alignement entre deux dynamiques de production en termes de gouvernance ; (ii) le fonctionnement hiérarchisé des filières étudiées qui induit une compétitivité dans le système-acteurs, (iii) les formes institutionnelles qui concourent à la stabilisation du régime sociotechnique, bloquant ainsi le développement des niches d’innovation ; (iv) la faible implication des agriculteurs liée à la réduction des actions collectives de type « coopératif » et la non-valorisation des initiatives endogènes (stratégie et savoir-faire) dans les processus d’innovation. Ces résultats soulignent les pistes de déverrouillage par l’activation de leviers sociotechniques portant sur les innovations et les capacités des acteurs.

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  • Research Article
  • 10.4000/12wk3
Des veuves créoles (1768-2022) en recherche-création : une comédie-ballet féministe martiniquaise décoloniale
  • Jan 1, 2023
  • Archipélies
  • Karine Bénac + 1 more

Cet article se propose d’explorer le reenactment/la réécriture/adaptation de la dramaturgie des Veuves créoles, première comédie martiniquaise, anonyme, publiée en 1768, rééditée en 2017 par Julia Prest, mise en scène par moi-même (Karine Bénac) sous le titre Des Veuves créoles en 2022 en recherche-création sur le campus de Schœlcher. Cette pièce, labellisée et subventionnée par la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage est un reenactment qui, intégrant des éléments d’archives et du quadrille créole à sa dramaturgie et adaptant le texte et les personnages, se propose de porter un regard décolonial sur la comédie source du xviiie siècle, en dialogue avec la société martiniquaise d’aujourd’hui, les héritages coloniaux, les traces laissées par les esclavisé·e·s, le regard critique porté par les étudiant·e·s sur ce passé-présent. Cet article s’accompagne d’un film documentaire de Marine Sage, sur le processus de création et l’appropriation de leur rôle par les comédien·ne·s.

  • Research Article
  • 10.4000/13t2f
Des inégalités sociales et géographiques chez les jeunes hébergés en FJT
  • Jan 1, 2024
  • Chroniques du travail
  • Julie Courroné

À partir d’une enquête de terrain, cet article analyse les parcours résidentiels et les parcours d’insertion professionnelle des jeunes hébergés au sein de deux FJT aux caractéristiques très différentes. Ces parcours sont non seulement conditionnés par les ressources économiques et sociales dont les jeunes disposent mais aussi par les situations géographiques même des foyers étudiés, pourtant dotés des mêmes missions : l'accès à un logement autonome ainsi qu'un soutien à l'insertion sociale et professionnelle des jeunes. Cet article distingue, selon une série de critères, les conditions sociales des jeunes hébergés en FJT. Alors qu’une partie des résidents et des résidentes de ces structures est issue des fractions des classes populaires les plus stabilisées, une autre provient des franges les plus précaires. Ces distinctions donnent à voir – de manière assez classique – des inégalités fortes en termes de conditions d’emploi et de parcours résidentiels, des inégalités intrinsèquement liées. Néanmoins, ces inégalités sont insuffisantes pour expliquer à elle seules les différences de parcours d’insertion et la variabilité des appropriations par les jeunes du FJT. En effet, la mise en œuvre de ce dispositif apparait comme étant à géométrie (ou à géographie) variable puisque l’emplacement même du foyer s’avère avoir des effets sur les parcours d’insertion professionnelle des jeunes rencontrés, et notamment sur les plus précaires.

  • Research Article
  • 10.53379/cjcd.2024.394
Les principaux construits psychologiques évalués et instruments psychométriques utilisés par les conseillères et conseillers d’orientation québécois
  • Sep 9, 2024
  • Canadian Journal of Career Development
  • Sabruna Dorceus + 2 more

Considérant la place significative des instruments psychométriques dans la pratique des conseillères et conseillers d’orientation (c.o.) québécois, la grande diversité de ces instruments et le souci à l’égard de leur utilisation adéquate, il apparait important d’accompagner les c.o. dans l’utilisation de ces instruments. Pour ce faire, il importe de connaitre les construits psychologiques évalués et les instruments psychométriques utilisés par ces derniers, lesquels demeurent peu documentés à ce jour. Ainsi, cet article présente les résultats d’une enquête en ligne portant notamment sur les principaux instruments psychométriques utilisés par des c.o. québécois (n = 302) travaillant dans divers secteurs au cours des dernières années. Les résultats montrent d’abord que les principaux construits évalués par les c.o. sont les intérêts professionnels, la personnalité, les valeurs et les aptitudes. Aussi, bien que les c.o. utilisent une grande diversité d’instruments psychométriques, les inventaires d’intérêts professionnels demeurent les principaux instruments utilisés. Le palmarès des dix principaux instruments utilisés par les c.o. montrent également qu’une certaine place est accordée aux inventaires de personnalité. Par ailleurs, des variations selon les milieux de travail sont observées. La discussion propose une mise en relation des résultats avec ceux d’une enquête comparable réalisée en 2010.

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2013.03.02
Numéro 103 - mars 2013
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Muriel Dejemeppe + 1 more

A une époque où les restructurations et les licenciements collectifs sont omniprésents, les perspectives en cas de perte d'emploi apparaissent extrêmement sombres. Pour objectiver cette perception, ce numéro de Regards économiques quantifie le nombre global de demandeurs d'emploi wallons par offre d'emploi en 2012. On entend souvent dire qu'il y aurait globalement une opportunité d'emploi pour environ 40 demandeurs d'emploi sur le territoire wallon. Nous expliquons en quoi le mode de calcul sur lequel repose cet ordre de grandeur est critiquable et nous proposons une mesure améliorée du ratio moyen entre demandeurs d'emploi et emplois vacants en Wallonie. Selon notre calcul, il y avait, en 2012, de l'ordre de 5 demandeurs d'emploi wallons par opportunité d'emploi diffusée par le Forem. Ce nombre baisse davantage si l'on tient compte des offres d'emploi non publiées au Forem, des postes vacants intérimaires ou des offres transmises par les autres Régions ou d'autres partenaires du Forem. Nous concluons qu'il y a bien un manque relatif d'offres d'emploi par rapport au nombre de chômeurs en Wallonie, mais on est loin de l'ampleur habituellement rapportée. Soulignons toutefois que diviser un nombre total de demandeurs d'emploi par une mesure globale des emplois vacants n'apporte aucun éclairage sur les facteurs qui freinent la rencontre entre les demandeurs d'emploi et ces offres.
 "Le problème de la Wallonie, c'est le manque d'offres d'emploi", entend-on dire souvent. Pour étayer cette affirmation, d'aucuns s'appuient sur des statistiques renseignant le nombre de demandeurs d'emploi par offre d'emploi vacante. A titre d'exemple, le SPF Travail, Emploi et Concertation Sociale rapporte (voir http://www.emploi.belgique.be/moduledefault.aspx?id=21166#AutoAncher7, tableau IDH03) qu'en 2012, il y avait plus de 40 demandeurs d'emploi par opportunité d'emploi en Wallonie. Pour établir ce ratio, le SPF met en rapport, d'une part, le nombre de demandeurs d'emploi inoccupés wallons recensés par le Forem au 30 juin 2012 et, d'autre part, le nombre d'emplois vacants que ce même organisme recense (hors emplois intérimaires) et qui sont en suspens (c'est-à-dire non satisfaits) au 30 juin 2012. Ce mode de calcul est critiquable à plus d'un titre :
 
 Que nous apprend ce rapport qui divise un stock de chômeurs au 30 juin et un stock d'offres d'emploi en attente d'être satisfaites au même moment ? L'inverse de ce rapport, à savoir 1 divisé par 40, soit 2,5 %, nous renseigne la probabilité instantanée moyenne qu'un chômeur wallon trouve un emploi s'il n'y avait aucun frein à l'appariement. Les demandeurs d'emploi présents dans le stock le 30 juin 2012 avaient donc au mieux 2,5 % de chances de s'apparier le lundi 2 juillet 2012 avec un emploi vacant disponible dans le stock. Ce pourcentage est faible, mais il est normal que les chances de trouver une opportunité d'emploi soient d'autant plus petites que la durée pendant laquelle on est susceptible de trouver un emploi est courte (l'instant qui suit). Si on prend un horizon de temps plus long (comme celui d'une année), de nouvelles offres d'embauche apparaissent, celles qui étaient disponibles à la fin de mois de juin sont progressivement pourvues. Par ailleurs, des personnes entrent en chômage, renforçant la concurrence pour les emplois disponibles, tandis que d'autres quittent le chômage, atténuant cette même concurrence. En tenant compte de ces flux et en utilisant les mêmes concepts de chômage et d'emploi vacant que ceux du SPF, nous obtenons un ratio de 5 demandeurs d'emploi wallons par opportunité d'emploi en 2012, soit 8 fois moins que celui rapporté par le SPF.
 Le nombre de postes vacants pertinents pour les demandeurs d'emploi wallons se distingue du nombre d'offres d'emploi recensées par le Forem. Cette affirmation renvoie notamment au fait que le taux d'utilisation du Forem comme canal de recrutement par les employeurs wallons serait de l'ordre de 50 %. Si on inclut une correction des opportunités d'embauche en Wallonie pour celles non diffusées par le Forem, il y avait, en 2012, de l'ordre de 3 demandeurs d'emploi wallons par opportunité d'emploi sur le territoire wallon. Ce nombre augmente si on restreint les offres aux seuls contrats à durée indéterminée. Ce nombre baisse si l'on tient compte des offres d'emploi intérimaires ou encore des offres transmises par les autres Régions dans le cadre de l'accord sur l'échange systématique des offres d'emploi entre les organismes publics régionaux de l'emploi et d'autres partenaires.
 
 Ce regard sur la situation globale du marché du travail wallon en 2012 n'a naturellement pas valeur de prédiction pour 2013, qui devrait être, selon plusieurs sources, plus défavorable sur le plan des créations d'emploi et du chômage. Selon le Forem (Marché de l'Emploi, Février 2013, p. 5), en janvier 2013, «le nombre d'opportunités d'emploi diffusé par le Forem est en recul sur base annuelle : - 19,1 % par rapport à janvier 2012. Cette baisse ne concerne pas celles bénéficiant d'aides publiques (+ 2,8 %)». En janvier 2013, le nombre de demandeurs d'emploi inoccupés wallons était quant à lui supérieur de 1 % par rapport à janvier 2012.

  • Research Article
  • Cite Count Icon 2
  • 10.1051/cagri/2023009
Gouvernance foncière des grands périmètres irrigués au Sahel et justice sociale
  • Jan 1, 2023
  • Cahiers Agricultures
  • William’S Daré + 2 more

L’intérêt du développement de grands périmètres irrigués pour répondre aux enjeux de sécurité alimentaire des pays du Sahel demeure l’objet de nombreuses critiques quant aux effets négatifs de leur mise en place et de leur exploitation : accaparement des terres, dégradation environnementale, vulnérabilité accrue des ménages… Certaines de ces critiques sont portées par les sociétés civiles et les populations affectées par les projets d’aménagement qui trouvent injuste de se voir dépossédées de la gestion de leur foncier et des ressources qu’il porte. Dans cet article, à partir de trois études de cas – Sélingué au Mali, Bagré au Burkina Faso et la Compagnie agricole de Saint-Louis au Sénégal – nous montrons que les conflits autour du foncier irrigué sont révélateurs de revendications des populations pour une plus grande justice dans la gouvernance des périmètres irrigués. Pour réaliser notre analyse, le cadre théorique de la justice sociale de Fraser et ses trois dimensions (redistribution, reconnaissance, participation) sont exposés pour analyser les revendications exprimées par les acteurs pour la reconnaissance de leurs droits fonciers. Constatant les rapports de domination au sein de trois périmètres irrigués, nous discutons des différentes dimensions de la justice sociale dans la gouvernance du foncier à travers l’analyse des conditions d’installation des populations. Enfin, nous suggérons qu’une « approche par les communs » pourrait permettre de placer les enjeux de justice pour les populations au cœur d’une gouvernance plus équitable des aménagements.

  • Research Article
  • 10.1051/nss/2023045
Une approche par les communs pour faire valoir le pastoralisme dans les politiques publiques
  • Jul 1, 2023
  • Natures Sciences Sociétés
  • Sigrid Aubert + 1 more

La mondialisation de l’économie et des problèmes environnementaux et sanitaires a influencé les modes d’intervention des politiques publiques en matière d’élevage. Cet article explore les bouleversements induits dans ce secteur et en particulier sur le pastoralisme. Il analyse les tenants et les aboutissants de la reconnaissance, de l’institutionnalisation et de la valorisation économique des activités pastorales par les politiques publiques. Il en ressort que les aspects intersectoriels et multifonctionnels du pastoralisme ont, dans la plupart des cas, été négligés alors qu’ils sont déterminants dans les dynamiques des socioécosystèmes considérés. Aussi, explorons-nous comment l’approche par les communs peut permettre aux acteurs eux-mêmes de promouvoir une gestion adaptative du pastoralisme en réifiant, dans les milieux considérés, les interactions homme-animal dans leur complexité.

  • Research Article
  • 10.4314/lcc.v9i1.4
Essai d’analyse de la gestion des entités territoriales décentralisées par les autorités non élues face aux impératifs du développement local a la municipalité de Lemba de 2018-2023
  • Jun 25, 2024
  • Le Carrefour Congolais
  • Emmanuel Kikanana Maguganduga

En vue de booster son développement à partir de l’échelon local, la RD Congo a adopté la décentralisation comme mode de gestion de l’Etat depuis l’avènement de la constitution du 18 février 2006 telle que modifiée à ce jour. Cette décentralisation comme mode de gestion a accordé aux provinces et aux Entités Territoriales Décentralisées la personnalité juridique et leur a reconnu la libre administration et l’autonomie de gestion de leurs ressources économiques, humaines, financières et technique. Il leur a confié ainsi la responsabilité de prendre en charge les affaires qui les concernent, notamment la planification du développement. Désormais, les entités locales (ville, commune, secteur et/ou chefferie) devront être animées par les autorités élues des élections urbaine, municipale et locale. Mais malheureusement depuis que ce mode de gestion s’expérimente à pas de doute, les élections urbaines, municipales et locales n’ont jamais eu lieu. Cependant, les entités territoriales décentralisées sont gérées par les 94 EMMANUEL KIKANANA MAGUGANDUGA autorités non élues c’est-à-dire nommés. Fort malheureux, dans leur mode de gestion l’on constate l’amateurisme caractérisé par l’absence d’un programme cohérent et concerté à la tête de l’entité ; l’improvisation due à la mauvaise planification des actions projetées ; la complaisance dans la prise des décisions et dans leur exécution ; l’érosion de la confiance des administrés à l’égard des autorités politico-administratives ; la corruption, l’arbitraire, la concussion, l’affairisme, la compromission et le tribalisme; l’irresponsabilité des animateurs, etc. qui s’accompagne du sous-développement par effets de la faible mobilisation des ressources propres, les tracasseries administratives et policières, les conditions de travail précaires (statut barémique dérisoire, irrégularité des subventions ou de la rétrocession...), la faible performance des animateurs et la mauvaise perception du contrôle, etc. devenus le caractère actuel de la municipalité de LEMBA. Par ailleurs, la gestion de cette entité est caractérisée par l’inadéquation des ressources aux compétences et mission dévolues à cette dernière. Or, l’administration territoriale, en sa qualité de cheville ouvrière du gouvernement devra, pour être efficace, efficiente et rationnelle, reposer sur les vertus cardinales traduites par les compétences (savoir, savoir-faire, savoir- faire-faire) des autorités territoriales qui sont requises pour mieux accomplir leur mission et attributions. Pour pouvoir améliorer la gestion de la municipalité de Lemba et booster son développement, il est souhaitable de se pencher sur les compétences managériales et le profil d’un cadre communal. Afin de relever les défis auxquels l’entité est actuellement confrontée, un cadre territorial de demain devra dépasser le stade d’un administrateur gestionnaire (bourgmestre gestionnaire), il devra devenir un manager des organisations. En effet, Les cadres communaux managers portent une compétence en : analyse de système, procédés de gestion, relations humaines; Un cadre imprégné de la culture ANALYSE DE LA GESTION DES ENTITÉS TERRITORIALES... 95 territoriale, s’intéresse aux problèmes sociaux de la population, animateur du développement, s’intéresse à la vie politique, souple en communication efficace. Bref, un manager est un cadre qui utilise harmonieusement les ressources humaines, matérielles et financières à sa disposition afin de satisfaire et les objectifs de son organisation et les besoins de ses collaborateurs et subordonnés. L’objectif de cet article est de démontrer comment les animateurs des entités territoriales décentralisées non élus ou élus soient-ils en leur qualité de cheville ouvrière du gouvernement devra se comporter comme manager des organisations utilisant la méthode de gestion axée sur le résultat. Il ne devra plus demeurer administrateur plaintif et attentiste de 40 % de rétrocession qualifié d’régulière.

  • Research Article
  • 10.3917/graph1.089.0077
La co-formation en travail social pour une justice sociale en action
  • Mar 3, 2025
  • Sociographe
  • Chloé Souesme + 1 more

Cet article décrit une expérience de co-formation en travail social issue d’une recherche-action menée avec des personnes concernées par le handicap. Il en analyse les avantages et limites et propose des pistes de réflexion sur ce que ce type de dispositif comporte comme potentialité de mise en action de la justice sociale par les écoles de formation en travail social.

  • Research Article
  • Cite Count Icon 2
  • 10.3917/arss.255.0028
Des déchets au pied de chez soi
  • Jan 3, 2025
  • Actes de la recherche en sciences sociales
  • Hadrien Malier

Cet article s’intéresse aux logiques de la domination sociale qui (re)produisent l’inégale exposition des groupes sociaux aux préjudices environnementaux, à partir d’une enquête ethnographique sur le problème posé par l’accumulation de déchets aux abords de trois résidences HLM de banlieue parisienne. Alors que cette situation matérielle constitue une nuisance dont se plaignent souvent les locataires, les politiques locales de sensibilisation écologique contre le « jet d’ordures par les fenêtres » légitiment l’injustice environnementale en accusant les ménages d’en être les principaux responsables. Les injonctions genrées à la réforme écologique de soi par les bailleurs sociaux et les municipalités s’apparentent à une forme de contrôle social écologisé qui institutionnalise et diffuse des représentations disqualifiantes des styles de vie populaires. Ce contrôle a pour effet de réduire au silence les souffrances environnementales liées à cette dégradation du milieu de vie, d’en invisibiliser les causes structurelles et de nourrir des conflits internes au voisinage fondés sur des catégorisations racialisées. Au lieu d’être construite comme un problème environnemental affectant collectivement la qualité de vie des habitant·es, la présence de déchets dans les résidences sert de support à des dynamiques d’encadrement et de stigmatisation. À travers celles-ci, la domination symbolique participe à perpétuer la domination matérielle.

  • Research Article
  • 10.3917/rfped.219.0029
Les toilettes scolaires : une approche spatiale pour comprendre la qualité des expériences vécues par les élèves
  • Dec 4, 2023
  • Revue française de pédagogie
  • Isabelle Joing + 1 more

Cet article s’intéresse aux rapports divers qu’entretiennent des collégiens et collégiennes à un lieu singulier de l’espace scolaire, à savoir celui des toilettes scolaires. Une enquête ethnographique en collège urbain révèle comment les élèves pratiquent, vivent et perçoivent ce lieu. Au-delà de la dépréciation pour le lieu physique, les toilettes jouent un rôle de repli, de planque ou de refuge. Ces usages et pratiques multiples témoignent non seulement de l’importance du lieu dans le quotidien scolaire des élèves mais aussi de l’expression de besoins particuliers. Pour redonner aux toilettes scolaires leur fonctionnalité initiale, il conviendrait de repenser l’espace scolaire dans son ensemble pour qu’il réponde au mieux aux besoins des élèves.

  • Research Article
  • Cite Count Icon 1
  • 10.7202/1118002ar
Les centres de jour en soins palliatifs au Québec
  • Jan 1, 2024
  • Cahiers francophones de soins palliatifs
  • Gabrielle Fortin + 3 more

Uniques au Canada, les centres de jour en soins palliatifs (CJSP) au Québec proposent une formule personnalisée de soins et services offerts selon les besoins exprimés par les personnes malades et leurs proches. La fréquentation d’un CJSP peut ainsi répondre aux besoins de certaines personnes en quête d’informations sur la maladie et les symptômes liés aux traitements palliatifs, tandis que pour d’autres, elle offre un espace de partage sur leur expérience. Au cœur de cette offre de services flexible se retrouve l’éthos des soins palliatifs : améliorer la qualité de vie des personnes malades et de leurs proches selon une approche holistique. De fait, la fréquentation d’un CJSP permet à plusieurs de briser l’isolement induit par la maladie, le contact des autres étant un générateur de sens à la vie, de transformations personnelles, de repères pour se reconnecter à son identité et d’apprivoisement de la vie avec la maladie, de la mort et du deuil. Cette flexibilité rend difficile l’élaboration d’une définition commune et pérenne des CJSP. Pour contribuer à la reconnaissance de ces lieux uniques, cet article décrit les résultats d’une recherche qualitative menée auprès de 14 intervenantes et intervenants provenant de cinq CJSP québécois entre novembre 2022 et mars 2023 afin de documenter les approches innovantes et interdisciplinaires déployées en CJSP. L’analyse des données issues de ces entrevues individuelles a été réalisée selon les principes de la méthode proposée par Paillé et Mucchielli (2012). Les résultats décrivent l’organisation du travail en équipe, les approches préconisées par les intervenantes et intervenants ainsi que les pratiques innovantes en CJSP. En guise de discussion et de conclusion, les autrices formulent des recommandations pour faire la promotion des CJSP et des services qui y sont offerts gratuitement aux personnes en soins palliatifs et à leurs proches.

  • Research Article
  • 10.3917/ecru.388.0015
L’utilisation des téléphones mobiles et la pauvreté des ménages agricoles au Niger
  • Apr 30, 2024
  • Économie rurale
  • Ousmane Djibo + 1 more

Cet article évalue l’impact de l’utilisation des téléphones mobiles sur la pauvreté des ménages agricoles au Niger . En utilisant les méthodes d’estimation de l’appariement par le score de propension (PSM) et de l’ajustement de régression par pondération à probabilité inverse (IPWRA), il ressort que l’utilisation des téléphones mobiles par les ménages agricoles ruraux au Niger a un impact négatif et significatif sur l’intensité et la gravité de leur pauvreté. Cependant, les ménages agricoles situés en milieu rural ont moins de chance d’utiliser les téléphones mobiles. Un accent doit être mis sur l’utilisation des téléphones mobiles principalement en milieu rural pour réduire la pauvreté au Niger.

  • Research Article
  • 10.4000/1289u
La scène coopérative de la danse contemporaine à Nantes
  • Jan 1, 2024
  • Recherches en danse
  • Pauline Boivineau

Devant le foisonnement perceptible de la danse contemporaine à Nantes, le projet est ici de la saisir au prisme de la scène telle que le concept a été travaillé au sein de l’ANR SCAENA en tant que scène vécue (par les acteurs), perçue (par les citoyens), construite (par le politique), médiatique, enchâssée dans un faisceau de relations et de réseaux, et ancrée sur un territoire. Dans un contexte concurrentiel dû à l’hyperflexibilité du travail des artistes et au frein endogène qu’est le déséquilibre structurel du marché du spectacle, il s’agit de comprendre comment les acteurs s’emparent, influencent, modifient la structure institutionnelle et hiérarchisée instaurée par l’action publique dans le contexte nantais. La capacité des acteurs de l’ensemble de la filière à coopérer s’affirme être une des caractéristiques majeures de cette scène, alimentant ainsi sa vitalité et son attractivité.

  • Research Article
  • 10.1051/shsconf/202419112012
Les fonctionnements anaphoriques ou contextuels de la coordination nue
  • Jan 1, 2024
  • SHS Web of Conferences
  • Ryo Oda

Cette étude a pour objectif de proposer une analyse du fonctionnement de la coordination nue, appelée aussi noms nus coordonnés, en français. La coordination nue est une structure joignant deux noms sans déterminant par la conjonction et, comme « Bêtes et gens » dans l’exemple suivant : (...) en Provence, c’est l’usage, quand viennent les chaleurs, d’envoyer le bétail dans les Alpes. Bêtes et gens passent cinq ou six mois là-haut, logés à la belle étoile, dans l’herbe jusqu’au ventre ; (...) (A. Daudet) En nous inspirant des études antérieures, nous avons soumis notre hypothèse sur les propriétés des noms nus coordonnés comme la suivante : les référents des deux noms forment un groupe unifié, l’un et l’autre étant impliqués dans un même événement ou une même activité. La création de ce groupe peut se faire de deux manières : (i) soit les deux noms partagent des traits sémantiques communs, (ii) soit, en l’absence de similitudes sémantiques, ils sont reliés par le contexte ou par le cadre cognitif ; à moins qu’il ne s’agisse d’une expression figée, les référents désignés par les deux noms ont leur présupposition existentielle dans le contexte antérieur ou dans le cadre cognitif activé à travers les connaissances partagées. Nous avons essayé de corroborer notre hypothèse en étudiant des exemples tirés d’œuvres littéraires et d’articles de journaux. Plusieurs recherches antérieures ont signalé des cas de l’usage anaphorique de noms nus coordonnés, mais aucune étude antérieure n’a posé les fonctionnements anaphoriques ou contextuels en tant que condition sine qua non de la coordination nue. Toutefois, ses fonctionnements anaphoriques ou contextuels sont primordiaux pour comprendre son mécanisme. Notre analyse apportera aussi une réponse à la question suivante : comment s’effectue l’acte d’actualisation sans déterminant dans la coordination nue ? Puisque les noms nus coordonnés ont leur référent ou leur présupposition existentielle soit dans le contexte antérieur soit dans le cadre cognitif, leur actualisation est assurée par le contexte ou par le cadre cognitif.

  • Book Chapter
  • 10.70551/psnr2381
De la « Rose de Nankin » à Cheng Yanqiu : les acteurs chinois sur la scène française (1850-1950)
  • Dec 1, 2015
  • Shih-Lung Lo

Suite à la guerre sino-anglaise de l’opium (1838-1842) et à l’ouverture chinoise de l'après-guerre, les Chinois (y compris les acteurs de théâtre), qui n’étaient pas autorisés à quitter leur pays, se rendent de plus en plus à l’étranger. En raison de la langue qu’utilisent les acteurs chinois – itinérants ou invités –, le « répertoire » connu des spectateurs français reste souvent dans le registre de l’exotisme. Les témoignages des contemporains, quoique assez rares, nous permettent de retracer la conceptualisation de cet exotisme chinois et son passage vers un art apprécié par les artistes du XXe siècle. Dans cet article, nous essayons d’initier une enquête historique, de résumer les spectacles donnés par les Chinois au long de l’époque étudiée (1850-1950), et d’analyser les influences apportées par les comédiens chinois.

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