Une oraison mobile : itinéraire d’un Notre Père en « langue des Sauvages »

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Le texte de huit lignes apparaît dans le Thresor de l’histoire des langues de cest univers de Claude Duret (1613). Il est intitulé « Oraison dominicale en langue des Sauvages ». Nous souhaitons ici en suivre l’itinéraire, en amont – la prière étant prélevée, par l’humaniste de Moulins, dans la Cosmographie universelle d’André Thevet (1575) – et en aval de l’ouvrage de Duret, jusqu’au début du xixe siècle, avec le Mithridates d’Adelung et Vater (1806-1817). Le texte connaît, en effet, de multiples reprises, le Notre Père circulant d’un ouvrage à un autre, pendant près de deux siècles. Or, au cours de cet itinéraire, l’oraison se voit transformée d’une prière en tupi, langue amérindienne du Brésil, en oraison « en langue mexicaine ». L’enjeu de l’étude de ce quiproquo linguistique de longue durée est double : il s’agit, d’une part, d’y voir les effets concrets du copier-coller, y compris au sens propre, en jeu dans la fabrique des textes et donc dans la matérialité de ce savoir. D’autre part, tout circonscrit qu’il soit, le cas du Notre Père « en langue des Sauvages » permet de réfléchir, plus largement, aux formes de réception offertes aux langues américaines, entre xvie et xixe siècle : en quoi cette prière en tupi, devenu du mexicain, pourrait-elle constituer l’illustration d’une forme d’angle mort linguistique, dans lequel seraient confinées les langues américaines, du moins dans ce genre d’ouvrages particuliers que sont les collections de Notre Père, notamment à partir de la fin du xviie siècle ?

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