Un silence monumental. L’épitaphe d’un évêque sans nom à la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême (XIIe siècle).

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À la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême, une inscription du XIIe siècle célèbre de façon inhabituelle un défunt anonyme, un évêque, dont il est traditionnellement admis qu’il s’agit de Guillaume († 1075). La déconstruction du travail de mémoire mené au XIXe siècle en lien avec la rénovation de l’édifice permet cependant d’envisager qu’il puisse en réalité s’agir de Girard († 1135). Cette hypothèse, explorée par le biais d’une mise en perspective textuelle et monumentale de l’inscription, va à l’encontre d’une historiographie fondée sur la disgrâce que connut cet évêque vis-à-vis de Rome à la suite du schisme des années 1130, lui refusant de fait toute possibilité de postérité positive. L’étude de cette épitaphe renvoie aussi plus largement à la question de l’anonymat du sujet dans la commémoration, qui, entre silence et volonté de se souvenir, révèle un peu plus encore les voies sinueuses de la memoria médiévale.

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  • 10.14428/regardseco2004.03.01
Numéro 20 - mars 2004
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Valérie De Briey + 5 more

Si l’on se penche sur le détail des engagements pris lors de la conférence pour l’emploi, des 60.000 emplois nouveaux projetés sur quatre ans, 25.000 devraient être créés grâce à la réforme des titres-services. Ce dossier a fait l’objet de nombreux débats et a donné naissance à une «seconde génération» de titre-service. Malgré les nombreuses discussions sur ce sujet, notamment entre les différents partenaires de la coalition au pouvoir, certaines questions importantes méritent d’être approfondies, questions qui sont cruciales pour le succès des titres-services. Nous argumentons notamment que les titres-services ne sont pas nécessairement suffisamment attractifs pour les travailleurs et les consommateurs. Nous nous interrogeons ensuite sur les champs d’activités couverts par le titre-service.
 Les titres-services sont-ils suffisamment attractifs pour les travailleurs ?
 Pas nécessairement pour tous. L’accord qui a été négocié distingue le cas des allocataires sociaux de celui des autres prestataires. Pour ces derniers, ils seront soumis à un régime totalement souple (pas de minimum d’heures à prester, CDD ou CDI) pendant les trois premiers mois et ensuite ils devront passer sous contrat à durée indéterminée sans minimum d’heures à prester. Les allocataires sociaux, s’ils peuvent prester quelques heures pendant les 6 premiers mois, tout en gardant leur statut d’allocataire, devront être engagés après six mois sous contrat à durée indéterminée pour un travail d’au moins un mi-temps. On pense tout spécialement aux personnes actives en ALE qui seront invitées à passer dans le système des titres-services avant la fin de l’année. Dans la mesure où celles-ci sont majoritairement des femmes, le plus souvent cohabitantes ou dans une moindre mesure, chefs d’une famille monoparentale, la question centrale est donc de savoir si les avantages monétaires et non-monétaires - en particulier compte tenu du caractère pénible de la tâche (nettoyage principalement) et de la fragmentation des prestations - seront suffisants pour inciter les demandeurs d’emploi à s’insérer dans le système des titres-services. Pour les chefs de famille monoparentale, la réponse est plus que probablement négative. Pour les cohabitants, les avantages monétaires du titre-service sont plus élevés dans la mesure où l’allocation de chômage est nettement plus basse que celle des chefs de famille. De toute manière, et ce contrairement à la situation actuelle, les travailleurs(ses) ALE devront être disponibles pour entrer sur le marché du travail à partir d’octobre 2004. Ces personnes ne pourront donc pas refuser une offre d’emploi “titre-service” pour autant que cette offre soit jugée “adéquate”.
 Les titres-services sont-ils suffisamment attractifs pour les consommateurs ?
 Cela dépendra de la confiance que les opérateurs pourront développer. Pour que les consommateurs soient intéressés par l’utilisation de titres-services, il ne suffit pas que le prix les rende accessibles, il faut également que les ménages soient convaincus de l’opportunité de déléguer un certain nombre de tâches accomplies auparavant dans la sphère domestique ou informelle. Ainsi, le travail au noir dans le secteur du nettoyage à domicile repose sur une logique de réseau : on engage une personne qui est renseignée comme une «personne de confiance» par un autre usager. En ce qui concerne le titre-service, les entreprises doivent être agréées mais il apparaît que les conditions d’agrément sont très souples et ne reposent pas sur des exigences précises notamment en termes d’encadrement des travailleurs. C’est dans ce cadre que l’on peut souligner l’apport de certains opérateurs d’économie sociale qui ont une longue expérience d’encadrement de travailleurs peu qualifiés. De plus, si le secteur de l’aide à domicile était jusqu’alors réservé au non-marchand caractérisé par une finalité de service à la collectivité et non de profit, l’accès du secteur privé à but lucratif est désormais ouvert. Se pose donc également la question de savoir comment le secteur privé à but lucratif peut développer le capital de confiance nécessaire dans ce champ.
 Faut-il limiter les titres-services au champ de l’aide ménagère ?
 Oui dans la mesure où il faut réserver ce type d’instrument dans des domaines dans lesquels la mise en concurrence de différents opérateurs ne pose pas de problème sur le plan de la qualité et de l’équité. Avec la mesure de titre-service, un nouveau type de régulation «quasi-marchande» est en effet introduit dans le champ de l’aide à domicile dans laquelle des prestataires de nature différente - publics, privés lucratifs, et d’économie sociale, du secteur marchand et du secteur non-marchand - sont mis en concurrence dans un champ jusqu’alors réservé aux organisations non-marchandes. Cette seconde génération de titre-service est un instrument qui privilégie, de facto, un objectif de politique économique et de création d’emploi dans le secteur de l’aide ménagère par rapport à un objectif de politique sociale d’aide à des personnes dépendantes. Cette régulation concurrentielle ne pose pas de problèmes déontologiques particuliers dans le cas des services ménagers stricto senso. Elle pourrait être étendue dans des activités comme celle du petit jardinage. En revanche, elle peut occulter un enjeu essentiel comme celui de l’équité. En effet, des services dans un champ comme celui de l’aide aux personnes dépendantes doivent être accessibles en termes de prix pour toute personne qui en a le besoin. Elle pose également la question de la régulation de la qualité. En effet, les services aux personnes - comme l’accueil de l’enfance et l’aide à domicile aux personnes dépendantes - sont composés d’une articulation entre des tâches techniques et du temps relationnel. Ainsi, l’exacerbation de la concurrence peut déboucher sur une baisse de la qualité des services, en l’absence de normes attestant de la fiabilité des prestataires. Si la conférence réserve, comme il nous semble souhaitable, le titre-service à certaines activités comme l’aide ménagère, elle laisse, du même coup, ouverte la question des besoins non satisfaits dans le champ de l’aide à domicile aux personnes dépendantes ou dans l’accueil de l’enfance.

  • Research Article
  • 10.4000/12wh3
Identité africaine américaine et représentations des personnages biracial à travers les séries télévisées états-uniennes Black-ish et Happy Together
  • Jan 1, 2020
  • Archipélies
  • Stéphane Partel

Cet article se propose d’analyser la question de l’affirmation de l’identité africaine américaine dans et par le discours de personnages qui se retrouvent sur le devant de la scène, à travers les séries télévisées. Ces personnages qui appartiennent à la communauté africaine américaine sont connus en anglais sous l’appellation biracial, terme qui fait allusion à leur double appartenance sur le plan ethno-racial.Deux séries récentes qui sont connues du grand public permettent de mieux entrevoir la façon dont est mise en lumière l’identité et l’altérité des personnages dit biracial dans le contexte états-unien. La première, Happy Together, diffusée sur CBS et créée en 2018 par Austin Earl et Tim McAuliffe met en scène les acteurs Damon Wayan Jr. et Amber Stevens qui incarnent un couple d’Africains Américains trentenaires issus de la classe moyenne. Le second exemple est le feuilleton Black-ish qui aborde la question identitaire à travers l’existence et les péripéties d’une famille africaine américaine où se côtoient trois lignées de personnages intergénérationnels, vivant dans une banlieue aisée. À travers ces deux feuilletons qui sont des comédies de situation, comment ces deux personnages interagissent-ils avec les membres de leur communauté ? Comment se manifeste leur identité ? Comment se manifeste la question de l’ethnicité et de la singularité de ces personnages ? Qu’apporte la comédie et le traitement par l’humour de questions parfois épineuses qui renvoient à la situation complexe des Africains Américains au sein de la société états-unienne ? Comment ces productions télévisées rendent-elles compte de la complexité de cette communauté qui n’est pas monolithique ?

  • Research Article
  • 10.3917/ahrf.401.0089
Compter et contenir les populations dans la Rome napoléonienne et de la Restauration : entre paroisse et police (1809-1840)
  • Aug 10, 2020
  • Annales historiques de la Révolution française
  • Chiara Lucrezio Monticelli

Le contrôle des habitants et des populations flottantes de Rome implique, pendant la période napoléonienne (1809-1814), un effort de collaboration inédit de la part des préfets, des policiers et des représentants locaux de l’église. Le présent article vise à analyser l’évolution des techniques de contrôle de la population qui contraignent les autorités de l’époque à redéfinir le modèle de recensement / certification de la population. Il sera question de montrer, dans un premier temps, que loin d’imposer un système alternatif au précédent, le modèle mis en œuvre dans la Rome napoléonienne veille à concilier les nouvelles exigences administratives et les anciennes pratiques ecclésiastiques. La question de l’identification des résidents pauvres bénéficiaires des subsides est ensuite abordée en croisant les sources des Archives parisiennes et romaines. Enfin, il s’agira de voir en quoi l’héritage des années napoléoniennes se mesure à l’aune de la persistance de chevauchements entre les prêtres et les nouveaux corps de police établis sous la Restauration. Cette période, qui coïncide avec l’essor de la science statistique en Europe, voit ainsi naître les premières enquêtes statistiques sur les habitants de Rome.

  • Research Article
  • 10.3406/ecoap.2014.3677
Un réexamen de l’impact des dépenses publiques sur la croissance économique dans l’espace UEMOA
  • Jan 1, 2014
  • Économie appliquée
  • Wautabouna Ouattara

L’objet de cette étude est d’analyser la structure et la spécificité des dépenses publiques des pays membres de l'UEMOA et de montrer leur influence sur la croissance économique. La question de l’impact des dépenses publiques sur l’évolution du PIB n’est certes pas nouvelle mais la mise en relation entre les spécificités de ces dépenses publiques et la croissance économique induite est un pan de l ’analyse économique qui mérite qu’on s’y intéresse davantage. La distinction entre les dépenses publiques productives et improductives est à l’origine des différents niveaux de croissance économique observés dans la région. A partir d’un modèle à équations simultanées de type Seemingly Unrelated Regressions (SURE), l’étude montre que les dépenses publiques effectuées dans l’espace UEMOA contribuent généralement à améliorer faiblement mais significativement la croissance économique. Une analyse comparée des résultats indique que les dépenses publiques des pays ayant des caractéristiques similaires expliquent la croissance économique de façon plus importante que celles des autres pays, en majorité Sahéliens, contraints d’orienter leurs efforts vers la sécurité alimentaire et la lutte contre la sécheresse.

  • Research Article
  • 10.4000/147vj
Maltraitance animale et pratiques religieuses
  • Jan 1, 2025
  • Recherches germaniques
  • Gilles Leroux

Depuis plus d’un siècle, la question de l’abattage rituel d’animaux de boucherie, c’est-à-dire sans leur étourdissement préalable, conformément aux rites religieux concernés, suscite la polémique en Allemagne. C’est d’abord en rapport avec la religion juive et dans un contexte fortement empreint d’antisémitisme, que le débat fut ouvert au xixe siècle et aboutit à la pénalisation de cette pratique qui reste interdite à ce jour, bien que des dérogations, d’ordre religieux précisément, soient prévues dans la loi. La question n’a rien perdu de son actualité aujourd’hui, car l’arrivée d’un grand nombre de musulmans depuis le milieu du xxe siècle a rouvert un débat que l’on croyait apaisé. Ceci s’explique par le fait que cette question cristallise les tensions entre les deux principes constitutionnels que sont la liberté de culte et la protection animale (art.4 et 20a de la Constitution allemande), dans un pays où l’État entretient un rapport particulier avec les cultes. C’est précisément ce rapport particulier entre État et Églises qui a conduit la République fédérale d’Allemagne à privilégier la liberté de culte avant, mais aussi après la constitutionnalisation de la protection animale en 2002. Ces dernières années cependant, la jurisprudence européenne a ouvert la porte à des interprétations plus strictes rendant plus compliquée la pratique de l’abattage rituel.

  • Research Article
  • 10.57109/6500
Identité feminine entre altérité et pouvoir : les retentissements d'une lutte dans l'écriture maghrébine
  • Jan 1, 2024
  • International Journal of Scientific Research and Doctoral Studies

La question de l’identité féminine dans la production littéraire s’impose comme une constante de la littérature en général et une question centrale des œuvres littéraires et surtout celle de la production féminine qui présentent un domaine propice des révélations féministes. Cette littérature qui se voit comme une transcription, voire une traduction de la condition féminine, ne cesse de refléter la révolution qu’a connue le statut de la femme, notamment en matière de sa représentation sociale ; elle est présente tout au long du texte littéraire et accompagne l’évolution du personnage féminin en question, sa conscience de sa crise se découvre entre les lignes même en pleine événements et actions du récit. Au début la question identitaire a été traitée par les hommes, ensuite la plume féminine prend l’élan vers une affirmation de soi dans un monde masculin qui la voyait depuis longtemps comme un objet d’écriture et non comme un sujet central, la problématique de l’identité féminine et ses retentissements dans le texte littéraire nous offre la possibilité d’interroger et d’examiner l’évolution du sujet féminin à travers la narration et les thèmes abordés dans les textes littéraires.

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2007.01.02
Numéro 49 - janvier 2007
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Bart Cockx + 2 more

La mise en place du nouveau plan d’accompagnement et de suivi des chômeurs en juillet 2004 fut l’objet de controverse. Ce plan a été abondamment débattu lors de son introduction par le ministre Vandenbroucke. Les syndicats considèrent qu’il introduit une "chasse aux chômeurs" dans un contexte où les emplois vacants sont trop peu nombreux. L'opposition au programme a surtout été vigoureuse en Wallonie et à Bruxelles, des régions où le taux de chômage est le double de celui de la Flandre. A l'opposé, les organisations patronales considèrent que ce plan est un ingrédient essentiel de toute politique de réduction du chômage. Ils observent que leurs postes vacants ne sont pas pourvus en dépit de taux de chômage importants. Ils affirment dès lors que certains chômeurs ne désirent pas occuper un emploi et que donc une forme de contrainte est nécessaire. Nous avons voulu examiner cette problématique de manière objective afin que le débat puisse s'appuyer sur un argumentaire solide.
 Dans ce numéro de Regards économiques, nous présentons les résultats d’une recherche que nous avons menée afin d’évaluer l’impact du nouveau plan d’accompagnement et de suivi des chômeurs, dans sa phase de lancement, sur l’insertion en emploi de chômeurs indemnisés âgés de 25 à 29 ans.
 Quels sont les ingrédients principaux du plan d’accompagnement et de suivi des chômeurs ?
 Le plan d’accompagnement et de suivi des chômeurs a introduit des changements simultanés majeurs dans le cadre du système d’assurance-chômage et de l’accompagnement des chômeurs en Belgique. Ils sont de trois types :
 
 Avant la réforme de 2004, l'article 80 de la réglementation de l'assurance-chômage imposait, sous certaines conditions, une fin de droit à l’indemnité aux chômeurs cohabitants de longue durée. Le gouvernement fédéral a choisi de remplacer cet article par un nouveau système plus équitable qui puisse en même temps assurer la viabilité d’un système d’assurance-chômage à durée illimitée. L’ONEM est autorisé non seulement à contrôler la disponibilité des chômeurs indemnisés à l’égard du marché du travail, mais aussi à contrôler lui-même l’intensité de l’effort de recherche d’emploi. Il s’agit de la procédure d’Activation du Comportement de Recherche d’emploi (ACR) qui consiste en des entretiens individuels périodiques durant lesquels un facilitateur évalue les activités de recherche d’emploi des chômeurs indemnisés. Un élément essentiel de cette procédure est l’envoi d’une lettre d’avertissement environ 8 mois avant le 1er entretien en vue d’informer le chômeur indemnisé de ses obligations et de la procédure d’ACR.
 Le contrôle de la disponibilité des chômeurs indemnisés à l’égard du marché du travail a été accentué à travers un échange de données (relatives aux refus d’emploi, de participation à des politiques régionales, etc.) beaucoup plus systématique entre les services publics de l’emploi (VDAB, FOREM, ORBEM) et l’ONEM.
 Les services publics de l’emploi ont renforcé l’accompagnement de tous les chômeurs (de courte et de longue durée) par une série de politiques actives : entretiens individuels de diagnostic, parcours d’insertion, aides à la recherche d’emploi, formations, etc.
 
 Quel est l’objet de notre étude ?
 Puisqu’un certain recul est indispensable à l’évaluation, nous avons évalué les effets du plan d’accompagnement et de suivi des chômeurs dans sa phase de lancement et, dès lors, pour le public qui le premier est entré la procédure d’activation du comportement de recherche d’emploi : les Chômeurs Complets Indemnisés inscrits obligatoirement comme Demandeurs d’Emploi (CCI-DE), qui sont âgés de 25 à 29 ans et qui ont reçu la lettre d’avertissement de l’ONEM entre juillet et octobre 2004 car ils viennent d’atteindre leur 13ème mois de chômage (qui est la durée seuil de chômage à laquelle l’ONEM avertit les chômeurs indemnisés de la procédure d’ACR).
 Nous avons évalué les effets du plan d’accompagnement et de suivi des chômeurs sur la reprise d’emploi de ces chômeurs. Pour cela, nous comparons le taux de sortie du chômage vers l’emploi
 
 de CCI-DE âgés entre 25 et 29 ans (notre «groupe cible» décrit ci-dessus) et
 de chômeurs semblables mais qui n’ont pas été avertis en raison d’un âge légèrement supérieur à 30 ans (notre «groupe de contrôle»).
 
 La méthode d’évaluation que nous exploitons dans cette étude ne permet pas d’évaluer les effets du plan au-delà de 10 mois après l’avertissement. En effet, les chômeurs d’un âge légèrement supérieur à 30 ans sont concernés par la procédure d’ACR dès le 1er juillet 2005 et sont donc susceptibles de recevoir eux aussi un avertissement de l’ONEM à partir de cette date.
 Hormis en fin de période d’analyse, les jeunes de moins de 30 ans n’ont pas encore participé au premier entretien à l’ONEM. La lettre d’avertissement est donc la seule composante de la procédure d’ACR dont nous pouvons évaluer les effets. Seul le FOREM a choisi d’offrir un accompagnement spécifique aux chômeurs avertis par l’ONEM. Pour la Région wallonne, nous évaluons alors l’effet combiné de la lettre d’avertissement et d’actions d’accompagnement. Le fait qu’on ne puisse pas évaluer l’effet de mesures d’accompagnement à l’ORBEM ou au VDAB ne signifie pas que ces deux services de l’emploi n’offrent aucun accompagnement pour les jeunes chômeurs. Cette impossibilité découle simplement du fait qu’une offre d’accompagnement spécifique n’a pas été mise en place pour les chômeurs de moins de 30 ans avertis par l’ONEM.
 La littérature internationale montre que l’envoi d’une lettre d’avertissement fait partie intégrante des politiques d’accompagnement et de suivi des chômeurs, et que des changements, parfois importants, de comportement en matière de recherche d’emploi peuvent découler de l’annonce d’un programme obligatoire du type de l’ACR belge. Ce programme pourrait donc accélérer l’insertion en emploi dès le moment où le chômeur est averti de la nouvelle procédure de suivi. Le faible nombre de chômeurs ayant participé à un entretien durant notre période d’analyse ne signifie donc pas que notre évaluation porte sur une partie secondaire du nouveau dispositif instauré en Belgique.
 Quels sont les résultats principaux qui se dégagent de notre étude ?
 1.En Flandre et en Wallonie, le plan d’accompagnement et de suivi des chômeurs a un effet positif clair sur la sortie du chômage vers l’emploi pour certains groupes seulement. Il s’agit:
 
 des chômeurs très éduqués. Ainsi un CCI-DE de moins de 30 ans qui est diplômé de l’enseignement supérieur et qui réside en Wallonie (resp. Flandre) avait-il 40 % (resp. 43 %) de chances d’avoir trouvé un emploi cinq mois après l’avertissement de l’ONEM; en l’absence du plan cette probabilité n’aurait été que de 29 % (resp. 32 %). L’augmentation relative de la probabilité d’emploi est donc substantielle : au bout de cinq mois, le plan d’accompagnement et de suivi a permis de relever la probabilité d’emploi de 38 % (resp. 35 %).
 
 et en Wallonie seulement,
 
 des chômeurs qui ont connu une expérience récente d’emploi
 des chômeurs qui résident dans une sous-région où le chômage est plus faible
 des femmes
 
 Pour les autres groupes de chômeurs (peu diplômés, n’ayant pas connu d’expérience de travail récente, résidant dans des sous-régions où le chômage est élevé, hommes), les effets du PAS sont faibles et souvent proches de zéro.
 2. Par le supplément de démarches de recherche d’emploi, le risque de sanction, etc. associés à l’ARC, les entretiens d’évaluation annoncés dans la lettre d’avertissement sont donc perçus comme contraignants par le chômeur indemnisé et l’incitent à intensifier sa recherche d’emploi ou à modifier son attitude face aux offres d’emploi avant la survenance du 1er entretien. Toutefois, l’accentuation de l’effort de recherche induite par la lettre ne s’avère clairement efficace que pour certains groupes, en particulier ceux dont le profil est plus favorable à l’embauche.
 3. En Wallonie, l’effet mesuré combine celui de la lettre et d’actions spécifiques d’accompagnement du FOREM. Alors qu’il est généralement plus difficile de trouver un emploi en Région wallonne, la similitude de l’effet du plan d’accompagnement et de suivi des chômeurs en Wallonie et en Flandre s’explique sans doute par ce soutien spécifique du FOREM.
 4. Le PAS a notamment pour effet de stimuler la sortie du chômage vers des emplois à temps partiel faiblement rémunérés en Flandre, où il n’y a pas eu d’accompagnement individualisé spécifique à la réception de l’avertissement. Un tel phénomène n’est pas observé pour les chômeurs wallons qui ont bénéficié d’un tel accompagnement. La menace de contrôle et de sanctions, sans accompagnement spécifique du service public de l’emploi, pourrait ainsi inciter des chômeurs à abaisser leurs exigences à l’embauche.
 5. Contrairement aux deux autres Régions, le PAS n’a pas pour effet de stimuler la reprise d’emploi des jeunes chômeurs indemnisés résidant à Bruxelles.
 Quelles sont nos recommandations d’actions à prendre pour rendre plus efficace le suivi et l’accompagnement des chômeurs en Belgique ?
 Soulignons d’abord que, pour nous, un contrôle du comportement des chômeurs indemnisés n’est pas une mesure à préconiser pour elle-même mais pour rendre le système d’assurance-chômage plus juste et efficace (cf. ci-dessous). Par ailleurs, un système de contrôle ne peut favoriser l’insertion en emploi que s’il s’accompagne d’autres actions régionales (aides à la recherche d’emploi, formations, etc.) ou fédérales (stimulation de l’offre d’emplois via des réductions ciblées du coût de travail, etc.).
 1. Un système de contrôle du comportement des chômeurs indemnisés permet de rendre le système d’assurance-chômage plus juste et efficace
 La durée d’indemnisation dépend de nombreux facteurs sur lesquels un chômeur particulier n’a guère d’emprise. Mais, cette durée dépend aussi de ses choix en matière d’effort de recherche d’emploi et d’acceptation d’offres d’emploi. En effectuant ces choix, le chômeur n’a pas de raison de prendre en compte le coût des indemnités pour la collectivité. Aussi son effort de recherche est-il spontanément inférieur au niveau désirable du point de vue collectif. De même, ses exigences face aux offres sont-elles spontanément trop élevées. Il est donc souhaitable d’exercer un contrôle du comportement des chômeurs. En agissant de la sorte, on incite les chômeurs, qui sont capables de trouver un emploi par leurs propres moyens, à quitter le chômage plus rapidement. Ainsi, on libère des ressources financières pour renforcer la protection sociale de ceux qui n’ont pas cette capacité. Autrement dit, le contrôle des chômeurs ne trouve son sens qu’au service d’une meilleure protection sociale du chômeur. Nous énonçons ci-dessous des conditions nécessaires pour qu’il en soit ainsi.
 2. Le contrôle doit porter sur des actions vérifiables, comme les refus d’emploi convenable
 Selon nous, il faut supprimer la vérification de preuves écrites de démarches de recherche d’emploi dans la procédure d’ACR de l’ONEM. L’évaluation de dispositifs similaires dans d’autres pays nous enseigne que des entretiens brefs et axés de facto sur le contrôle administratif d’indicateurs de démarches vérifiables de recherche d’emploi se révèlent généralement peu efficaces à réinsérer les chômeurs dans l’emploi. Ces indicateurs (candidatures écrites à des offres d’emplois, etc.) n’informent en effet qu’incomplètement de l’activité de recherche. Le risque d’erreur de jugement par le facilitateur est en outre notable. L’incitation à collationner des preuves de démarches formelles peut enfin détourner les demandeurs d’emploi de canaux de recherche informels (recours à des relations, etc.), le cas échéant plus efficaces en termes de remise à l’emploi. Le contrôle effectué par les facilitateurs de l’ONEM devrait donc plutôt se concentrer sur des actions vérifiables, comme le refus d’une offre d’emploi convenable.
 3. Pour que le contrôle du refus d’offres d’emploi convenable soit un instrument efficace d’activation du comportement de recherche, plusieurs conditions doivent être remplies :
 
 
 
 une définition précise de la notion d’emploi convenable, c’est-à-dire l’emploi que le chômeur ne peut pas refuser. Le sens de la notion d’emploi convenable est explicité dans la législation du chômage. Il n’est pas possible de la codifier en prenant en compte tous les cas de figure possibles. Il n’empêche qu’une définition aussi précise que possible s’impose sous peine d’arbitraire et/ou de procédures juridiques longues et coûteuses;
 une transmission régulière et individualisée d’offres d’emploi par les services publics de l’emploi régionaux (dès l’inscription comme demandeur d’emploi);
 une transmission efficace des données relatives aux comportements d’acceptation et de refus d’emploi par les services publics de l’emploi régionaux à destination de l’ONEM;
 informer le chômeur, dès le début de sa période d’indemnisation, des règles. Comme le montre cette étude, un avertissement peut en effet avoir un impact positif sur les sorties du chômage vers l’emploi si le système de contrôle est crédible.
 
 
 
 4. Un système de contrôle ne peut se concevoir qu’après une certaine durée d’indemnisation et que pour les chômeurs jugés autonomes dans leur recherche d’emploi
 Le contrôle du refus d’offres d’emploi convenable ne devrait intervenir qu’après un entretien individuel d’orientation avec un conseiller du service public de l’emploi régional. Il faut toutefois éviter d’intervenir trop tôt dans l’épisode de chômage – avant 6 mois de chômage - car on risque alors de gaspiller des ressources collectives en ne laissant pas le temps à ceux qui le peuvent de sortir seuls du chômage. Selon le profil et les besoins du chômeur, l’entretien individuel pourrait déboucher soit sur une recommandation de recherche d’emploi autonome, soit sur la participation à programme d’accompagnement spécifique. La procédure de contrôle ne s’appliquerait qu’aux chômeurs indemnisés jugés autonomes dans leur recherche d’emploi. Les autres deviendraient concernés par la procédure de contrôle au terme de leur programme d’accompagnement.

  • Research Article
  • 10.61953/rfm.2841
Éditorial
  • Dec 28, 2018
  • Revue française de musicothérapie
  • Nicole Duperret-Gonzalez

Soumission à Epi-revel Chers lecteurs, chers collègues musicothérapeutes, Voici déjà le quatrième numéro de notre version numérique de la Revue française de Musicothérapie, le premier datant de février 2017. Il est issu de travaux présentés aux Journées d’Etudes Cliniques à la faculté de Nantes en mars 2018. Il est composé de cinq articles dont le contenu et l’objectif sont totalement différents. Globalement nous nous trouvons devant deux communications ayant trait à l’accompagnement de patients profondément déficitaires souffrant de surcroît de troubles du spectre autistique (TSA), un témoignage d’intervention en service de prématurés, un témoignage d’accompagnement à l’école d’élèves souffrant de troubles de la relation, et enfin une proposition de théorisation de la relation en musicothérapie selon un modèle neuro-cognitiviste. La démarche du musicothérapeute est différente d’un texte à l’autre, et l’issue de chaque étude également. Dans trois situations nous sommes dans l’analyse d’une psycho-dynamique relationnelle, facilitée par la médiation musicale, manipulée de manière souple et adaptative, en fonction de l’évolution du processus. Dans les deux autres cas nous sommes dans une tentative d’inscription de notre recherche sur le modèle de ce qui est demandé dans la recherche médicale contemporaine, basée sur l’ « evidence based medicine » (EBM), qui se définit comme une méthode de recherche et d’application consciencieuse et judicieuse des meilleures données actuelles de la recherche clinique dans la prise en charge personnalisée de chaque patient. Nous avons récemment appris que la psychanalyse, l’homéopathie, et de nombreuses autres techniques de soins, ne répondaient pas aux critères de scientificité de l’EBM et donc ne peuvent pas être considérées à ce jour comme thérapeutiques, jusqu’à preuve du contraire. La musicothérapie, grâce à quelques chercheurs s’appuyant sur des laboratoires de recherche universitaire, devrait tâcher de se sortir de cette impasse. Mais l’obstacle majeur à la reconnaissance de notre discipline repose, nous le savons bien, sur la durée nécessaire du processus de musicothérapie, et sur la qualité de la nature relationnelle instaurée entre le musicothérapeute et ses patients. Ces éléments doivent être pris en compte dans nos travaux à venir. L’association des cinq articles de cette revue nous repose donc, encore et encore, la question de notre appartenance à un groupe de référence scientifique et de nos objectifs. L’enjeu est d’importance. Devons nous nous éloigner du modèle médical et regarder du côté des sciences sociales, de la culture, ou d’autres encore, afin d’élaborer des modèles théoriques différents, qui puissent être cependant reconnaissables par le plus grand nombre de nos partenaires ? Voilà le débat passionnant dans lequel ce nouveau numéro de la Revue Française de Musicothérapie nous replace, à l’orée de cette année 2019, que le comité scientifique souhaite excellente à tous ses lecteurs. Nicole DUPERRET-GONZALEZ, Présidente de l’Association Française de Musicothérapie Dear readers, dear colleagues, music therapists, Here is already the fourth issue of our digital version of the French Review of Music Therapy, the first dating from February 2017. It comes from work presented at the Clinical Study Days at the Faculty of Nantes in March 2018. It consists of five articles whose content and purpose are totally different. Overall, we find ourselves in front of two papers dealing with the accompaniment of profoundly deficient patients suffering from additional Autism Spectrum Disorders (ASD), a testimony of intervention in the service of premature infants, a testimony of accompaniment to the school of students suffering from disturbances of the relation, and finally a proposition of theorisation of the relation in music therapy according to a neuro-cognitivist model. The approach of the music therapist is different from one text to another, and the outcome of each study also. In three situations we are in the analysis of a relational psychodynamics, facilitated by musical mediation, manipulated in a flexible and adaptive way, according to the evolution of the process. In the other two cases we are in an attempt to record our research on the model of what is required in contemporary medical research, based on "evidence based medicine" (EBM), which is defined as a method of conscientious and judicious research and application of the best current data of clinical research in the personalized care of each patient. We have recently learned that psychoanalysis, homeopathy, and many other care techniques do not meet the scientific criteria of EBM and therefore can not be considered therapeutic until proven otherwise. Music therapy, thanks to a few researchers relying on university research laboratories, should try to get out of this impasse. But the major obstacle to the recognition of our discipline lies, as we well know, in the necessary length of the music therapy process, and in the quality of the relational nature established between the music therapist and his patients. These elements must be taken into account in our future work. The association of the five articles of this journal is based again and again on the question of our membership in a scientific reference group and our objectives. The issue is important. Should we move away from the medical model and look at the social sciences, culture, or others, in order to develop different theoretical models that can be recognized by most of our partners? This is the exciting debate in which this new issue of the French Journal of Music Therapy puts us, at the beginning of this year 2019, that the scientific committee wishes all its readers excellent. Nicole DUPERRET-GONZALEZ, President of the French Association of Music Therapy Éditorial

  • Research Article
  • 10.3917/rfped.220.0027
Au-delà du débat utilitarisme vs reconnaissance : développement de la normativité et individuation par les épreuves
  • May 6, 2024
  • Revue française de pédagogie
  • Jean-Yves Rochex

Le paradigme de la reconnaissance et le souci de la « diversité » des élèves sont souvent présentés comme pouvant s’opposer ou faire contrepoids à l’utilitarisme croissant de l’école de la performance. Après un examen critique de cette affirmation et de ce paradigme, cet article argumente pour extirper la question et la problématique de la reconnaissance, d’une part de celles de l’identité, de la revendication ou de l’affirmation identitaire pour faire place à la question de l’agir créateur et du développement de la normativité, et, d’autre part, de celles de la libération ou de l’(auto)réalisation de soi, au profit du concept d’individuation par les épreuves. Les concepts de normativité et d’individuation, empruntés à G. Canguilhem et à G. Simondon, permettent ainsi de revisiter, à la lumière de travaux et débats contemporains, portant notamment sur les rapports entre reconnaissance et redistribution, entre exigence de justice sociale et souci d’hospitalité pour la diversité des histoires, des milieux et formes de vie des élèves, le modèle des droits pédagogiques esquissé par B. Bernstein, auquel est consacré ce dossier.

  • Research Article
  • 10.4000/12tqz
L’engagement dans la philosophie française
  • Jan 1, 2024
  • Les Cahiers philosophiques de Strasbourg
  • Vincent Gérard

L’article prend ici pour objet d’analyse la question de l’engagement dans la philosophie française des accords de Munich à la guerre de Corée. Il s’attache à établir un fait mal connu de l’histoire du concept d’engagement : le rôle joué par l’éthique individuelle et sociale développée par Husserl au début des années 1920, via sa réception personnaliste, dans la genèse des philosophies de l’engagement sur notre période de référence. Paul-Louis Landsberg fut, avec ses Réflexions sur l’engagement personnel (1937), le principal artisan du renouveau par lequel le personnalisme français, rompant avec la stratégie de la pureté, se constituait en personnalisme de l’engagement. Au début des années 1920, il avait suivi les cours de Husserl à Fribourg, comme il s’en explique dans l’hommage posthume « Husserl et l’idée de la philosophie » (1939). Que retenait-il de Husserl ? Qu’allait-il abandonner ? Avec l’échec du rationalisme transcendantal, le rationalisme était-il parvenu à l’exténuation de son sens et à l’épuisement de ses possibilités ? Les philosophies de l’engagement qui se sont développées dans la France d’après-guerre procèdent pour une bonne part d’une critique du rationalisme husserlien, soit qu’on veuille dépasser le rationalisme – c’est la stratégie du personnalisme –, soit qu’on veuille le refonder sur d’autres bases – non plus comme un rationalisme transcendantal, mais comme un rationalisme engagé.

  • Single Report
  • 10.70010/aogc9943
Analyse longitudinale et comparative des absences et des départs hâtifs dans un milieu d'éducation au Québec : une étude de exploratoire
  • Aug 29, 2024
  • Alessia Negrini + 5 more

Problématique de santé et de sécurité du travail et objectifs. Le secteur de l’éducation au Québec n’est pas épargné par les coûts importants qui découlent des absences pour invalidité physique et psychologique (Purenne et Busque, 2022), des départs hâtifs, comme la retraite avec des pénalités financières du personnel en fin de carrière et par le décrochage des enseignants au cours des cinq premières années de carrière. Les Centres de services scolaires (CSS) du Québec prennent en charge l’assurance des absences du travail pour invalidité (ATI) de leur personnel (en autoassurance) et colligent des données d’absence certifiées par des professionnels de la santé, ainsi que des données concernant les départs à la retraite et la démission. Le traitement de ce type de données peut informer les acteurs concernés par la santé et la sécurité du travail (SST) sur la fréquence et la durée des absences, acceptées ou non par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), ainsi que sur la relation entre les lésions professionnelles et le lien d’emploi continu (maintien en emploi) ou terminé (retraite et démission). L’objectif général de cette étude, qui est la suite du rapport de Negrini, Corbière, et al. (2018), est d’analyser et de comparer des données administratives longitudinales sur l’absence du travail et le lien d’emploi (maintien et départs) de l’ensemble du personnel d’un CSS québécois, en tenant compte de la nature de l’invalidité physique ou psychologique. Plus précisément, il est envisagé de mieux comprendre comment les jours d’absence du travail pour invalidité (ATI) peuvent avoir un lien avec le type de retraite et la démission. Méthode. Dans cette étude longitudinale, quatre banques de données administratives anonymes ont été créées sur une période de 5 et 10 ans. Ce rapport se focalise sur les analyses conduites sur des données d’ATI observées sur 5 ans. Les jours d’ATI ont été extraits pour tous les employés de tout âge ayant un statut régulier (enseignant, personnel de soutien, professionnel et cadre). Des analyses de trajectoires ont été faites sur un échantillon de 1 448 employés pour vérifier si des patrons de congés singuliers émergeaient de ces données. Des analyses de séquences ont aussi été réalisées sur un sous-échantillon de 550 employés pour tester s’il y avait des transitions d’un type d’ATI physique ou/et psychologique vers un autre. Un échantillon (N = 477) a été utilisé pour étudier selon le type de retraite (hâtive ou régulière), les jours d’ATI physique ou/et psychologique au cours des 5 années précédant la retraite du CSS. Enfin, 782 membres du personnel enseignant, de soutien et professionnel réguliers à temps plein ont fait partie de l’échantillon considéré pour les analyses relatives à leur démission ou maintien en emploi au CSS. Résultats. Les résultats de ce rapport portent spécifiquement sur les sous-échantillons observés sur 5 ans. Quatre ensembles de trajectoires d’ATI physique ou/et psychologique sur 5 ans ont été identifiés. Parmi les variables étudiées, seules les femmes sont légèrement plus à risque de tomber en congé de maladie, et ce particulièrement pour l’ATI psychologique seulement. Les analyses de séquences n’ont pas montré de patrons particuliers d’ATI, les congés de maladie étant généralement uniques. Les employés ayant pris une retraite hâtive sont surtout des enseignants qui travaillent dans le secteur préscolaire/primaire. L’âge moyen de ces employés est inférieur d’environ 3 ans à celui des employés ayant pris une retraite régulière. Les employés ayant démissionné ont moins d’années de service au CSS, mais également plus de cas sans absence. Leur moyenne de jours d’ATI psychologique est plus faible lors de l’évaluation à 4 ans, 2 ans et 1 an avant la dernière année travaillée au CSS, par rapport à celle des employés qui sont encore en emploi. Les liens entre l’ATI avec la retraite et la démission ne sont pas confirmés. Retombées prévisibles. Le CSS participant (direction et représentants des travailleurs) pourra se doter d’un portrait exhaustif quant à l’ATI et aux départs des membres de son personnel. À notre connaissance, tous les CSS disposent d’une banque de données administratives semblable à celle utilisée dans ce devis. À partir des résultats de l’étude, les CSS pourraient mettre en place des interventions ciblées pour la prévention de l’invalidité au travail et la promotion du maintien en emploi en santé de son personnel selon la phase de carrière dans laquelle il se trouve, notamment pour les travailleuses. La méthode d’analyse longitudinale des absences par trajectoires utilisée pour la première fois dans le domaine de la SST au Québec est ainsi disponible pour le secteur de l’éducation.

  • Single Report
  • 10.19088/ictd.2025.002
Hidden Inequalities: Tax Challenges of Market Women in Enugu and Kaduna States, Nigeria
  • Jan 1, 2025
  • Imaobong Akpan + 1 more

La question de l’égalité femmes-hommes et la fiscalité est de plus en plus étudiée, pourtant peu de publications existent sur ce sujet dans le cadre des marchés locaux dans les pays à faible revenu. Cependant, il y a aujourd’hui un nombre croissant d’études portant sur cette problématique. Ces études ont soulevé plusieurs problèmes qui ont des répercussions négatives sur les femmes travaillant sur les marchés. Ces problèmes trouvent leur origine dans la collecte de l’impôt et le harcèlement, la faible représentation des femmes dans les administrations fiscales, l’augmentation des taxes, l’imposition multiple, la faiblesse de l’éducation fiscale, les redevances pour l’utilisation des toilettes, les politiques fiscales ignorant les questions de genre, les biais fiscaux implicites, et dans l’imposition forfaitaire. En complément de ces éléments, notre étude a posé les questions suivantes : les taxes et autres paiements sur le marché sont-ils discriminants envers les femmes des marchés au Nigéria ? Dans quelle mesure la collecte de l’impôt est-elle perçue différemment selon que le commerçant sur le marché local est un homme ou bien une femme ? L’étude a fait émerger deux éléments principaux : les effets positifs de la présence de femmes perceptrices sur les marchés et les effets négatifs de l’imposition forfaitaire des commerçantes étant donné la faiblesse de leurs revenus. Résumé du document de travail 97. Traduit de l’anglais par Cyrielle Havard-Bourdais.

  • Single Book
  • Cite Count Icon 1
  • 10.51926/iste.9781784050801
Décision et système d’information
  • May 1, 2015
  • Maryse Salles

La série Systèmes d’information avancés approfondit les nouvelles formes du SI qui est devenu, avec le numérique, le véritable système nerveux de toute organisation.Décision et système d’information analyse la problématique de l’ingénierie des systèmes d’aide à la décision (SAD) en s’interrogeant sur les rapports qu’entretiennent ces outils avec la décision, le décideur et l’organisation. Tout en présentant les éléments-clés des SAD (définitions, composants, typologies, évolution, marché, outils, méthodes d’ingénierie), l’ouvrage explore la décision au travers de son processus, ses rôles dans la vie des organisations et l’impact des mutations de l’environnement économique. Devant l’importance des enjeux auxquels les décideurs font face, la question de l’influence des SAD sur les décisions est particulièrement étudiée. La reconnaissance du caractère potentiellement restrictif, voire négatif, de cette influence conduit à souligner la responsabilité économique et sociale des concepteurs de ces systèmes et à prendre en compte spécifiquement la dimension éthique de l’ingénierie des SAD.

  • Single Book
  • 10.33055/alphil.00564
Deux minutes et quatorze secondes. Une exécution de Juifs filmée en 1941 et son usage dans les documentaires d’histoire
  • Jan 1, 2023
  • Jean-Benoît Clerc

Eté 1941 sur une plage de la mer baltique. Le clair soleil, le sable, l’eau, le vent. Des gens se baignent et font des cabrioles dans l’eau, flirtent, jouent et badinent sur la plage. Quelques heures plus tard, au même endroit, dans des fosses creusées au pied d’anciennes fortifications russes en face de la mer, on amène d’autres gens pour y être fusillés. Les personnes qui se baignaient dans la mer et jouaient sur le sable peu avant assistent à la scène. Un sergent de la marine allemande, Reinhard Wiener, filme. Son très court métrage apparaît systématiquement dans les documentaires télévisuels d’histoire qui traitent de la destruction par fusillade des juifs d’URSS durant la Seconde guerre mondiale, où il est associé à des événements qui lui sont étrangers par la date et le lieu. Dans cet ouvrage, l’auteur examine le court-métrage de Reinhard Wiener, le seul film qui nous est parvenu, des exécutions par fusillades des Juifs. Les premières pages sont dévolues à une description du film comme objet matériel, ainsi qu’à l’analyse de ce qu’il montre. S’ensuit une présentation du contexte historique général, à savoir la destruction par fusillade des juifs lors de l’opération Barbarossa, dans certaines villes lettones plus particulièrement. La question de l’usage de ce film par les réalisateurs de films documentaires, des années 1960 aux années 2000 fait également l’objet d’une analyse approfondie. La dernière partie de l’ouvrage est consacrée aux éléments traitant de l’auteur du film, du lieu et de la date du filmage et enfin de l’histoire du film.

  • Research Article
  • 10.4312/vestnik.16.7-19
La notion de «mot» en marge de l’analyse linguistique
  • Dec 23, 2024
  • Journal for Foreign Languages
  • Primož Vitez

L’article se propose d’examiner le potentiel descriptif de la notion métalinguistique de «mot». Considérant les critères grammaticaux, la notion de mot ouvre d’abord la question de délimitation entre l’analyse morphologique et syntaxique des structures linguistiques. Le mot écrit semble présenter moins de complexité définitoire, puisqu’il est apparemment facile de discerner visuellement une suite continue de graphèmes entre deux blancs. Même si les critères morphosyntaxiques semblent moins obscurcissants à l’écrit, il est dans la nature de l’orthographe d’hésiter parfois à déterminer l’extension du mot comme unité graphique. A long terme, c’est l’usage qui provoque des changements que les prescriptions systémiques choisissent ou refusent d’adopter. La supposition sémantique avançant que le mot – en tant qu’unité de signification autonome – se réfère à un segment particulier de la réalité extralinguistique n’est guère plus précise: le cas des noms composés (porte-manteau, quatre-vingts, grand-mère etc.) problématise ces unités sémantiques de façon à ce que l’observateur doit argumenter si leur structure consiste en un mot ou deux. La réflexion du mot pose très concrètement la question du rapport entre la langue et son usage. Il semble que, pour définir le mot, il faut impérativement prendre en compte les manifestations orales de l’usage linguistique et privilégier l’analyse de l’accentuation. Même si le découpage en segments accentuels n’affecte pas l’unité lexémique, ce qui d’ailleurs est le plus souvent le cas des langues à accent non-fixe, le mot (ou du moins le mot phonétique) est une unité de sens que l’accent permet de reconnaître. Le mot est donc aussi définissable comme une unité accentuelle.

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