Un musulman peut-il vivre sur une terre occupée ? L’avis de Ḥammād b. Muḥammad al-Sūqī, un ʿālim touareg, sur la colonisation française
Résumé Au début du XX e siècle, lorsque l’occupation coloniale commence dans le Sahara et le Sahel central, la langue et la graphie arabes, qui sont en usage depuis plusieurs siècles dans ces sociétés islamisées, continuent d’être les médiums du droit, de la religion, des écrits personnels et de la correspondance y compris lors d’interactions avec les colonisateurs. Pourtant, l’importance des usages de la culture écrite musulmane en langue arabe et leur rôle dans les débuts de l’occupation coloniale ont longtemps été sous-estimés. Les positions des lettrés musulmans de cette région sur la colonisation, identifiables dans ces écrits, reflètent les quatre types de réponses classiques en Islam : l’évitement par la hiǧra , la soumission, la confrontation notamment par le ǧihād et l’alliance ou l’accommodement. L’analyse et la traduction d’un manuscrit composé par un lettré touareg Kel Essouk originaire du Mali actuel ayant choisi l’accommodement avec les colonisateurs et produit un texte pour répondre aux accusations de mécréance ( takfīr ), de libertinage ( tafsīq ) et d’injustice ( taǧwīr ) contre sa communauté, permettent de comprendre pourquoi certains de ces groupes lettrés ont fait ce choix.
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