Numéro 103 - mars 2013

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A une époque où les restructurations et les licenciements collectifs sont omniprésents, les perspectives en cas de perte d'emploi apparaissent extrêmement sombres. Pour objectiver cette perception, ce numéro de Regards économiques quantifie le nombre global de demandeurs d'emploi wallons par offre d'emploi en 2012. On entend souvent dire qu'il y aurait globalement une opportunité d'emploi pour environ 40 demandeurs d'emploi sur le territoire wallon. Nous expliquons en quoi le mode de calcul sur lequel repose cet ordre de grandeur est critiquable et nous proposons une mesure améliorée du ratio moyen entre demandeurs d'emploi et emplois vacants en Wallonie. Selon notre calcul, il y avait, en 2012, de l'ordre de 5 demandeurs d'emploi wallons par opportunité d'emploi diffusée par le Forem. Ce nombre baisse davantage si l'on tient compte des offres d'emploi non publiées au Forem, des postes vacants intérimaires ou des offres transmises par les autres Régions ou d'autres partenaires du Forem. Nous concluons qu'il y a bien un manque relatif d'offres d'emploi par rapport au nombre de chômeurs en Wallonie, mais on est loin de l'ampleur habituellement rapportée. Soulignons toutefois que diviser un nombre total de demandeurs d'emploi par une mesure globale des emplois vacants n'apporte aucun éclairage sur les facteurs qui freinent la rencontre entre les demandeurs d'emploi et ces offres.
 "Le problème de la Wallonie, c'est le manque d'offres d'emploi", entend-on dire souvent. Pour étayer cette affirmation, d'aucuns s'appuient sur des statistiques renseignant le nombre de demandeurs d'emploi par offre d'emploi vacante. A titre d'exemple, le SPF Travail, Emploi et Concertation Sociale rapporte (voir http://www.emploi.belgique.be/moduledefault.aspx?id=21166#AutoAncher7, tableau IDH03) qu'en 2012, il y avait plus de 40 demandeurs d'emploi par opportunité d'emploi en Wallonie. Pour établir ce ratio, le SPF met en rapport, d'une part, le nombre de demandeurs d'emploi inoccupés wallons recensés par le Forem au 30 juin 2012 et, d'autre part, le nombre d'emplois vacants que ce même organisme recense (hors emplois intérimaires) et qui sont en suspens (c'est-à-dire non satisfaits) au 30 juin 2012. Ce mode de calcul est critiquable à plus d'un titre :
 
 Que nous apprend ce rapport qui divise un stock de chômeurs au 30 juin et un stock d'offres d'emploi en attente d'être satisfaites au même moment ? L'inverse de ce rapport, à savoir 1 divisé par 40, soit 2,5 %, nous renseigne la probabilité instantanée moyenne qu'un chômeur wallon trouve un emploi s'il n'y avait aucun frein à l'appariement. Les demandeurs d'emploi présents dans le stock le 30 juin 2012 avaient donc au mieux 2,5 % de chances de s'apparier le lundi 2 juillet 2012 avec un emploi vacant disponible dans le stock. Ce pourcentage est faible, mais il est normal que les chances de trouver une opportunité d'emploi soient d'autant plus petites que la durée pendant laquelle on est susceptible de trouver un emploi est courte (l'instant qui suit). Si on prend un horizon de temps plus long (comme celui d'une année), de nouvelles offres d'embauche apparaissent, celles qui étaient disponibles à la fin de mois de juin sont progressivement pourvues. Par ailleurs, des personnes entrent en chômage, renforçant la concurrence pour les emplois disponibles, tandis que d'autres quittent le chômage, atténuant cette même concurrence. En tenant compte de ces flux et en utilisant les mêmes concepts de chômage et d'emploi vacant que ceux du SPF, nous obtenons un ratio de 5 demandeurs d'emploi wallons par opportunité d'emploi en 2012, soit 8 fois moins que celui rapporté par le SPF.
 Le nombre de postes vacants pertinents pour les demandeurs d'emploi wallons se distingue du nombre d'offres d'emploi recensées par le Forem. Cette affirmation renvoie notamment au fait que le taux d'utilisation du Forem comme canal de recrutement par les employeurs wallons serait de l'ordre de 50 %. Si on inclut une correction des opportunités d'embauche en Wallonie pour celles non diffusées par le Forem, il y avait, en 2012, de l'ordre de 3 demandeurs d'emploi wallons par opportunité d'emploi sur le territoire wallon. Ce nombre augmente si on restreint les offres aux seuls contrats à durée indéterminée. Ce nombre baisse si l'on tient compte des offres d'emploi intérimaires ou encore des offres transmises par les autres Régions dans le cadre de l'accord sur l'échange systématique des offres d'emploi entre les organismes publics régionaux de l'emploi et d'autres partenaires.
 
 Ce regard sur la situation globale du marché du travail wallon en 2012 n'a naturellement pas valeur de prédiction pour 2013, qui devrait être, selon plusieurs sources, plus défavorable sur le plan des créations d'emploi et du chômage. Selon le Forem (Marché de l'Emploi, Février 2013, p. 5), en janvier 2013, «le nombre d'opportunités d'emploi diffusé par le Forem est en recul sur base annuelle : - 19,1 % par rapport à janvier 2012. Cette baisse ne concerne pas celles bénéficiant d'aides publiques (+ 2,8 %)». En janvier 2013, le nombre de demandeurs d'emploi inoccupés wallons était quant à lui supérieur de 1 % par rapport à janvier 2012.

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Numéro 40 - avril 2006
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  • Muriel Dejemeppe + 1 more

Ce numéro de Regards économiques se concentre sur divers aspects du "plan Marshall" (ci-dessous "le plan") qui ont un lien direct avec le marché du travail en Wallonie. Il les situe par rapport à son fonctionnement, par rapport à certaines politiques fédérales et à la problématique salariale en Belgique et dans ses régions.
 Face aux difficultés à pourvoir certains types d'emplois vacants en Wallonie et au manque simultané d'opportunités d'emploi, quels sont les remèdes ? Où le plan peut-il agir ?
 “Le problème de la Wallonie, c'est le manque d'offres d'emploi”, entend-on dire souvent. D'un autre côté, depuis quelques années, est apparue la problématique des postes vacants difficiles à pourvoir (ou des "fonctions critiques"). Bien que la coexistence de ces deux problèmes n'ait rien de surprenant, on a de bonnes raisons de se soucier simultanément de chacun d'eux. Divers mécanismes sont à prendre en compte. Le “plan” agit sur certains d'entre eux mais doit être complété par des outils fédéraux.
 
 Le plan devrait par divers canaux stimuler à terme le nombre de postes vacants créés (renforcement de l'innovation, stimulation de la création d'activités et création de “pôles de compétitivité”). Il est trop tôt cependant pour en juger. L'essentiel dépendra de la capacité de nos institutions publiques et privées à mettre ces actions en œuvre avec efficacité.
 Dans ses domaines de compétence, le "plan" prévoit des mesures qui devraient favoriser la conciliation entre vie familiale et professionnelle (renforcement des capacités d'accueil de jeunes enfants et d'aide «aux personnes dépendantes» par le recrutement de près de 2000 emplois subventionnés dans le secteur non marchand). Ceci devrait faciliter l'acceptation d'une offre d'emploi.
 Le FOREM et des organismes privés cherchent à faciliter la rencontre entre demandeurs d'emplois et postes vacants. Le plan prévoit un renforcement des moyens du FOREM à cet égard mais uniquement en faveur des stagiaires en formation au sein du FOREM lui-même. Cette restriction est difficile à justifier.
 Comme les difficultés de recrutement tiennent aussi à un déficit de compétence, le "plan" prévoit un renforcement de l'effort de formation, en particulier pour les fonctions identifiées comme critiques et dans les secteurs liés aux pôles de compétitivité. Cette sélectivité apparaît cohérente. Divers instruments renforcés par le "plan" (le Plan Formation-Insertion, l'apprentissage des langues, l'enseignement en alternance) ne sont pas nouveaux. Ils ont fait parfois l'objet d'évaluations critiques. On attend des décideurs qu'ils prennent la pleine mesure des conclusions essentielles de celles-ci parallèlement à l'octroi de moyens supplémentaires. Le "plan" intègre la création d'un instrument nouveau par la Communauté française: les Centres de Technologies Avancées. Il s'agit de labelliser et de renforcer les moyens d'établissements scolaires spécialisés dans des secteurs porteurs d'emploi. Ces centres s'ajoutent à une autre structure, créée assez récemment par la Région wallonne et dénommée les Centres de compétence. Etant donné la rapidité des évolutions technologiques, l'enjeu est de taille. La sélection des projets et la coordination entre la Région et la Communauté seront ici aussi déterminants.
 La difficulté à pourvoir des emplois vacants est aussi liée à des facteurs non monétaires nuisibles à la qualité de l'emploi (horaires difficiles, risques d'accident de travail, etc.), au statut social associé ou non à l'emploi et aux images que l'on a de la fonction offerte (voir la récente étude du DULBEA sur ce sujet). Dans le cadre du "plan", le FOREM a récemment mis en place un “plan d'action”qui vise notamment à agir sur certains de ces aspects.
 
 Sans oublier les actions régionales dans le domaine du transport public et du logement, qui ne relèvent pas du "plan", pour promouvoir davantage une meilleure rencontre entre les emplois vacants et les demandeurs d'emploi, la Région wallonne doit en particulier s'appuyer sur les instruments suivants, qui sont essentiellement du ressort de l'Etat fédéral :
 
 On sait que les gains monétaires immédiats en cas de reprise d'emploi se sont accrus dans bien des cas entre 1999 et 2003. Ces gains paraissent toutefois demeurer fort faibles en cas de reprise d'un emploi à bas salaire et à temps partiel. Le gouvernement fédéral s'est engagé à adapter périodiquement les prestations de remplacement de revenus des salariés. Face à cela, pour éviter le développement de désincitants à la reprise d'emploi, toute modification de la (para)fiscalité devrait avoir un double souci : (a) elle devrait atteindre les catégories au bas de l'échelle des revenus du travail d'une manière immédiatement tangible pour celles-ci (via en particulier les cotisations personnelles ou le précompte professionnel); (b) cependant, on ne peut alléger la (para)fiscalité au bas de l'échelle des revenus sans un ajustement dans le même sens pour les revenus plus élevés sous peine de créer des incitations perverses qui réduiraient la base taxable.
 Il est possible que le plan d'activation du comportement de recherche d'emploi entraîne une augmentation de l'effort de recherche. Les évaluations sont en cours. Pour autant qu'elles stimulent effectivement l'effort de recherche d'emploi, les politiques actives rendant celui-ci plus efficace (conseillers en recherche d'emploi, ateliers de recherche active, stage de mise en situation professionnelle) peuvent stimuler une embauche durable, ainsi que l'a montré une évaluation en France. Le plan d'accompagnement des chômeurs pourrait affecter le comportement de recherche d'emploi par ce canal et pas uniquement par le contrôle qu'il exerce.
 
 Coûts salariaux et productivité : Faut-il régionaliser la formation des salaires, alléger le coût du travail ?
 Le “plan” n'aborde qu'incidemment la problématique du coût du travail. A-t-il tort ? En soi, non, car la matière est fédérale. Cette problématique et celle de la productivité sont néanmoins en toile de fond du "plan" et de bien des débats. Nous avons donc estimé utile de consacrer un part de ce numéro à ces aspects.
 Sur base des récentes statistiques de l'ICN, comparés à la Wallonie, le coût salarial par personne est dans la plupart des secteurs supérieur en Flandre (en moyenne, l'écart est de 8 % en 2003) mais la productivité du travail est dans la plupart des secteurs supérieure en Flandre (en moyenne, l'écart est de 14 % en 2004). En combinant ces informations pour 2003, on conclut que le coût salarial par unité de valeur ajoutée est en moyenne inférieur de 4,5 % en Flandre. Ces moyennes cachent néanmoins une hétérogénéité sectorielle importante.
 De ce constat, on peut être tenté de conclure qu'il faudrait abandonner la formation des salaires au niveau (interprofessionnel et sectoriel) fédéral au profit d'une négociation à un niveau régional ou local. Ceci devrait conduire à une meilleure prise en compte des conditions locales du marché du travail lors de la négociation salariale. Nous émettons des doutes sur l'efficacité d'une telle approche. Il est bien établi que les salaires réagissent faiblement au niveau du chômage en Belgique. Rien ne permet de penser qu'une forme de régionalisation modifierait l'ampleur de cette saine réaction. Plus fondamentalement, les résultats d'une négociation se jugent par comparaison aux résultats obtenus par d'autres négociations salariales. Si donc on découpe les commissions paritaires nationales en commissions (sous-)régionales, on doit s'attendre à un effet de comparaison très puissant entre les ex-membres de la même commission nationale. Une régionalisation des négociations est alors moins efficace du point de vue de l'emploi qu'une négociation nationale qui prend en compte les spécificités régionales. Ceci est vrai tant pour la Flandre que pour les autres régions.
 Sans être le seul facteur pertinent (voir notamment le numéro 41 de Regards économiques relatif à la fiscalité), le coût du travail est un facteur central pour les régions belges. Outre le ciblage inadéquat des allégements structurels (fédéraux) de cotisations patronales de sécurité sociale, nous rappelons que des subventions temporaires à l'embauche présentent une efficacité du point de vue de l'insertion en emploi pour autant que le ciblage soit adéquat et la durée de subvention courte (un an devrait être un ordre de grandeur). La région wallonne a de longue date privilégié une autre option : les créations directes et/ou la subvention forte et durable d'emplois réservés aux chômeurs. Le "plan" prolonge cette option par le subventionnement de 2000 emplois supplémentaires (voir point b ci-dessus). Les secteurs bénéficiaires – dans une large mesure les secteurs publics et non-marchand – reçoivent ainsi un soutien parfois essentiel. Il nous apparaît que cette dernière motivation domine en pratique. Nous ne voyons donc pas les raisons de réserver ces emplois à des personnes disposant de statuts spécifiques – souvent complexes à définir.
 Que faut-il faire et, surtout, ne pas faire en matière d’évaluation des politiques d’emploi ?
 L'enjeu de l'évaluation est proclamé de plus en plus souvent, en particulier par le "plan". Mais est-on bien conscient de ce que "évaluer" veut dire ? Nous sommes convaincus du contraire. Le «nombre de contrats signés», le «nombre de bénéficiaires», le «parcours des bénéficiaires sur le marché du travail» et même une comparaison grossière entre ces parcours et ceux d'un vague groupe de contrôle sont autant d’indicateurs descriptifs intéressants. Ils ne permettent cependant pas de se prononcer sur l’effet du dispositif sur les chances d’insertion des demandeurs d’emploi. Des méthodes plus sophistiquées et plus fiables existent mais elles ne s'improvisent pas. Elles requièrent du temps et un savoir-faire pointu. Nous préconisons donc ceci :
 
 Il y a lieu de penser l’évaluation d’un programme avant même son lancement. Il faudrait interdire le lancement d'une nouvelle politique avant que le processus d'évaluation n'ait été défini et reconnu pertinent par une instance indépendante.
 L'Institut Wallon de l'Evaluation, de la Prospective et de la Statistique (IWEPS) doit être doté de moyens substantiellement plus importants pour qu'il puisse notamment mener à bien ses missions d'évaluation.

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Chapitre 5. Entre destructions et mises en valeur (XVIe-XXIe siècle)
  • Jan 1, 2017
  • Mylène Didiot + 2 more

En 1552, la cité de Metz est assiégée par les troupes impériales de Charles Quint, après avoir été prise par le duc de Guise, envoyé du roi de France Henri II. Pendant trois mois, l’enceinte urbaine résiste aux assauts, mais est fortement endommagée, notamment dans le secteur méridional. Au lieu de réparer, le nouveau gouverneur de la ville, devenue française, le maréchal de Vieilleville, fait construire en 1560-1561 une citadelle dans l’angle sud-ouest de la ville, provoquant la destruction de certains tronçons de l’enceinte et l’intégration d’autres portions. Par exemple, la tour d’Enfer est écrêtée et noyée sous le bastion d’Enfer.Entre 1615 et 1618, le système bastionné est un peu plus mis en place à Metz, entraînant par la même occasion, la remise en état du front sud. Dans les années 1670, l’intervention de Vauban, suivant les ordres de Louis XIV, généralise le système bastionné. Des demi-lunes sont construites en avant des portes médiévales, comme à la porte des Allemands. Toutefois, Cormontaigne, poursuivant l’œuvre de Vauban, fait détruire de nombreux éléments de fortification médiévaux durant la première moitié du xviiie siècle. Tout le front méridional et le secteur de Chambière sont détruits pour faire place à des éléments bastionnés. La plupart des portes médiévales (Saint-Thiébault, Mazelle et Pont-des-Morts) sont remplacées par des nouvelles. Seuls quelques éléments subsistent, notamment le front de Seille à l’est et le front Saint-Vincent à l’ouest, ou encore la tour Camoufle.Il faut attendre les années 1830-1840 pour assister à de nouvelles restaurations des éléments médiévaux, notamment par le colonel Parnajon. Pourtant, quelques tronçons de l’enceinte médiévale sont encore détruits, comme le front Saint-Vincent qui fait place à une manufacture des tabacs en 1867. Un intérêt artistique pour les fortifications médiévales naît toutefois au cours du xixe siècle. Des dessinateurs comme Dumoulin dans les années 1830 et Migette au milieu du siècle en proposent des œuvres romantiques.Les dernières destructions de la fortification médiévale interviennent à la fin du xixe siècle, pendant l’annexion allemande. Afin d’étendre la zone urbanisée, l’empereur Guillaume II autorise l’extension de la ville au sud, entraînant la destruction d’ouvrages fortifiés entre 1902 et 1911.Par ailleurs, la porte des Allemands est restaurée en 1892 et en 1907 afin d’y accueillir une annexe des Musées de Metz. Il faut pourtant attendre 1929-1932 pour voir l’inscription au titre des Monuments historiques du front de Seille et 1966 pour le classement de la porte des Allemands. Plus récemment, en 2014, cette dernière a été restaurée par la municipalité afin d’y accueillir des manifestations culturelles.

  • Research Article
  • 10.4314/lcc.v10i1.2
La responsabilité de l'Etat congolais face aux conflits de succession au sein des églises de Réveil à Kinshasa
  • Mar 9, 2025
  • Le Carrefour Congolais
  • José Khenda Ginyongo

« En République Démocratique du Congo, il n’y a pas de religion d’Etat. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion… » (Article 46 de la loi n° 004/2001 du 20 juillet 2001). Théoriquement, cela signifie que les églises ne fonctionnent pas comme des entités autonomes et isolées au sein de l’Etat. Leur existence et l’exercice de leurs activités sont encadrés par les pouvoirs publics. Cependant, on observe que la gestion de nombreuses églises s’apparente davantage à celle d’entreprises familiales ou de royaumes, où l’acquisition du pouvoir par héritage reste la norme. Le père, fatigué ou décédé, est remplacé par le fils, souvent à travers un processus de cooptation : le successeur est désigné par le prédécesseur. Cette méthode suscite fréquemment des conflits entre les pasteurs prétendants à la succession et d’autres fidèles de l’église qui rejettent cette manière de transmettre le pouvoir. Ces désaccords divisent la communauté en deux camps opposés. Par ailleurs, il apparait que de nombreuses églises manquent d’une véritable institutionnalisation et évoluent sans textes clairs. Lorsque des textes existent, ils se limitent souvent à être une façade, dissimulant des pratiques autoritaires. Le fondateur ou le pasteur responsable impose son autorité de manière arbitraire, et les fidèles, même réticents, se trouvent contraints de se plier hypocritement à sa volonté. L’Etat semble souvent se désintéresser de ces turbulences, ignorant qu’aucun phénomène social, même religieux, n’échappe totalement à la sphère politique. Ce texte met en lumière la responsabilité de l’Etat face aux conflits liés à la succession au sein des églises et propose des solutions adaptées pour renforcer le rôle d’un Etat responsable. Summary « In the Democratic Republic of Congo, there is no state religion. Everyone has the right to freedom of thought, conscience, and religion… » (Article 46 of Law No. 004/2001 of July 20, 2001). This theoretically implies that churches do not operate as independent entities within the state but are subject to regulation by public authorities. However, the management of many churches resembles that of family businesses or monarchies, where power is typically transferred through inheritance. A fatigued or deceased leader is often succeeded by a son, typically through cooptation: the predecessor designates the successor. This practice frequently gives rise to conflicts among aspiring pastors and other members of the church who oppose this method of power transfer, leading to the formation of rival factions. Additionally, many churches lack robust institutional frameworks, often operating without formal governing texts. When such texts do exist, they frequently serve only as a superficial cover for deeper issues. The founder or the pastor in charge typically exerts authoritarian control, compelling the faithful—even those who are skeptical—to follow him under duress or pretense. The state often remains disengaged from these disputes, seemingly unaware that no phenomenon is entirely apolitical and that all matters can potentially have political implications. This text underscores the responsibility of the state in addressing conflicts related to succession within churches and offers recommendations for fostering a more accountable governance framework.

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2002.05.01
Numéro 2 - mai 2002
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Vincent Vandenberghe

Un constat fort se dégage des enquêtes sur les connaissances des élèves en math, en sciences et en lecture opérées depuis 30 ans par l’OCDE : la performance de notre enseignement décroche graduellement par rapport à celle des pays voisins et de la Flandre. Quels sont les déterminants probables d’un tel état de fait ? Peut-on penser que le niveau des ressources joue un rôle décisif ? A vrai dire non. Communautés française et flamande ont dépensé tout au long des années 1990 pratiquement le même montant par élève. Mais les scores des élèves en Flandre sont nettement supérieurs. Nos travaux et ceux de nombreux collègues économistes de l’éducation suggèrent que l’enjeu est avant tout organisationnel. Certes, les ressources budgétaires importent. Il est évident, par exemple, que leur niveau doit garantir la possibilité d’engager du personnel en nombre et qualité suffisants. Mais la majoration des moyens financiers et humains ne constitue nullement une condition suffisante de l’amélioration des performances. Dans l’enseignement plus que dans d’autres secteurs, le mode d’organisation (régulation) semble, en revanche, avoir une forte influence sur la relation ressources/résultats.
 Que peut-on dire de la situation en Communauté française sur ce plan et quels en sont les enjeux ? En bref, nous pouvons dire que le mode de régulation actuel est très insatisfaisant car très hybride. Il repose sur plusieurs conceptions de la régulation. Chacune comporte des faiblesses. De plus, l’articulation qui s’est opérée au fil des ans a été peu réfléchie, mal mise en oeuvre, et se révèle en définitive coûteuse sur le plan des performances. A l’inverse, la Flandre a accompli depuis 1970 un travail discret mais bien effectif de simplification et de clarification de son mode de régulation.
 L'organisation de l'enseignement en Communauté française comporte tout d'abord une composante concurrentielle (ou "quasi-marché"). Bien que le financement de l’enseignement soit public, les modalités d’octroi de ce financement font apparaître une logique concurrentielle : les parents, les élèves ou étudiants sont en effet libres de choisir leur établissement. Les établissements sont de surcroît financés en fonction du nombre d’inscrits. La faiblesse de ce modèle est qu’il est source d’iniquité, dans la mesure où le libre-choix tend généralement à accentuer le degré de ségrégation des publics entre écoles proches.
 Il y a par ailleurs en Communauté française une tradition de contrôle par la voie hiérarchique. Les réglementations administratives sont nombreuses dans l’enseignement : horaires, grilles salariales, taux d’encadrement, priorité d’emploi pour les personnels avec ancienneté, ... Et la tendance récente est à l’amplification. Or, l’évaluation que les économistes font sur ce type d’interventions est très mitigée. Le contrôle administratif réussit certes à générer une certaine conformité (respect formel des horaires, des taux d’encadrement prévus par la loi, …) mais il échoue à influencer les comportements des enseignants qui déterminent réellement le degré d’efficacité et d’équité du système.
 La présence simultanée de ces deux modes de régulation antagonistes nuit tant à l'efficacité qu'à l'équité de l'enseignement. La concurrence, pour être efficace, requiert la présence de producteurs libres de choisir l’usage des ressources qui leur paraît le plus indiqué pour répondre à la demande. Or, le contrôle administratif limite fortement l'autonomie des écoles en multipliant règles et procédures à respecter. On peut également douter du fait que le contrôle administratif exerce une action correctrice par rapport aux effets néfastes du libre-choix. Ainsi, peu de mesures administratives en vigueur sont de nature à limiter la ségrégation des publics ou ses effets. L’uniformité des salaires et des modes de gestion du personnel empêche, par exemple, l’octroi de primes salariales aux enseignants s’occupant d’élèves en difficulté.
 Que faire dès lors ? En dépit de toutes les limitations d'un système de libre-choix, et malgré la tendance à la ségrégation des publics qui la caractérise, nous ne croyons pas à son remplacement par un modèle hiérarchique pur, avec, comme en France, une carte scolaire synonyme d’assignation de l’école en fonction du lieu de résidence. Car il y a la question du coût politique de l’abandon du libre-choix de l’école. Mais il y a aussi le risque d’une accentuation de la ségrégation résidentielle.
 L’option de politique scolaire doit plutôt être celle d'encadrer le système de libre-choix, mais pas via un renforcement du contrôle hiérarchique de type bureaucratique. Il est plus indiqué d’opter, comme en Flandre mais aussi en Finlande ou en Grande-Bretagne, pour un encadrement par voie de contractualisation. Il s’agirait de dissocier plus nettement qu’aujourd’hui les fonctions de contrôle et de production du service éducatif. Aux écoles, il reviendrait de décider plus librement des horaires de présence des professeurs et des élèves, de la durée des cours par matière, du nombre et du type d’enseignants à recruter ou encore de l’opportunité de les envoyer en recyclage. A l’administration, il appartiendrait d’évaluer la performance des écoles. Son rôle principal deviendrait de faire passer aux élèves, à intervalles réguliers, des tests standardisés, à l’image de ceux conçus par l’OCDE. Les résultats à ces tests, pondérés pour tenir compte de l’origine socio-économique des élèves, formeraient la base de l’évaluation des écoles. Et ce n’est qu’en cas d’évaluation négative répétée qu’il y aurait intervention dans la gestion de l’école, par un changement de direction, une mise sous tutelle, …

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L’assassinat de François de Lorraine (1563) et la polarisation des publics
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L’assassinat de François de Guise par Poltrot de Méré, le 24 février 1563, eut un retentissement considérable dans l’opinion publique. Pendant que les protestants se réjouissaient, les catholiques rendirent au défunt un hommage en vers français et latins. Celui-ci fut orchestré par la maison des Guises et prit la forme d’une salve de plaquettes imprimées par le libraire parisien Thomas Richard qui connurent une diffusion en France et hors de ses frontières. C’est ce corpus méconnu de vers manuscrits écrits par les protestants et des plaquettes imprimées publiées par les catholiques que nous analysons, afin d’identifier les motifs, les acteurs et les conséquences de la polémique de 1563. Il s’agira aussi d’observer les mécanismes de cette offensive, notamment par le moyen de l’édition, et de reconstituer les modes de constitution de « publics » (auteurs et lecteurs) que s’efforcent de fédérer les deux partis antagonistes.

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Aleksander Gieysztor a historia państwa i prawa
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Alexandre Gieysztor, historien médiéviste mondialement connu, été né en 1916 à Moscou ou son père, Alexandre aussi, était employé de la direction d’une société des chemins de fer de l’Empire russe. Il était descendant d’une branche de la famille Gieysztor, de l’ancienne noblesse lituanienne dont le fondateur s’installait, vers la moitié du ХVIIe siècle dans la partie ruthène (biélorusse) du Grand Duché de Lituanie, épousant une héritière de la domaine Plaskowicze. Comme la quasi-totalité de la noblesse du Grand Duché les Gieysztors subissaient l’influence de la culture polonaise. Ils se considéraient Polonais, tout en concervant leurs origines ethniques et particularité régionale. Dans l’archive personnel du feu Professeur se retrouve son étude exhaustive polycopiée sur les onze générations de la branche Gieysztor de Plaskowicze, destinée - selon toute vraisemblance à sa fille, sa belle-fille et ses petits enfants. Après la Révolution d’octobre 1917 la famille Gieysztor partit vers la Pologne et s’installa à Varsovie. Alexandre père entrait dans les services bancaires et son fils, après le baccalauréat, entrait à l̕Université de Varsovie ou il devint un des élèves chéris de professeur Marcel Handelsman-polihistorien éminent, lui-même diplomé de la Faculté de Droit, qui commença sa carrière scientifique par deux monographies concernantes le droit pénal médiéval polonais. Simultanément, pendant presque deux ans, A, Gieysztor travaillait aux Archives Centrales de l’Etat ou son chef, professeur Joseph Siemieński - historien des institutions, influença d’une façon notable la formation du jeune stagiaire. Les premiers travaux d’A. Gieysztor écrits avant 1939 et sous l̕occupation allemande concernaient les temps de Charlemagne et de la première croisade. La bulle du pape Serge IV devint le thème de la thèse du doctorat dédendu en 1942 à l̕ Université clandestine. Comme matière secondaire des A. Gieysztor choisit lʼhistoire des institutions, qu’elle passa avec succès. La majorité du temps et ď efforts dans les années 1940-1944 A. Gieysztor consacrait à la Résistance surnomée Armia Krajowa (Armée du Pays) en y accédant à des responsabilités d’un rang notable. Combattant de la campagne de septembre 1939, il participait comme un des responsables à insurrection de Varsovie (août - septembre 1944). Prisonnier de guerre ensuite, il fut coauteur d’un premier essai historique sur l'insurrection de Varsovie, destiné aux officiers polonais confinés depuis automne 1939 à l'oflag, ou se trouvèrent A. Gieysztor et son coauteur. Revenu, après la libération par les Alliés en mai 1945 à Varsovie, A. Gieysztor entreprit, sous la direction de Thadée Manteuffel la reconstruction de lʼUniverité détruite par les Allemands, et en particulier de lʼInstitut d’Histoire. Agrégé, depuis 1946, il a fait, entre autre, un cours d’histoire des institutions de l’ancienne Pologne, à lʼnstitut de la Pédagogie organisé par le Syndicat des Instituteurs. En 1948, A. Gieysztor a formé, avec quelques archéologues éminents et historiens d’art, une équipe, qui, sous le nom de la Direction des Recherches sur les Origines de lʼEtat Polonais reçu en 1949 lʼagrément et les subsides de la part du Gouvernement. Les recherches d’équi-pe, dont la conception générale appartenait à A. Gieysztor, qui devint cette année professeur extraordinaire, étaient de caractrère interdisciplinaire. Les recherches tendaient à la formation d’histoire intégrale du haut moyen âge polonais. Influencé, par un stage annuel à Paris, par lʼEcole des „Annales”, A. Gieysztor a eu la mérite de faire connaître en Pologne les principaux travaux de lʼEcole par les articles relatant leurs thèses et méthodes. Dans la multitude d’ouvrages publiés A. Gieysztor s’occupait des structures sociales et politiques et de la culture médiévale. Trois questions attiraient surtout son attention. C’étaient la formation de la nation polonaise depuis ses origines, le rôle de lʼEglise, de ses structures et de lʼesprit chrétien dans le moyen - âge de lʼEurope de Centre et de TEst, enfin lʼEtat, ses changements et son rôle dans lʼhistoire intégrale de lʼEurope. Dans ses études il se servait volontiers de lʼapproche comparative. Professeur ordinaire depuis 1960, élu a l’Académie Polonaise des Sciences en 1971, A. Gieysztor fût élu président de l’Académie fin 1980 pour trois ans. Pour la second fois il devint président de l’Académie en 1990. Autorité moral, reoonnu par la quasi - totalité des milieux intellectuels et politiques de pays, A. Gieysztor présidait en février 1989 la séance inaugurale du Table Ronde, qui aboutit au changement pacifique du régime en Pologne. L’intérêt qu’A. Gieysztor témoignait pour l’histoire de lʼEtat et ses institutions le rapprochait à la science historico-juridique. En témoigne son article écrit en français „Remarques sur l’histoire du droit et les sciences juridiques” paru en colonnes de notre revue en 1979 à l’occasion de sa trentième anniversaire. D’autre part le prouve une étude, écrite en 1996, intitulée: „L’Etat légal dans lʼEurope Centrale du moyen-âge” (Państwo prawne w średniowiecznej Europie środkowej). Là, lʼ Auteur démontre, que la multitude des systèmes juridiques coexistants dans un Etat médiéval, n’etait pas contraire, s'ils étaient respectés, à la notion de lʼEtat légal. Ayant aussi une formation dans le domaine de l’histoire des arts A. Gieysztor attachait une grande importance aux symboles dans la vie de lʼEtat. En abordant la question de la formation du concept de la souverainété de lʼEtat au bas moyen-âge et au commencement des temps nouveaux il étudia les causes de différence entre la couronne royale ouverte et la couronne fermée, qui lui succédait, la présentant dans lʼétude: „Non habemus caesarem nisi regem. La couronne férmée des rois de Pologne à la fin du XVe et au ХVIe siècle” (Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, vol. 127, 1969). Les mêmes motifs conduisirent A. Gieysztor à faire parti du groupe dirigeant qui dans les années 70“ entreprit la restauration du Château Royal de Varsovie, détruit par les Allemands. A. Gieysztor concevait le Château (depuis la fin du XVIe siècle résidence des monarques et lieu des sessions du parlement) comme symbole de la monarchie mixte, qu’était la fédération polono-lituanienne, appelée la République de Deux Nations. Directeur du Chateau Royal dans les années 1980-1991 Il accomplit un travail grandiose: Il a réussi de faire du Chateau Royal restauré une retrospective de l’histoire nationale des ХVIe- ХVIIIe siècles et en même temps un centre culturel prestigieux.Paraléllement il continuait ses travaux scientifiques. Après un livre d’érudition: „Précis d’histoire de l’écriture latine” il publia „La mythologie slave”, qui a eut quelques éditions. Estimé dans son pays et dans le monde A. Gieysztor accéda aux plus hautes postes dans le milieu scientifique historique. Elu en 1980 président du Comité International des Sciences Historiques, il ouvrait son XVe Congrès en 1985 à Stuttgart. Après l̓allocution du Président de la République Fédérale Allemande Il pronnoça un discours commencé en allemand, continué en français et terminé en anglais.A. Gieysztor était docteur honoris causa des 6 universités étrangères et de 3 polonaises, membre de nombreuses académies, parmi autres de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres française et de l’Académie Royale de Belgique. Il était honoré par les plus hautes décorations polonaises: depuis le croix de guerre Virtuti Militari jusqu’à ordre de l̓Aigle Blanc, des décorations françaises (deux fois de la Légion d’Honneur), belges, italiennes, allemandes, suédoises et autres. A. Gieysztor mourût le 9 février 1999, après une maladie longue de quelques mois. A ses funérailles, qui réunirent une nombreusse assistance avec le Président de la République et le Cardinal - Primat en tête, en parlant de ses mérites on exprima aussi l̓idée, que le défunt était le meilleur candidat pour la présidence de l'Etat.

  • Research Article
  • 10.69564/able.fr.23012.reve
Rêve quantique
  • Jan 1, 2023
  • revista .able
  • Virgile Novarina + 3 more

Même si un dormeur peut sembler inerte, son cerveau traverse des états créatifs subconscients. Le sommeil avec mouvements oculaires non rapides, en particulier, est associé à une moindre perception de soi et de son environnement. Durant cette étape, des échanges intenses se produisent entre les régions du cerveau. Le cerveau est une entité insondable qui implique des milliards de neurones interconnectés échangeant des signaux électriques, chimiques et physiques. L'activité électronique est décrite par l'équation de Schrödinger de la mécanique quantique qui régit la fonction d'onde associée aux électrons répartis parmi toutes les cellules. La dualité onde-particule s'applique et, selon l'appareil de mesure qui définit l'observable quantique choisie, les électrons peuvent être observés sous forme de motif d'onde cohérent qui couvre de grandes régions du cerveau ou sous forme de particules localisées sur des neurones individuels. Ainsi, les pensées et les rêves appartiennent à l'espace des fonctions d'ondes, ni ondulatoires ni corpusculaires, et toute mesure correspond à une projection arbitraire. Les ondes alpha, bêta… delta mesurées par électroencéphalogramme ressemblent à des observables quantiques, utilisées pour projeter un état d'esprit infiniment complexe sur une représentation simple prédéterminée. Mais que perd-on ou gagne-t-on à utiliser un abécédaire aussi simple ? Dans le but d'explorer la richesse de l'activité cérébrale durant le sommeil, l'artiste du sommeil Virgile Novarina, en collaboration avec l'artiste numérique Walid Breid, s'est associé à l'artiste et physicien Jean-Marc Chomaz et à l'architecte et designer Laurent Karst du collectif LABOFACTORY, concepteur d'installations artistiques interrogeant notre relation aux éléments, vent, nuages, vagues ou océans. « Full fathom five thy father lies, [À cinq brasses sous les eaux ton père est gisant] »,[mfn]William Shakespeare. La Tempête, acte I, scène 2. La brasse (« fathom » en anglais) est une unité de mesure marine [NDLT]. [/mfn] l'océan, début et fin, limbes et linceul. L'océan absorbe toute lumière et ondes électromagnétiques en quelques mètres de profondeur. Des mesures en profondeur peuvent être collectées à distance par réflexion et dispersion de son ou in situ par des sondes descendues en profondeur depuis des navires, des bouées ou des planeurs sous-marins. Ces données montrent que l'océan profond est animé de courants, tourbillons et vagues à toutes les échelles. Les masses d'eau transportées par les courants de surface se refroidissent en se dirigeant au nord. Plus salées car venant de zones plus chaudes, elles deviennent plus denses que les eaux environnantes et plongent en profondeur. Cette circulation, appelée thermohaline, car induite par les variations de température et de salinité, parcourt en une seule grande boucle, en surface et en profondeur, tous les océans, et son voyage dure mille ans. Actuellement, l'eau abyssale a quitté la surface il y a plusieurs centaines d'années et elle garde la mémoire des conditions climatiques au moment de sa plongée. Sa lente remontée tempère le réchauffement climatique. Mais son sort dans un monde en mutation reste inconnu. La circulation thermohaline est-elle en train de ralentir ? Et peut-elle alors conduire à un nouvel épisode d'anoxie, un océan profond immobile dépourvu d'oxygène et de vie, comme ce fut le cas au cours de périodes géologiques anciennes ? Rêve quantique, le jour où j'ai imaginé l'océan, conçu comme une installation immersive, crée des connexions entre le cerveau et l'océan, tous deux insondables. La mesure de l'activité cérébrale modifie les tensions du vent à la surface de l'océan miniature, comme si littéralement, l'esprit soufflait à la surface des eaux. Cette installation conserve l'idée quantique de la projection sur des observables qui définissent un système d'états, semblables dans leur sémantique concernant l'océan et le cerveau : vagues, vortex, courants et pulsations. Que se passerait-il si la sémantique d'un univers était traduite dans un autre, dans une sorte d'écriture automatique de l'intérieur vers l'extérieur ? Le visiteur qui entre dans le monde transcodé se sentirait-il plongé dans le rêve ou tomberait-il dans l'océan ? Ou la réalité elle-même serait-elle subjuguée, le visiteur noyé dans son propre inconscient ? Le documentaire retrace la genèse du projet et les recherches qui ont été engagées. Le film réunit deux mondes infinis et inaccessibles : le sommeil et l'océan. Il constitue une exploration visuelle de l'espace ouvert par le déséquilibre entre les dimensions poétiques du projet, la connaissance et les faits scientifiques ainsi que l'expérience humaine de la recherche commune. Le documentaire interroge également l'expérience d'une visiteuse qui entre dans l'espace intime et étrange d'un dormeur dans son lit, à proximité d'une sorte de phare qui renferme un océan miniature. En se rapprochant, elle remarque le bandeau, le téléphone portable qui surveille les ondes cérébrales. Au sol, elle observe la projection graphique des ombres des mouvements océaniques internes qui forment un cercle lumineux et changeant de quatre mètres de diamètre. Quel est le rapport ? Les artistes ont patiemment construit un abécédaire d'états d'ondes delta à partir de mesures. La série temporelle de différents états forme une phrase sans fin transcodée en direct dans un deuxième abécédaire afin de contrôler un dispositif motorisé à la surface de l'océan qui imite l'entraînement par le vent. La visiteuse pouvait-elle le percevoir ? Ou se perdre dans la traduction, rêver avec l'océan, flotter avec le dormeur ?

  • Research Article
  • 10.4314/rafea.v8i2.6
Accessibilité des femmes rurales aux terres agricoles sur le Plateau Adja au Bénin
  • Jul 22, 2025
  • Revue Africaine d’Environnement et d’Agriculture
  • Orou Daouda Bello + 8 more

Description du sujet. Les femmes ne possèdent qu'environ 2 % des terres du monde, soit 15 % des terres en Afrique subsaharienne et au Bénin en particulier. Leur accès aux terres agricoles est une des conditions de développement durable.Objectif. La présente étude vise à déterminer les contraintes d’accès des femmes aux terres agricoles sur le plateau Adja au Bénin en vue d’une proposition de solutions.Méthodes. Pour réaliser la recherche, 488 personnes ayant au moins 15 ans d’expériences ont été interviewées dans les communes de Klouékanmè et Toviklin dans le département du Couffo.Résultats. Les résultats indiquent que les hommes (p < 0,05) sont plus expérimentés (24,35 ± 1,63 ans) que les femmes (20,86 ±0,77 ans). Ils disposent des plus grandes superficies (2,55 ± 0,05 ha) comparativement aux femmes (0,25±0,02 ha). La discrimination des femmes (80 %), l’accès par le biais de l’époux (60 %), le métayage et la location (3 %) sont les principaux modes d’accès des terres par les femmes. La pauvreté (65 %), les difficultés coutumières (60 %), la non flexibilité des époux (40 %), le déshéritage issu des parents biologiques (22 %), le nombre d’enfants en charge (20 %) et le manque d’accompagnement par l’Etat (10 %) sont les principales contraintes. Les femmes rurales des arrondissements de Toviklin sont plus occupées (p < 0,05 à p<0,001) par les travaux ménagers et la recherche de l’eau, alors que les hommes de Klouékanmey sont plus occupés (p < 0,05 à p<0,001) par les activités génératrices de revenus (AGR). L’introduction du don de parcelle à la femme dans la dot par son époux (100 %), la flexibilité des coutumes (60 %), la création des AGR au profit des femmes (45 %) l’implication de l’Etat et des collectivités locales dans la mise à disposition des terres agricoles aux groupements des femmes et des jeunes (40%) sont les solutions proposées.Conclusion. Garantir aux femmes l’égalité d’accès à la terre est essentiel pour l’avenir du développement agricole du Bénin. Description of subject. Women own only about 2% of the world's land, or 15% of the land in sub-Saharan Africa and Benin in particular.Objective. This study aimed to determine the constraints on women's access to agricultural land on the Adja Plateau with a view to proposing solutions.Methods. Thus, 488 people with at least 15 years of experience were interviewed in the municipalities of Klouékanmè and Toviklin in Couffo Department.Results. The results indicate that men (p < 0.05) are more experienced (24.35 ± 1.63 years) than women (20.86 ± 0.77 years). They own the largest areas of land (2.55 ± 0.05 ha) compared to women (0.25 ± 0.02 ha). Discrimination against women (80 %), access through husbands (60 %), sharecropping and renting (3 %) are the main ways women access land. Poverty (65 %), customary difficulties (60 %), inflexibility of husbands (40 %), disinheritance from biological parents (22 %), the number of children in care (20 %) and lack of support from the State (10 %) are the main constraints. Rural women in the Toviklin districts are more busy (p < 0.05 to p < 0.001) with housework and fetching water, while men in Klouékanmey are more busy (p < 0.05 to p < 0.001) with entertainment and income-generating activities (IGAs). The introduction of the gift of land to women in the dowry by their husbands (100 %), the flexibility of customs (60 %), the creation of AGR for the benefit of women (45 %), the involvement of the Government and local authorities in making agricultural land available to women's and youth groups (40 %)are the proposed solutions.Conclusion. Ensuring women's equal access to land is essential for the future of agricultural development in Benin

  • Book Chapter
  • 10.4000/13o32
Chapitre 4. La gestion de la défense de Metz au Moyen Âge et l’entretien de l’enceinte
  • Jan 1, 2017
  • Mylène Didiot + 2 more

À partir du xive siècle, une administration spécialisée composée des « Sept des Murs » et des « Gouverneurs des Murs » est chargée des travaux de construction, ainsi que de l’entretien de l’enceinte urbaine. Ces hommes viennent épauler les « Sept de la Guerre » dans le domaine de la mise en défense de la ville, car, jusqu’en 1347, ils se chargeaient seuls de l’embauche de mercenaires, des relations diplomatiques, etc. et également des chantiers de fortification. La mise en place d’une administration entièrement consacrée à l’enceinte urbaine permet donc une meilleure gestion des travaux menés sur la muraille.Les Sept des Murs inspectent l’enceinte lors de visitations. Placés sous les ordres des Sept des Murs, les Gouverneurs des Murs gèrent quant à eux les deniers de la fortification. Aidés par un clerc, ils perçoivent les recettes de différentes locations détenues par cette administration ainsi que les versements effectués par le receveur de la ville. L’ensemble de ces sommes constitue le budget annuel destiné aux différents chantiers à mener sur l’enceinte.Les Gouverneurs des Murs tiennent une comptabilité très précise, dont la transcription et l’analyse apportent un nouvel éclairage sur l’évolution de l’enceinte. Si ces comptes – longtemps ignorés des chercheurs – permettent de localiser, d’identifier et d’estimer les différents travaux menés sur les fortifications de 1463 jusqu’au milieu du xvie siècle, ils témoignent également des améliorations et des adaptations architecturales rendues nécessaires par l’utilisation de l’artillerie.En effet, l’artillerie, apparue au début du xive siècle et utilisée à Metz en 1348 pour la première fois, ne cesse de se développer les siècles suivants. Grâce à plusieurs inventaires, l’état de l’armement est relativement bien connu à Metz pour la fin du xve et le début du xvie siècle. La ville conserve alors plus de cinq cents pièces, réparties avec leurs munitions dans les portes, tours et granges de la cité. Les Messins semblent, au départ, se fournir en armement auprès de marchands des régions limitrophes, mais au début du xvie siècle, les « Sept de la Guerre », magistrats en charge de la défense de la ville, font construire des infrastructures pour assurer son indépendance en termes d’approvisionnement en pièces d’artillerie avec l’édification de forges et de moulins à poudre.La mise en défense et l’approvisionnement en armement sont donc entretenus par les « Sept de la Guerre » qui gèrent une administration militaire complexe. Sous leurs ordres, les Sept de l’artillerie assurent la gestion de l’armement. Puis, les maîtres bombardiers, c’est-à-dire les canonniers de la cité, sont chargés d’entretenir et d’utiliser l’arsenal messin en cas de conflit. Ces métiers spécialisés sont assistés par des soldoyeurs, quatre mille hommes originaires de Metz et du Pays messin, souvent renforcés par des mercenaires étrangers provenant d’Allemagne, de Bourgogne, de Flandre, de Picardie, du Hainaut et du Brabant, prêts à défendre la ville en cas d’attaque. En temps de paix, cent soixante-douze soldoyeurs gardent l’enceinte urbaine, soit un posté tous les 50 m. Même la tour de la Mutte, beffroi de la cathédrale, est également utilisée pour la surveillance, un guetteur y étant posté. La plateforme étant située à une hauteur de 88 m, elle permet l’observation de tout mouvement de troupes dans un rayon de 5 à 8 km selon les endroits, couvrant un territoire de 250 km2 par temps clair.Mais la défense de la ville est avant tout conditionnée par la topographie. Marquée à l’ouest par le mont Saint-Quentin (308 m) et au nord-est par la colline Bellecroix (209 m), le système défensif est renforcé sur les fronts septentrionaux et occidentaux de la cité par un stockage plus important de pièces d’artillerie et de munitions.

  • Research Article
  • 10.1051/npvequi/2025022
Impact des pratiques agronomiques de gestion et d’entretien des prairies sur le niveau d’infestation des pâtures par les larves infestantes de cyathostomes
  • Jan 1, 2024
  • Le Nouveau Praticien Vétérinaire équine
  • Laurie Briot + 1 more

Les cyathostomes sont les parasites digestifs les plus fréquents et les plus pathogènes chez les équidés adultes au pâturage. Le contrôle de ces parasites repose aujourd’hui essentiellement sur l’utilisation de traitements anthelminthiques (AH). Or, une utilisation trop fréquente d’AH favorise la sélection de populations de parasites résistants. En France, la situation est préoccupante : des résistances ont été détectées dans plusieurs structures. Il est ainsi important de rationaliser l’usage des AH, en mettant en place des protocoles prenant en compte les spécificités des structures, dont les conditions météorologiques et les pratiques agronomiques réalisables par le détenteur. La stratégie est de réduire le niveau d’infestation de l’environnement par les stades libres (œufs et larves) permettant de limiter l’exposition des animaux. La température, l’humidité, l’alternance gel/dégel et les UV impactent le temps de développement et la survie des stades libres, mais aussi la mobilité des larves infestantes. La mise en place de pratiques agronomiques à des périodes stratégiques (ex : hersage des crottins, mise au repos et fauche des pâtures) permet d’exposer les stades libres à ces facteurs climatiques. Le ramassage fréquent des crottins permet d’enlever la source de contamination. Cependant, il a des inconvénients en termes de charge de travail et d’impact sur la faune coprophage. Le compostage du fumier permet de l’hygiéniser. Enfin, le chaulage n’est pas recommandé du fait de l’absence d’étude démontrant son efficacité sur les strangles équins.

  • Research Article
  • 10.3406/austr.2017.5109
Le Portugal au congrès de Vienne
  • Jan 1, 2017
  • Austriaca
  • Jorge Martins Ribeiro

Entre 1807 et 1811 le Portugal fut trois fois envahi par les armées de Napoléon, mais le départ de la famille royale pour le Brésil réussit à maintenir la souveraineté du pays. Avec l’aide de l’armée anglaise, commandée par le duc de Wellington, les Portugais réussirent à ne pas permettre le contrôle total du territoire métropolitain par les troupes napoléoniennes et ont même participé à l’invasion de la France, en 1814. De ce fait, et même contre la volonté anglaise, le Portugal, qui fut un des signataires du traité de Paris, fut présent au congrès de Vienne. Curieusement le pays, qui était considéré comme une petite puissance, et avec le siège du gouvernement à Rio de Janeiro, envoya trois représentants à cette réunion internationale, ce qui pour Talleyrand fut d’une très grande utilité, car cela l’aida à renforcer les positions françaises dans les négociations. À Vienne, le Portugal voulait surtout discuter quatre problèmes : la frontière nord du Brésil avec la Guyane, la non-abolition de la traite des esclaves, la dévolution par l’Espagne du village d’Olivença, occupé en 1801, et l’annulation du traité anglo-portugais de 1810.

  • Research Article
  • 10.4000/12wkd
Le Lycée Professionnel Yennega et la sauvegarde de la mémoire de l’ouvroir colonial de tapis haute laine de Ouagadougou (1969-2013)
  • Jan 1, 2024
  • Archipélies
  • Boubacar Sambaré

La trajectoire de l’ouvroir de tapis haute laine de Ouagadougou de 1917 à 2013 laisse entrevoir trois phases dans la vie de cet atelier textile. De l’ouvroir colonial (1917-1957) créé par les Pères Blancs durant la période coloniale au Lycée Professionnel Yennega en passant par le Centre de Formation Féminine et Artisanale, on note la capacité d’adaptation de l’atelier de tissage de tapis face aux difficultés. Durant ses quarante années d’existence, l’ouvroir colonial, en raison de la qualité de ses tapis, était devenu une attraction touristique incontournable de la ville de Ouagadougou. Sa réputation allait au-delà des frontières de la colonie de Haute-Volta. À ce titre, il attirait de nombreux visiteurs. La renaissance de l’ouvroir à travers la création du Centre de Formation Féminine et Artisanale (CFFA), sous l’impulsion du gouvernement voltaïque en 1969, procédait d’une volonté de faire renaître une curiosité touristique prisée par les visiteurs. Cependant, l’évolution du contexte économique postcolonial contraignit les administrateurs du CFFA à y opérer de profonds changements destinés à garantir sa survie. Le présent article, en s’appuyant à la fois sur des sources orales et écrites, fait une analyse diachronique du processus de fabrication de ce patrimoine et de la stratégie mise en œuvre en vue de le sauvegarder.

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  • Research Article
  • 10.52155/ijpsat.v38.2.5293
Le Bio Indicateur Aurifere: Outil De Prediction De Gisement Et Caracterisation De Sol. Effet De L’Or Sur La Banane Plantain, L’avocatier Et La Tige De Riz Dans Le Fokontany Ambohitsara, Commune Ikianjavato, District De Manajary- Madagascar
  • May 16, 2023
  • International Journal of Progressive Sciences and Technologies
  • Jean Rabemanantsoa + 4 more

Madagascar est un pays riche en ressources minières. Les grandes sociétés sont les plus avantageuses à l’exploitation de ces gisements car elles ont les moyens les plus performants pour l’extraire. Pour le cas des ressources aurifères, les petits exploitants sont nombreux mais leur technique d’extraction est encore traditionnelle comme la bâtée qui est une méthode fatigante, hasardeuse et à faible rendement. Par contre, le bio indicateur aurifère, une nouvelle technique pratiquée par plusieurs pays et développée dans le cadre de ce travail de recherches est simple, facile à employer et avantageuse surtout pour déterminer et localiser rapidement le gisement aurifère. Tout le monde peut l’appliquer. La maîtrise de cette technologie permettra d’améliorer les conditions de vie de la population et par ricochet au développement local et évidemment dans pays tout entier.C’est grâce à cette recherche qu’on a pu mettre en évidence l’effet aurifère sur le bananier plantain, l’avocatier et la tige de riz d’une rizière dénommée : Botely. La croissance du bananier, de l’avocatier et de la tige de riz est handicapée par l’effet de l’or dans l’échantillon de sol et ces végétaux ne peuvent plus pousser normalement et n’a pas donné de fruit sous l’effet de l’or dans le sol. Ce qui a permis de considérer ces trois végétaux à grain comme bios indicateurs aurifères dans le fokontany d’Ambohitsara de la commune d’Ikianjavato. cinq éléments chimiques accompagnent toujours l’or, ce sont : l’arsenic, le sélénium, l’antimoine, l’argent et le tellure. Le résultat d’analyse de l’échantillon de sol importé de la zone d’étude, c’est à dire sol pris au pied respectif du bananier plantain, de l’avocatier mort et dans la rizière Botely a prouvé l’existence de ces cinq éléments. Un autre essai d’expérimentation effectué au laboratoire du CNRIT sur les sols importés de la zone d’étude a prouvé que : le sol aurifère pris au pied du bananier nain contient de l’or et cet or contenu dans ce sol pénètre dans le bananier à travers ses racines pour retarder non seulement la croissance de la plante, mais aussi virer la couleur verte des feuilles de la plante en couleur jaune. Par rapport à un bananier témoin, celui qui a poussé avec le sol aurifère présente la caractéristique suivante après un an et demi de plantation : hauteur très petite (25 cm), largeur de feuille variant entre 10 et 11 cm, nombre de talles (6 au total, dont 3 petites et 3 grandes), diamètre tronc : 7 cm. En bref, le rapport entre le bananier témoin et celui qui a subi le test est presque triplé pour le cas du diamètre tronc et la largeur et longueur des feuilles. En ce qui concerne la hauteur des deux plantes, le témoin est 15 fois plus grand par rapport à l’autre.

  • Research Article
  • 10.61953/rfm.2840
Éditorial
  • Jul 28, 2019
  • Revue française de musicothérapie
  • Nicole Duperret-Gonzalez

Soumission à Epi-revel Dear readers, dear colleagues music therapists,This is the fifth issue of the digital version of the French Journal of Music Therapy. It is indeed in 2017 that our Review, created in 1981, was published for the first time on the net.This fifth issue leads us to make a big difference between the past and the present, from the French Revolution to the present day.Thanks to the highly researched text of Professor Daniel Teysseire, we are doing a great deal in time, at the time of the birth of psychiatry, and we discover that Citizen Desessarts, in 1802, undertakes to demonstrate with conviction the therapeutic effects of music on minds or sick bodies. He does this empirically, relying on clinical cases that are not his own, including a medical thesis presented in 1758 at the Faculty of Medicine of Montpellier by Citizen Roger. This thesis will be translated later by another doctoral student of the University of Montpellier, Etienne Sainte Marie, who will make, in 1803, a "treatise of the effects of music on the human body".We again check that the certainties regarding the therapeutic effects of music are very old.Since the era mentioned, music therapy has become a profession, which is beginning to be well identified by psychic and even somatic care professionals: Emilie Tromeur attests by presenting the fruit of her very careful survey of professionals working in nursing home.How far has our discipline traveled! Between the postulate stated by the first responders using music as part of the treatment, and the current technicality, what discoveries! Christine Falquet demonstrates this through her experience described in her text entitled "Musing and narrate in a therapeutic group". She presents us a rigorous device that she set up in a day hospital of psychiatry.However, to practice the profession of music therapist is still difficult for some: lack of financial recognition, lack of consideration, this is what Charlotte Guy makes us understand by telling us a part of his own experience.Blandine Louchard gives some advice to young music therapists to facilitate their integration into the institutions that will hire them.And Jeanne Boesinger, who has been teaching at National Education for a long time, makes some reflections on the major interest in establishing our discipline in this beautiful institution.Members of the French Association of Music Therapy are dilighted to offer once more to all the readers of our magazine these news texts of high quality.Docteur Nicole DUPERRET-GONZALEZ, President of the French Association of Music Therapy Chers lecteurs, chers collègues musicothérapeutes, Voici le cinquième numéro de la version numérique de la Revue Française de Musicothérapie. C’est en effet en 2017 que notre Revue, crée en 1981, est paru pour la première fois sur le net. Ce cinquième numéro nous conduit à effectuer un grand écart entre le passé et le présent, de la Révolution Française jusqu’à nos jours. Grâce au texte extrêmement documenté du Professeur Daniel Teysseire, nous faisons un grand bon dans le temps, au moment de la naissance de la psychiatrie, et nous découvrons que le Citoyen Desessarts, en 1802, entreprend de démontrer avec conviction les effets thérapeutiques de la musique sur les esprits ou les corps malades. Il le fait de manière empirique, en s’appuyant sur des cas cliniques qui ne sont pas les siens, et notamment sur une thèse de médecine présentée en 1758 à la faculté de médecine de Montpellier par le « Citoyen » Roger. Cette thèse sera traduite plus tard par un autre thésard de l’Université de Montpellier, Etienne Sainte Marie qui en fera, en 1803, un « traité des effets de la musique sur le corps humain ». Nous vérifions à nouveau que les certitudes concernant les effets thérapeutiques de la musique sont très anciennes. Depuis l’époque citée, la musicothérapie est devenue un métier, qui commence à être bien identifié par les professionnels du soin psychique voire somatique : Emilie Tromeur en atteste en nous présentant le fruit de son enquête très soignée auprès de professionnels intervenant en EHPAD. Que de chemin parcouru par notre discipline ! Entre le postulat énoncé par les premiers intervenants ayant recours à la musique dans le cadre du soin, et la technicité actuelle, que de découvertes ! Christine Falquet en fait la démonstration au travers de son expérience relatée dans son texte intitulé « musiquer et narrer dans une groupe thérapeutique ». Elle nous présente un dispositif rigoureux qu’elle a mis en place dans un hôpital de jour de psychiatrie. Cependant, exercer le métier de musicothérapeute est encore difficile pour certains : manque de reconnaissance financière, manque de considération, c’est ce que Charlotte Guy nous fait comprendre en nous racontant une partie de sa propre expérience. Blandine Louchard donne quelques conseils aux jeunes musicothérapeutes afin de faciliter leur intégration dans les établissements qui les embaucheront. Et Jeanne Boesinger, qui exerce au sein de l’Education Nationale depuis déjà longtemps, émet quelques réflexions au sujet de l’intérêt majeur de l’instauration de notre discipline dans cette belle Institution. Les membres de l’Association Française de Musicothérapie sont ravis d’offrir une fois de plus à tous les lecteurs de notre Revue ces nouveaux textes d’une grande qualité. Docteur Nicole DUPERRET-GONZALEZ, Présidente de l’Association Française de Musicothérapie Éditorial

  • Research Article
  • 10.3406/austr.2001.4359
Le retour de Peter Handke au théâtre. Renouvellement ou impasse ?
  • Jan 1, 2001
  • Austriaca
  • Brigitte Desbrière-Nicolas

Convaincu des possiblités infinies du théâtre, Peter Handke, prosateur reconnu, revient au seuil des années 1990 à l'écriture dramatique qui, un quart de siècle plus tôt, l'a rendu célèbre. Avec la complicité de Claus Peymann, il réserve au public viennois la primeur de ses quatre nouvelles pièces : Das Spiel vom Fragen oder Die Reise zum sonoren Land (1989), Die Stunde da wir nichts voneinander wussten. Ein Schauspiel (1992), Zurüstungen für die Unsterblichkeit. Ein Königsdrama (1997) et Die Fahrt im Einbaum oder Das Stück zum Film vom Krieg (1999). Espace du jeu, des images, de la parole, des signes multiples et du rêve, lieu de rencontre de la mémoire individuelle et collective, champ d'expériences et de perceptions ouvert, le lieu théâtral est investi par le poète. Alors assailli par les interrogations sur le devenir de son écriture, par le besoin irrépressible de faire partager à une communauté ses rêves et les instants de révélation de l'ineffable ou de faire du spectateur le témoin de sa fureur et de ses désarrois, Peter Handke érige la narration, iconique ou verbale, polyphonique ou prophétique, en instrument d'un théâtre renouvelé qui ne trouve pas toujours auprès du public et de la critique l'écho escompté.

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