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La Symbolique du Coeur Dans l'oeuvre Poetique de Prince Arnie Matoko

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Le pote ngre, je veux dire, ce pote dont le coeur est filiale pulsation au rythme du tam-tam d'Afrique, parle ce langage des fleurs, exprime ses sentiments et ides travers les images, aussi dans un langage lmentaire par-del spirituel.(p.18) Faut-il, ici, parler de l'intuition comme source d'inspiration potique, parce que connaissance non rationnelle relevant du simple sentimentou prorer sur la maeutique potique, c'est--dire l'art d'accoucher les pomes.Bien au contraire, il s'agit cans d'interroger l'espace textuel de Prince Arnie Matoko, peupl de "mtaphores obsdantes", et o les mots se heurtent, se pressent, se chevauchent, coulent harmonieusement et se groupent en images (Lablenie, cite par Mpala-Lutebele, 2008, p.129).En d'autres termes, ce travail s'attle interprter des symboles obscurs et flamboyants autour du substantif coeur, sige de toute sensation et motion, pour en faire dcouvrir le sens cach, mettant en relief, tout au moins, les motivations psychologiques inconscientes du pote.De ce fait, il parat sant et imprieux d'apporter compendieusement des prcisions conceptuelles relatives aux vocables "symbolique" et "coeur", tout en considrant les notions sous-jacentes.Le terme "symbolique", l'oeil non voil, renvoie illico aux symboles, puisque la symbolique, en croire Le Robert, est la thorie des symboles, c'est--dire un ensemble des relations et des interprtations lies un symbole qui peut tre un objet, une image, un mot crit ou un son qui reprsente Rsum: La prsente tude porte sur la symbolique du coeur dans l'oeuvre potique de Prince Arnie Matoko.Elle consiste analyser et interprter la vie intrieure du pote par le truchement des symboles lis au substantif "coeur", sige de toute sensation et motion, pour en dbusquer le sens cach, mettant en relief, tout au moins, les motivations psychologiques inconscientes de ce dernier.Allant des interrogations significatives aux hypothses mises, en passant par l'exploitation des axes bien structurs, et s'appuyant essentiellement sur l'hermneutique et la psychocritique, cette tude a dmontr que la posie de Prince Arnie Matoko, saupoudre de mythe personnel et de mtaphores obsdantes, est, en bonne partie, rattache l'expression de la passion et de la rvolte du "je personnel", mais aussi, et surtout, du "je collectif".Ceci dsigne, par-dessus tout, la plurivocit de la symbolique du coeur chez Prince Arnie Matoko dont l'inconscient potique, travers ses vers, dvoile la virginit de son me et celle des autres.

Similar Papers
  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2003.10.02
Numéro 16 - octobre 2003
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Vincent Bodart + 1 more

Contrairement à ce que certaines personnes pourraient croire, notamment certains Ministres du Gouvernement actuel, l’enjeu principal pour les finances publiques de la Belgique n’est pas d’avoir un équilibre budgétaire à court terme. Le véritable enjeu, c’est la situation des finances publiques à long terme. En effet, au cours des prochaines années, les finances de l’Etat seront mises sévèrement sous pression par le choc démographique lié au vieillissement de la population.
 L’ampleur de l’impact budgétaire du choc démographique est souvent mesurée par ce que les spécialistes appellent «le coût budgétaire du vieillissement». La mesure de ce coût est un problème éminemment technique, mais elle a des implications importantes sur les choix politiques. Ainsi, il y a un an, le Comité d’Etude sur le Vieillissement (CEV) estimait le coût budgétaire du vieillissement d’ici 2030 à 2,6 % du PIB dans le pire des scénarios et concluait que la baisse des charges d’intérêt sur la dette publique serait suffisante pour couvrir ce coût. Il y a quelques mois, son appréciation était nettement moins optimiste : le coût budgétaire était estimé à plus de 4 % du PIB, et une stratégie beaucoup plus active était recommandée.
 Ce revirement soudain dans les estimations et les recommandations du CEV montre combien une stratégie budgétaire, que certains croyaient jadis solide et adaptée, peut apparaître fragile le lendemain, notamment parce que le cadre macroéconomique a soudainement changé. Dans le dernier numéro de Regards Economiques (n°16), nous remettons en cause la stratégie budgétaire actuelle au travers de quatre questions déplaisantes.
 
 La constitution du Fonds de vieillissement garantit-elle les droits à la pension ? Alors que le Fonds de vieillissement constitue un élément important de la stratégie du gouvernement pour affronter le choc démographique des années à venir, il ne pourra véritablement remplir la mission pour laquelle il a été créé qu'en cas de réduction accélérée de la dette publique. Ce n'est en effet que dans ce cas que le Fonds de vieillissement pourra compter sur un financement structurel et durable. En outre, sa création n'étaient pas véritablement nécéssaire pour faire face à l'impact budgétaire du vieillissement, car il s'agit simplement d'une manière particulière de réduire la dette publique. Il aurait été plus transparent de se fixer un objectif en termes de dette publique. Au delà de son inutilité de principe, le Fonds de vieillissement peut exercer un effet néfaste sur les décideurs politiques et les citoyens en leur laissant croire que le problème du vieillissement est réglé.
 La réforme fiscale risque-t-elle de compromettre la situation des finances publiques à long-terme ? La réponse à cette question est moins tranchée et donne lieu à un débat entre ceux qui estiment que la réforme est préjudiciable à la réduction de la dette publique et ceux qui y voient une manière intéressante de relancer la croissance. Pour ces derniers, néanmoins, si la réforme fiscale s’effectue sans une amélioration structurelle des finances publiques, on peut craindre qu’il faille tôt ou tard faire marche arrière, sans quoi les moyens budgétaires disponibles pour couvrir le coût du vieillissement seront insuffisants.
 Peut-on espérer une réduction structurelle du chômage qui atténue le coût budgétaire du vieillissement ?Toutes les estimations officielles du coût du vieillissement se basent sur l’hypothèse que, d’ici 2030, le taux de chômage de l’économie belge aura spontanément diminué de moitié. L’argument évoqué repose sur une diminution de la population active couplée à un maintien du nombre d’emplois disponibles. Cette approche est particulièrement naïve et n’est conforme à aucun des modèles économiques sérieux connus actuellement. Dans le long terme, le taux de chômage dépend des caractéristiques structurelles de l’économie et non de la taille de la population active. Selon nous, rien ne permet donc de penser que le taux de chômage diminuera substantiellement au cours des prochaines années. Au contraire, il se pourrait même qu’il reste pour longtemps à son niveau actuel.
 La croissance économique pourrait-elle rester faible pour longtemps ? Une croissance économique élevée sur le long terme permettrait certainement à la Belgique de supporter plus facilement le coût budgétaire du vieillissement. Les projections officielles extrapolent un taux de croissance autour de 1,75 % - 2 % par an jusqu’en 2030. Rien n’exclut cependant une scénario «catastrophe» où la croissance resterait molle pour longtemps, disons autour de 1 % par an. Le vieillissement de la population pourrait en effet exercer des conséquences négatives sur le dynamisme de notre économie, et sur sa capacité à innover. En outre, d’un point de vue historique, il apparaît que les années de croissance soutenue à 2 % sont limitées à des sous-périodes précises, ce qui rend une extrapolation automatique vers 2030 hasardeuse.
 
 Selon nous, en poursuivant la stratégie actuelle, le risque est grand que les moyens budgétaires disponibles pour faire face aux différentes obligations de l’Etat soient insuffisants. Un stratégie plus crédible pour absorber le choc démographique imposera tôt ou tard aux décideurs politiques de choisir entre revoir l’âge de la retraite, baisser le niveau des pensions et augmenter les cotisations sociales – ou tout mélange de ces trois options. Il s’agit bien entendu d’un choix politique difficile. Il serait toutefois dangereux de se cacher derrière des évaluations budgétaires trop favorables ou des artifices comptables pour éviter d’effectuer les choix nécessaires.

  • Research Article
  • 10.4000/1401h
Genèse du canon biblique éthiopien : de l’autorité apostolique aux controverses autour des Écritures (xive-xve siècles)
  • Jan 1, 2024
  • Médiévales
  • Damien Labadie

Avec ses 81 livres, la Bible éthiopienne est la plus vaste des Bibles chrétiennes, formée au fil d’une histoire complexe. Dès l’apparition des premières listes de livres bibliques dans le Sēnodos, collection canonico-liturgique du xive siècle, les témoins manuscrits attestent des divergences notables dans le titre, le nombre et la disposition de ces livres. De plus, aucun manuscrit de la Bible en langue guèze n’a jamais transmis la totalité de ces livres bibliques. Même les Bibles imprimées aujourd’hui en Éthiopie, qui prétendent inclure 81 livres, ne contiennent pas l’ensemble des livres reçus comme canoniques par la tradition et transmis par les listes du Sēnodos. Comment, dès lors, expliquer l’existence d’une tradition fixant un nombre de 81 livres alors qu’aucune Bible, manuscrite ou imprimée, ne les contient en réalité ? C’est au roi Zar’a Yā‘eqob (1434-1468) que l’on doit l’établissement et la diffusion de ce chiffre canonique de 81. Au moyen de son abondante œuvre doctrinale et apologétique, Zar’a Yā‘eqob, en s’efforçant d’unifier les pratiques religieuses des sujets de son royaume dans un contexte de controverses théologiques, s’évertua à défendre l’origine apostolique de la liste des 81 livres, prémunissant ainsi certains livres bibliques contre les attaques de chrétiens hétérodoxes qui en contestaient la canonicité.

  • Research Article
  • Cite Count Icon 3
  • 10.56105/cjsae.v14i1.1939
Les fillières de formation professionelles par apprentissage au Québec: État de la situation et enjeux de l'évolution actuelle
  • May 1, 2000
  • Canadian Journal for the Study of Adult Education
  • André Balleux

Résumé En formation professionnelle et particulièrement en apprentissage, le Quebéc est à la croisée des chemins. Non seulement parce que l'ensemble du système de formation est en pleine mutation, mais aussi parce que les filières d'apprentissage se questionnent à leur tour sur le sens de leur action et se cherchent de nouvelles avenues. Comme partout, le passé a profondément marqué les mentalités en matière de formation professionnelle, de formation en entreprise et de formation par apprentissage et laisse des traces évidentes de son emprise sur la réalité actuelle. Alors qu'à partir de deux filières existantes, l'apprentissage s'engage dans un effort de revalorisation, de réinterprétation et de remodelage, dans le même temps, deux nouvelles voies se sont ouvertes, créant des perspectives nouvelles et des enjeux inattendus. L'auteur livre id un instantané de la situation, mais aussi quelques indices qui permettent de saisir au vol vers quelle direction se destine cet apprentissage renouvelé. In Quebec, vocational training and apprenticeship are at a cross-roads. The training systems are in full mutation and their stakeholders are inquiring into the new meanings associated with their actions. Current attitudes towards job-related training and apprenticeship can be traced to their evolution throughout the past. Within two existing settings, apprenticeship has been reinterpreted, remodeled, and revalued, and this has led to the emergence of new, unexpected perspectives and issues. This article provides a snapshot of the situation, as well as some insight into the possible future developments in apprenticeship.

  • Research Article
  • 10.7202/1117239ar
La prédication excessive de Maître Eckhart : le langage du coeur
  • Jan 1, 2025
  • Laval théologique et philosophique
  • Isabelle Raviolo

Dans cet article, nous verrons de quelle manière Maître Eckhart a su ouvrir les perspectives du langage en parlant à partir de l’éternité, et en orientant son discours vers elle. C’est ainsi qu’il a pu, selon nous, rendre au verbe humain tout son éclat divin, et faire de l’Homme un « adverbe auprès du Verbe », disposant l’âme à recevoir pleinement l’Amour de Dieu, sa grâce incréée comme don de Son Esprit. Le Maître a ainsi été un poète mystique, autant qu’un philosophe et un théologien : il a rendu au langage toutes ses nuances, toute sa subtilité, car il a laissé l’Esprit de Dieu excéder le logos. Cet excès est non seulement un débordement du sens, mais aussi et surtout une inhabitation du Verbe dans l’âme, l’épreuve d’un pathos spirituel. Parler de ce dont on ne peut pas parler revient ainsi à tenter son approche par le sentiment, le pathos, c’est-à-dire par ce que nous appelons, dans cet article, le langage du coeur où la troisième vertu théologale devient première, à travers l’expérience commune et singulière, l’épreuve intérieure de l’amour de Dieu.

  • Research Article
  • 10.3406/hista.2020.3920
La maison grecque de Charles Garnier à l’Exposition universelle de 1889, une fantaisie savante
  • Jan 1, 2020
  • Histoire de l'art
  • Hélène Wurmser

Lors de l’Exposition universelle de 1889, Charles Garnier propose un vaste panorama de l’histoire de l’habitation humaine, et notamment la reconstitution d’une maison grecque du temps de Périclès. L’article analyse l’ensemble des documents produits par l’architecte pour cette réalisation unique, ainsi que les textes d’accompagnement rédigés en collaboration avec Auguste Ammann et Frantz Jourdain. L’objectif est d’éclairer les choix de l’architecte, de contextualiser sa démarche, mais aussi d’identifier ses sources archéologiques. En dépit de son érudition manifeste, sa réalisation présente une fantaisie à la grecque, dont le rôle est moins de fixer une réalité historique que de donner une image évocatrice et valorisante de la vie quotidienne des anciens Grecs, et de nourrir la passion de ses contemporains pour l’histoire.

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco/2025.03.28.01
Focus 34 - mars 2025
  • May 22, 2025
  • Regards économiques
  • Bart Cockx + 4 more

Ce vendredi 28 mars, des chercheurs de l’UGent et de l’UCLouvain présentent les résultats d’une étude sur les effets de la mesure «zéro coti» sur les entreprises, l’emploi et l’économie. Cette mesure populaire – mais aussi coûteuse – consiste en une réduction permanente du coût salarial du premier salarié embauché. À la lumière de son coût budgétaire élevé et des résultats mitigés qu’elle engendre, les chercheurs plaident pour sa suppression pure et simple, ou sa limitation à un nombre restreint de trimestres. Le gouvernement fédéral a décidé, en 2016, d’exonérer les nouveaux employeurs de cotisations patronales à l’ONSS lors de l’embauche d’un premier salarié, et ce, pour une durée illimitée et quel que soit le niveau du salaire brut. Cette exonération est toujours en vigueur aujourd’hui, bien que, depuis 2024, le montant maximal de la subvention soit plafonné à 3.100 euros par trimestre. Côté positif, l’étude confirme que la mesure «zéro coti» a effectivement encouragé les entreprises à embaucher un premier employé : fin 2019, le nombre d’entreprises comptant un salarié unique était de 7% supérieur à celui d’un scénario sans exonération. Côté négatif, l’étude souligne que cette exonération n’a eu aucun effet sur le nombre d’entreprises employant plus d’un salarié. De plus, les entreprises ayant embauché un premier salarié grâce à la mesure «zéro coti» se révèlent moins performantes que celles qui auraient recruté sans cette aide. Ces entreprises emploient en effet moins de travailleurs et génèrent moins de valeur ajoutée. En d’autres termes, si cette mesure a conduit à une augmentation du nombre d’entreprises, celles-ci restent le plus souvent limitées à un seul employé et sont moins performantes. Une mesure populaire mais coûteuse En 2023, en moyenne, 55.162 équivalents temps plein ont été subventionnés chaque trimestre, soit un coût brut annuel de 488 millions d’euros. La subvention s’élève donc à environ 2.200 euros par trimestre et par employé à temps plein. À politique inchangée, ce coût continuera d’augmenter dans les années à venir car le nombre d’employeurs engageant un premier salarié continuera de progresser. Le gouvernement De Wever souhaite abaisser davantage le montant maximal de la subvention : un plafond de réduction des cotisations patronales de 2.000 euros par trimestre a été annoncé dans l’accord de gouvernement. Pour les chercheurs, il s’agit d’un pas dans la bonne direction, mais ils plaident pour une restriction encore plus marquée. Ainsi, compte tenu de ses effets positifs limités et de son coût budgétaire élevé, ils recommandent soit de supprimer totalement cette réduction, soit de la limiter à un nombre restreint de trimestres (par exemple, jusqu’à deux ans après la première embauche). Les fonds ainsi libérés pourraient alors être partiellement réinvestis pour soutenir plus efficacement les entreprises en phase de démarrage.

  • Research Article
  • 10.4000/coma.10444
Métisse blanche de Kim&#8239Lefèvre, ou la rémanence des images
  • Jan 1, 2023
  • Continents manuscrits
  • Jack A Yeager

En 1989, Kim Lefèvre publie sa célèbre autobiographie Métisse blanche qui relate les difficultés d’être une enfant métisse pendant la période de la colonisation française. Quelques années avant son décès en 2021, elle écrit un nouveau volet de son panorama autobiographique inspiré de la vie qu’elle a menée à Paris pendant les premiers mois de son arrivée en France en 1960. Elle appelle son manuscrit « Le territoire du père ». Ce texte inédit peut se lire en miroir avec Métisse blanche. Par rapport à l’autobiographie, il peut être considéré comme une révision des représentations de la culture française de la protagoniste. Il peut également être interprété comme une reprise enrichie du texte publié. Le manuscrit peut également être lu indépendamment, comme un texte du « choc culturel », un nouveau roman qui révèle le courage et l’indépendance de l’autrice face aux épreuves. L’étude de certains épisodes repris du texte publié et celle de deux versions d’un passage inédit concernant un séjour en Suisse nous permettront de discerner l’évolution sentimentale et stylistique de Kim Lefèvre.

  • Research Article
  • 10.3917/maorg.pr1.0132
Prolégomènes à une analyse des causes possibles et des effets probables de la confusion entre innovation et transformation
  • May 23, 2025
  • Marché et organisations
  • Hubert Landier

L’innovation au sein des systèmes organisés demande à ne pas être confondue avec leur transformation en tant que systèmes. On distinguera ainsi les changements de type 1 et les changements de type 2 (Bateson, 2008). Au regard de la confusion possible entre ces deux types de changement, l’innovation peut ainsi avoir pour objet, avoué ou inavoué, de prévenir le risque d’un changement de type 2, ou plus largement d’un changement de type catastrophique. Elle s’inscrit dès lors dans une démarche d’évitement. Par ailleurs, les changements portant sur le monde 1 (Popper, 1991) débouchent nécessairement sur des changements au sein des mondes 2 et 3. Dans ce contexte, l’innovation n’est initialement porteuse de sens que pour ses initiateurs, sans quoi il ne s’agirait pas d’une innovation. Elle a par conséquent une signification et une valeur avant la transformation et en vue de celle-ci. Elle peut ne plus en avoir, au terme de cette transformation, soit parce que les croyances du sujet qui l’a provoqué ont changé parallèlement à la transformation du système lui-même, soit parce que l’innovation est devenue sans objet. Dès lors elle est dépourvue de valeur, au regard même de ce qu’est devenue la réalité, parce que l’innovation n’a pas produit les effets initialement attendus. L’innovation serait ainsi le signe d’un enfermement dans la perspective d’un changement de type 1, soit une ouverture sur un changement de type 2, sans que celui-ci ne puisse être défini par avance.

  • Research Article
  • 10.3917/lhom.247.0073
Une sainte se recoiffe : permanences et surimpressions des gestes émotifs
  • Dec 14, 2023
  • L'Homme
  • Sarah Rey

Prise dans une phase de transition religieuse, l’histoire de l’une des premières saintes de l’Afrique romaine, Perpétue, martyrisée en 203 après J.-C. à Carthage, donne à voir l’effet de chevauchement des formes de sensibilité. Le récit de son martyre, la Passion de Perpétue et Félicité , est riche d’épisodes illustrant la confrontation des époques et des rapports d’historicité : les chrétiens les plus convaincus, notamment ceux qui apparaissent dans les sources martyrologiques, veulent s’inscrire dans un nouveau régime sensible, mais continuent de vivre dans une société où ils ont appris à se comporter en pères ou mères de famille, en citoyens libres ou esclaves, en civils ou soldats. Le récit de l’exécution de Perpétue contient ce type d’opposition entre deux modes d’existence devenus inconciliables, comme le montre en particulier ce moment où la sainte, renversée dans l’arène par une vache furieuse, voit sa tunique se déchirer et ses cheveux se détacher. La chrétienne ramène un pan de son vêtement sur sa cuisse dénudée, puis cherche une fibule pour se recoiffer. Se devine à travers ces gestes l’exigence chrétienne du martyre joyeux : la sainte ne veut pas être prise pour une pleureuse ou une suppliante. L’éclairage ethnologique peut aider à mieux saisir les enjeux sensibles de cet épisode minuscule. L’histoire de Perpétue gagne à être lue au prisme des techniques corporelles et de leur savoir partagé. La longue durée des gestes émotifs entre aussi en correspondance avec ce que Aby Warburg a pu désigner comme les résurgences ou survivances de très anciennes manières de faire, repérables dans l’art comme dans le monde social. L’enquête de Ernesto De Martino sur les prefiche de l’Italie méridionale permet d’élargir encore l’analyse : les gestes attendus précèdent l’émotion collective, ils la génèrent et la résument.

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2004.11.01
Numéro 25 - novembre 2004
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Bruno Van Der Linden

En France, en Allemagne et en Belgique, la durée annuelle moyenne de travail par personne en emploi est passée de près de 3000 heures en 1870 à environ 2300 heures en 1938 en Allemagne et en Belgique (1850 heures en France). Après la seconde guerre mondiale, la tendance à la diminution s’est poursuivie. Depuis une vingtaine d’années, la durée de travail hebdomadaire à temps plein, telle que fixée par les conventions collectives, ne baisse que très lentement en Belgique. D’autres phénomènes, dont le développement du temps partiel, expliquent toutefois que la durée annuelle moyenne de travail continue à baisser. En 2003, elle s’élèverait selon l’OCDE à environ 1450 heures/an. Or, voici que depuis quelques mois, les médias font grand cas d’entreprises où la durée hebdomadaire de travail s’allonge sans compensation salariale. Cette inversion de la tendance historique est clairement une rupture, au contenu économique mais aussi symbolique chargé. Que penser de ce retournement, actuellement limité à un petit nombre d’entreprises ?
 En comparaison internationale, la durée hebdomadaire moyenne de travail à temps partiel est plus longue en Belgique. Concernant les travailleurs à temps plein, la durée hebdomadaire moyenne habituelle est en Belgique proche de la moyenne dans la zone EURO. Au niveau sectoriel, si l’on excepte le secteur des hôtels et des restaurants, notre durée hebdomadaire habituelle se situe également à un niveau proche de la moyenne dans la zone EURO. Notre pays ne paraît donc pas se démarquer sensiblement des voisins. La dispersion des durées hebdomadaires habituelles augmente en revanche entre les individus à un rythme qui n’a guère d’égal dans l’OCDE. Au plan régional, entre 1992 et 2002, un écart d’une heure par semaine s’est créé entre les travailleurs flamands et wallons à temps plein, ces derniers ayant une durée habituelle de travail relativement stable.
 Aucune "loi économique" ne nous dit quel serait le temps de travail idéal. En revanche, des divergences sensibles de coût de production ne peuvent persister pour des produits similaires soumis à la concurrence. Les coûts de production ne s’expliquent évidemment pas que par les coûts et la productivité du travail. Dans les limites de cette étude, nous n’avons toutefois pas abordé d’autres dimensions. Nous avons aussi mené notre réflexion dans les limites du cadre actuel marqué notamment par une concurrence accrue sur les marchés, une forte mobilité du capital et une monnaie unique. La loi de juillet 1996 relative "à la promotion de l’emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité" se préoccupe de l’évolution de nos coûts salariaux horaires nominaux dans le secteur privé en comparaison avec celle de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la France. Après quelques années d’alignement quasi parfait de notre croissance salariale sur l’évolution moyenne de nos trois voisins, la Belgique a récemment accumulé un écart relatif de 2 points de pourcentage. Si l’on tient compte des écarts existants avant la loi de 1996 et que l’on remonte plus haut dans le temps jusqu’en 1987, le FEB aboutit à un surcroît de coût salarial horaire de 8 points de pourcentage par rapport à la moyenne pondérée de nos trois voisins. Dans l’industrie manufacturière, selon le Bureau of Labor Statistics, nos coûts salariaux horaires sont 6 % plus bas qu’en Allemagne mais 5 % plus élevés qu’aux Pays-Bas et 32 % plus élevés qu’en France. Des coûts salariaux élevés engendrent une série d’ajustements dans les entreprises : disparition d’entreprises privées manquant de rentabilité, recherche de gains de productivité par élimination de main d’œuvre et surtout de main d’œuvre moins qualifiée, etc. La productivité du travailleur belge est, de fait, fort élevée. Il ne nous paraît cependant pas souhaitable d’avoir des performances exceptionnelles en matière de hausses de productivité du travail si cela se réalise au prix de disparitions supplémentaires d’emplois moyennement ou peu qualifiés. La capacité des personnes concernées à saisir les opportunités d’emploi dans d’autres segments de l’économie apparaissent en effet trop limitées.
 Dans un contexte où les nations européennes et leurs partenaires sociaux sont responsables de l’évolution des coûts salariaux, il est possible d’intervenir sur trois variables : les salaires horaires bruts, les cotisations patronales et la durée du travail. Le niveau élevé des cotisations patronales mais aussi l’importance des allégements de cotisation mis en place sont notoires en Belgique. Le meilleur usage des allégements structurels (c’est-à-dire durables et attribués par travailleur occupé, nouvellement ou non) se situe au niveau des travailleurs à bas salaires. Nous avons déjà argumenté en ce sens. De même, nous avons déjà rappelé la nécessité de la modération des salaires horaires en Belgique et nous avons évoqué les avantages et les limites de la "norme salariale" belge. Dans le cadre de celle-ci, la résorption de notre écart de coût salarial horaire ne pourra être que lente, fort probablement trop lente. De là, l’intérêt d’une réflexion sur le temps de travail.
 A court terme, considérant le niveau de production comme fixe, une durée de travail plus longue entraînera une diminution du volume d’effectifs souhaité par l’entreprise. Moins les heures ajoutées seront productives (effet de fatigue du travailleur), plus les effets de court terme seront faibles. Au-delà de ces réactions de court terme, l’entreprise peut se réorganiser de telle sorte que la durée d’utilisation du capital suive – là où c’est possible - l’allongement de la durée du travail. La variation du coût salarial sera l’autre déterminant essentiel de l’ajustement à moyen terme des quantités produites et de l’emploi. Notre analyse micro-économique indique que l’allongement de la durée hebdomadaire de travail mais aussi la poursuite de la réduction de celle-ci peuvent être des réponses microéconomiques alternatives face à des phénomènes tels que l’accroissement de la concurrence de pays à bas salaires. Mais dans un cas comme dans l’autre, ce ne sera vrai que si on accompagne ces modifications de durée du travail d’ajustements de nature et d’ampleur appropriés. En cas de hausse de la durée hebdomadaire, le coût salarial hebdomadaire ne peut croître proportionnellement. En cas de baisse de la durée, il ne peut demeurer à son niveau initial. Il faut aussi souligner l’importance de l’ajustement de la durée d’utilisation du capital. Celle-ci ne peut diminuer proportionnellement à la durée du travail. Elle doit croître lorsque cette durée s’allonge. Il faut dès lors vérifier la faisabilité des réorganisations du processus de production qui en découlent. Au-delà, il faut s’interroger sur leur désirabilité du point de vue des travailleurs. La conciliation des vies professionnelle et privée est au cœur du questionnement.

  • Research Article
  • 10.4000/13efa
« [Q]uelle plaisanterie que les voyages ! » : Alphonse Karr jardinier-voyageur
  • Jan 1, 2025
  • Viatica
  • Evguénia Timoshenkova

En dépit de son titre singulier, le Voyage autour de mon jardin d’Alphonse Karr se définit contre les pérégrinations traditionnelles outre-mer. Au lieu du tour du monde, l’auteur propose le tour de son jardin dans la lignée du « voyage excentrique » de Sterne et Xavier de Maistre. Cet article interrogera les aspects qui témoignent de la rupture avec le modèle conventionnel : la parodie du voyageur traditionnel, de son mode de voyager et du prétérit emphatique de son récit, la valorisation de la découverte de ce qu’on croit bien connaître, l’éloge du proche aux dépens du lointain, etc. On évitera pourtant d’appliquer à l’ouvrage de Karr l’étiquette d’un anti-récit de voyage car, malgré la révocation des règles formelles, la visée documentaire et didactique du genre est conservée et valorisée.

  • Research Article
  • 10.4000/insitu.37529
“They would almost end up loving it”: The controversy in saving the Olympic stadium in Lausanne (Ch.-F. Thévenaz, 1949-1954)
  • Feb 15, 2023
  • In Situ
  • Giulia Marino

« Ils finiraient presque par l’aimer », titrait la presse dominicale suisse romande en juillet 2020. Lui, c’est le Stade olympique de la Pontaise à Lausanne, inauguré à l’occasion de la Coupe du monde de football de 1954, et voué à la démolition depuis de nombreuses années déjà, pour laisser place à un projet d’« éco-quartier » porté par la municipalité. Eux, c’est une citoyenneté lausannoise qui (re)découvre cet objet emblématique au moment de la décision de sa disparition, et s’intéresse enfin à son histoire et son architecture « spectaculaire », pensée pour impressionner les juges du CIO lors de la candidature pour les Jeux olympiques de 1960. En 2008, une étude scientifique avait établi l’incontestable valeur patrimoniale du stade – architecturale, technique, sociale –, valeur exceptionnelle confirmée depuis par une commission de spécialistes créée ad hoc. Aujourd’hui, dix ans plus tard, le débat est vif, caricatural par moment, opposant (encore et toujours) « nostalgiques » et « progressistes ». La mémoire collective est ici mise à l’épreuve d’une valeur d’usage contestée. « Ouvrage d’exception » qui mérite d’être sauvegardé, ou bâtiment obsolète qui entrave le développement de la « ville durable » ? À l’heure où le stade d’Helsinki (1936) est soigneusement restauré dans les règles de l’art du patrimoine monumental, et, à l’opposé, la menace pèse sur une icône de l’art de l’ingénieur, le stade de Florence de Pier Luigi Nervi (1932), l’histoire récente du Stade olympique de Lausanne incarne le questionnement engagé à l’échelle européenne autour de la préservation des grandes infrastructures urbaines du xxe siècle.

  • Research Article
  • 10.3917/lhom.247.0191
Comment la sensibilité se pratique : la sociogenèse du sourire et du rire dans la petite enfance
  • Dec 14, 2023
  • L'Homme
  • Wilfried Lignier

Centré sur la pratique du sourire et du rire, l’article s’intéresse aux transformations de la sensibilité dans la petite enfance. Il se fonde sur l’observation directe et l’enregistrement audiovisuel d’enfants âgés de 4 à 15 mois, pris en charge dans une crèche française. La notion de pratique est mobilisée dans un sens fort, permettant de cibler l’activité individuelle en deçà de l’action intentionnelle, mais aussi au-delà du pur réflexe. L’hypothèse centrale de l’article est que, sur la base de possibles corporels génériques, la sensibilité se transforme au gré de la diversification des orientations pratiques qui la caractérisent. Ainsi, aux sourires et aux rires quasi réflexes, déclenchés par l’échange de regards, se substituent progressivement, d’abord, des sourires et des rires associés à la production d’incongruités matérielles, puis des sourires et des rires relevant de l’exercice émergent d’un pouvoir symbolique – les jeunes enfants souriant et riant alors en direction d’autrui, pour valoriser ce qu’ils ont, ce qu’ils font, et finalement ce qu’ils sont. Ces transformations ne relèvent pas d’un simple apprentissage individuel, isolé de la collectivité et de l’histoire : elles sont soutenues par des interactions (en particulier avec des adultes) et par des institutions (y compris matérialisées dans des images et des objets accessibles aux enfants). Elles semblent par ailleurs s’accompagner d’une différenciation sociale progressive : non seulement parce que les pratiques sensibles les plus élaborées dépendent (déjà) de dispositions inégales, mais aussi parce qu’elles sont susceptibles de générer des inégalités nouvelles (ici, entre les enfants capables de se valoriser par le rire et le sourire, et les autres).

  • Research Article
  • 10.3917/dhs.056.0646
Razzgonnikoff Jacqueline, François-René Molé. Biographie , Paris, Classiques Garnier, coll. « Biographies », 2022.
  • Apr 25, 2024
  • Dix-huitième siècle
  • Martial Poirson

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  • Research Article
  • 10.4000/estampe.3819
La Naissance de l’image en taille-douce
  • Apr 15, 2023
  • Nouvelles de l'estampe
  • Pierre Lancelin

S’interroger sur la nature de la matrice en taille-douce conduit à envisager une pluralité de supports. Ce qui les unit, c’est que l’artiste va les travailler sans pouvoir, comme en lithographie, contrôler visuellement ce qu’il fait. Il est momentanément aveugle. Sa cécité pourra avoir été féconde, et son estampe pleine de bonnes surprises après le passage de l’épreuve, mais sera-t-elle exactement comme il la voulait ?

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