La brique et la petite cuillère : sources matérielles du patrimoine carcéral
Cet article est basé sur une recherche financée par la DAP / Ministère de la Justice, menée entre 2023 et 2024 sur le fonds patrimonial conservé à l’École nationale de l’administration pénitentiaire (énap) et reprend certains des éléments parus en 2025 dans le volume n° 94 de la collection « Travaux et Documents » de la DAP.Afin de parcourir certaines des sources pertinentes pour l'histoire matérielle de la prison, l'article propose une exploration de deux corpus : le premier est la collection conservée à l’énap, dont les origines sont à chercher à la fin du XIXe siècle. Ce fonds permet d’historiciser les continuités et les ruptures dans la prise en charge des détenus et dans les pratiques pénitentiaires, par des artefacts aux origines et aux trajectoires diverses et inégales. L'architecture carcérale forme l’autre versant de ce patrimoine matériel, aujourd'hui menacé et peu reconnu par les institutions : fréquemment confrontée à des entretiens insuffisants, ne garantissant ni sa pérennité ni sa capacité à recevoir de nouvelles fonctions, elle n’est que rarement sauvegardée, exceptionnellement au titre de son usage pénitentiaire. Son importance apparaît néanmoins cruciale, notamment pour saisir l’histoire carcérale par l’expérience des lieux.