L'histoire de l'art et la crise des sciences humaines : Josef Strzygowski et Hans Sedlmayr
Le thème de la crise était un motif commun à la philosophie et à la critique de la culture (Kulturkritik) de la période de l’entre-deux-guerres. Le livre très influent d’Oswald Spengler, Le Déclin de l'Occident, publié en 1918, prédisait l’effondrement de la civilisation occidentale comme élément d’un cycle du développement historique, tandis que les conférences sur la crise dans les sciences humaines prononcées par Edmund Husserl à la fin des années 1930 évoquaient l’image d’une modernité aliénée, séparée du monde de la vie (Lebenswelt). Cet article étudie le cas de deux autres auteurs qui développèrent une pensée de la crise : Josef Strzygowski et Hans Sedlmayr. Le livre de Strzygowski, La Crise des sciences humaines, paru en 1923, met en avant le modèle d’un nouveau genre d’histoire de l’art qui surmonterait ce qu’il envisageait comme la crise des sciences humaines traditionnelles, tandis que de son côté Sedlmayr publiait en 1951 La Perte du centre, une critique de la fragmentation et de l’aliénation de l’art et de la culture modernes. Ces travaux ont habituellement été écartés d’emblée comme produits d’une pensée profondément régressive, et si cet article ne cherche pas à défendre leurs aspects problématiques, il souligne la nécessité de lire attentivement chacun de ces deux textes. Il soutient l’idée que Strzygowski en particulier, ne doit pas être vu tellement comme un conservateur résolument antimoderne, mais plutôt comme la voix d’un modernisme réactionnaire cherchant à articuler une vision alternative de ce que l’art et la culture modernes pourraient être. Une telle analyse nécessite par conséquent une nouvelle appréciation du paysage de l’école viennoise et de la place de la modernité au sein de ce dernier.
- Research Article
- 10.1017/ahss.2025.3
- Dec 1, 2024
- Annales. Histoire, Sciences Sociales
Les historiens ont fait preuve d’une étonnante indifférence à l’égard des dimensions juridiques de l’« empire informel ». Cet article montre que les pratiques juridiques ont en réalité créé et soutenu une indétermination de souveraineté. Nous nous intéressons à Pitcairn, une petite île isolée du Pacifique, peuplée en 1789 par une poignée de Britanniques et de Tahitiens après la mutinerie du Bounty. Administrateurs britanniques, professionnels du droit, voyageurs et historiens ont avancé un enchevêtrement de revendications, chacune liée à une chronologie particulière, sur la manière dont Pitcairn est devenue britannique. Une des thèses qui ressort de ces controverses est qu’un capitaine de la marine britannique aurait pris possession de l’île en 1838. Nous remettons en question cette version ainsi que d’autres récits prédominants en montrant comment les multiples reconfigurations des liens entre l’île et l’empire ont non seulement empêché la première d’être absorbée dans le second, mais également de devenir une entité indépendante. Les visites intermittentes des officiers de la marine britannique ont progressivement constitué un système juridique improvisé, tandis que des factions rivales parmi les habitants de l’île ont orienté les agents impériaux dans le soutien de projets locaux, y compris des tentatives de prise de pouvoir sur l’île. Pendant un siècle et demi, ces processus ont maintenu Pitcairn au seuil de l’empire. La portée de cette histoire dépasse largement le cas de ce minuscule territoire. En nous appuyant sur une étude micro-historique de Pitcairn afin d’éclairer plus largement l’agencement des relations entre entités politiques, nous montrerons que cette souveraineté indécise a pour origine ce que nous proposons d’appeler les « circuits juridiques » de l’empire au xixe siècle.
- Research Article
- 10.5802/xups.2016-00
- Aug 6, 2024
- Journées mathématiques X-UPS
Les textes réunis dans ce volume abordent l'analyse de grandes structures combinatoires aléatoires. C'est un thème qui se situe à l'interface de différents aspects des probabilités : les structures d'arbres aléatoires apparaissent naturellement dans l'étude de l'évolution de populations, tandis que les modèles sur réseau sont le cadre naturel de la physique statistique et de l'optimisation combinatoire. Igor Kortchemski s'intéresse à de grands arbres aléatoires qui décrivent la généalogie d'une population se reproduisant de manière asexuée. Ce modèle a été introduit à la fin du xix e siècle par Bienaymé d'une part, Galton et Watson d'autre part, pour prédire l'extinction des noms nobles en Angleterre. L'auteur étudie la géométrie de ces arbres en les codant par des marches aléatoires conditionnées, qu'il analyse à leur tour en utilisant des arguments combinatoires et analytiques. Grégory Miermont propose quelques exemples d'analyse de grandes structures combinatoires aléatoires, que l'on peut définir naturellement en termes de modèles simples d'arbres couvrants sur le graphe complet. Enfin, Vincent Beffara présente des progrès récents, d'inspiration probabiliste, dans l'étude des marches auto-évitantes, à savoir des chemins sur le réseau euclidien, issu de l'origine, et qui ne passent jamais deux fois par le même site. La médaille Fields décernée à Stanislav Smirnov en 2010 récompensait ses travaux sur des sujets proches. Nous tenons à remercier la direction de l'École polytechnique, la Direction des Services de l'Enseignement et le Centre Poly-Média, pour l'aide matérielle importante qu'ils ont apportée à la préparation de ces journées et à la publication de ce volume. Nous remercions aussi le secrétariat du Centre de Mathématiques Laurent Schwartz, notamment Carole Juppin et Marine Amier, qui assure chaque année le bon déroulement des journées.
- Research Article
- 10.14428/regardseco2003.10.02
- Oct 12, 2018
- Regards économiques
Contrairement à ce que certaines personnes pourraient croire, notamment certains Ministres du Gouvernement actuel, l’enjeu principal pour les finances publiques de la Belgique n’est pas d’avoir un équilibre budgétaire à court terme. Le véritable enjeu, c’est la situation des finances publiques à long terme. En effet, au cours des prochaines années, les finances de l’Etat seront mises sévèrement sous pression par le choc démographique lié au vieillissement de la population.
 L’ampleur de l’impact budgétaire du choc démographique est souvent mesurée par ce que les spécialistes appellent «le coût budgétaire du vieillissement». La mesure de ce coût est un problème éminemment technique, mais elle a des implications importantes sur les choix politiques. Ainsi, il y a un an, le Comité d’Etude sur le Vieillissement (CEV) estimait le coût budgétaire du vieillissement d’ici 2030 à 2,6 % du PIB dans le pire des scénarios et concluait que la baisse des charges d’intérêt sur la dette publique serait suffisante pour couvrir ce coût. Il y a quelques mois, son appréciation était nettement moins optimiste : le coût budgétaire était estimé à plus de 4 % du PIB, et une stratégie beaucoup plus active était recommandée.
 Ce revirement soudain dans les estimations et les recommandations du CEV montre combien une stratégie budgétaire, que certains croyaient jadis solide et adaptée, peut apparaître fragile le lendemain, notamment parce que le cadre macroéconomique a soudainement changé. Dans le dernier numéro de Regards Economiques (n°16), nous remettons en cause la stratégie budgétaire actuelle au travers de quatre questions déplaisantes.
 
 La constitution du Fonds de vieillissement garantit-elle les droits à la pension ? Alors que le Fonds de vieillissement constitue un élément important de la stratégie du gouvernement pour affronter le choc démographique des années à venir, il ne pourra véritablement remplir la mission pour laquelle il a été créé qu'en cas de réduction accélérée de la dette publique. Ce n'est en effet que dans ce cas que le Fonds de vieillissement pourra compter sur un financement structurel et durable. En outre, sa création n'étaient pas véritablement nécéssaire pour faire face à l'impact budgétaire du vieillissement, car il s'agit simplement d'une manière particulière de réduire la dette publique. Il aurait été plus transparent de se fixer un objectif en termes de dette publique. Au delà de son inutilité de principe, le Fonds de vieillissement peut exercer un effet néfaste sur les décideurs politiques et les citoyens en leur laissant croire que le problème du vieillissement est réglé.
 La réforme fiscale risque-t-elle de compromettre la situation des finances publiques à long-terme ? La réponse à cette question est moins tranchée et donne lieu à un débat entre ceux qui estiment que la réforme est préjudiciable à la réduction de la dette publique et ceux qui y voient une manière intéressante de relancer la croissance. Pour ces derniers, néanmoins, si la réforme fiscale s’effectue sans une amélioration structurelle des finances publiques, on peut craindre qu’il faille tôt ou tard faire marche arrière, sans quoi les moyens budgétaires disponibles pour couvrir le coût du vieillissement seront insuffisants.
 Peut-on espérer une réduction structurelle du chômage qui atténue le coût budgétaire du vieillissement ?Toutes les estimations officielles du coût du vieillissement se basent sur l’hypothèse que, d’ici 2030, le taux de chômage de l’économie belge aura spontanément diminué de moitié. L’argument évoqué repose sur une diminution de la population active couplée à un maintien du nombre d’emplois disponibles. Cette approche est particulièrement naïve et n’est conforme à aucun des modèles économiques sérieux connus actuellement. Dans le long terme, le taux de chômage dépend des caractéristiques structurelles de l’économie et non de la taille de la population active. Selon nous, rien ne permet donc de penser que le taux de chômage diminuera substantiellement au cours des prochaines années. Au contraire, il se pourrait même qu’il reste pour longtemps à son niveau actuel.
 La croissance économique pourrait-elle rester faible pour longtemps ? Une croissance économique élevée sur le long terme permettrait certainement à la Belgique de supporter plus facilement le coût budgétaire du vieillissement. Les projections officielles extrapolent un taux de croissance autour de 1,75 % - 2 % par an jusqu’en 2030. Rien n’exclut cependant une scénario «catastrophe» où la croissance resterait molle pour longtemps, disons autour de 1 % par an. Le vieillissement de la population pourrait en effet exercer des conséquences négatives sur le dynamisme de notre économie, et sur sa capacité à innover. En outre, d’un point de vue historique, il apparaît que les années de croissance soutenue à 2 % sont limitées à des sous-périodes précises, ce qui rend une extrapolation automatique vers 2030 hasardeuse.
 
 Selon nous, en poursuivant la stratégie actuelle, le risque est grand que les moyens budgétaires disponibles pour faire face aux différentes obligations de l’Etat soient insuffisants. Un stratégie plus crédible pour absorber le choc démographique imposera tôt ou tard aux décideurs politiques de choisir entre revoir l’âge de la retraite, baisser le niveau des pensions et augmenter les cotisations sociales – ou tout mélange de ces trois options. Il s’agit bien entendu d’un choix politique difficile. Il serait toutefois dangereux de se cacher derrière des évaluations budgétaires trop favorables ou des artifices comptables pour éviter d’effectuer les choix nécessaires.
- Research Article
- 10.14428/regardseco2006.04.01
- Oct 12, 2018
- Regards économiques
Ce numéro de Regards économiques se concentre sur divers aspects du "plan Marshall" (ci-dessous "le plan") qui ont un lien direct avec le marché du travail en Wallonie. Il les situe par rapport à son fonctionnement, par rapport à certaines politiques fédérales et à la problématique salariale en Belgique et dans ses régions.
 Face aux difficultés à pourvoir certains types d'emplois vacants en Wallonie et au manque simultané d'opportunités d'emploi, quels sont les remèdes ? Où le plan peut-il agir ?
 “Le problème de la Wallonie, c'est le manque d'offres d'emploi”, entend-on dire souvent. D'un autre côté, depuis quelques années, est apparue la problématique des postes vacants difficiles à pourvoir (ou des "fonctions critiques"). Bien que la coexistence de ces deux problèmes n'ait rien de surprenant, on a de bonnes raisons de se soucier simultanément de chacun d'eux. Divers mécanismes sont à prendre en compte. Le “plan” agit sur certains d'entre eux mais doit être complété par des outils fédéraux.
 
 Le plan devrait par divers canaux stimuler à terme le nombre de postes vacants créés (renforcement de l'innovation, stimulation de la création d'activités et création de “pôles de compétitivité”). Il est trop tôt cependant pour en juger. L'essentiel dépendra de la capacité de nos institutions publiques et privées à mettre ces actions en œuvre avec efficacité.
 Dans ses domaines de compétence, le "plan" prévoit des mesures qui devraient favoriser la conciliation entre vie familiale et professionnelle (renforcement des capacités d'accueil de jeunes enfants et d'aide «aux personnes dépendantes» par le recrutement de près de 2000 emplois subventionnés dans le secteur non marchand). Ceci devrait faciliter l'acceptation d'une offre d'emploi.
 Le FOREM et des organismes privés cherchent à faciliter la rencontre entre demandeurs d'emplois et postes vacants. Le plan prévoit un renforcement des moyens du FOREM à cet égard mais uniquement en faveur des stagiaires en formation au sein du FOREM lui-même. Cette restriction est difficile à justifier.
 Comme les difficultés de recrutement tiennent aussi à un déficit de compétence, le "plan" prévoit un renforcement de l'effort de formation, en particulier pour les fonctions identifiées comme critiques et dans les secteurs liés aux pôles de compétitivité. Cette sélectivité apparaît cohérente. Divers instruments renforcés par le "plan" (le Plan Formation-Insertion, l'apprentissage des langues, l'enseignement en alternance) ne sont pas nouveaux. Ils ont fait parfois l'objet d'évaluations critiques. On attend des décideurs qu'ils prennent la pleine mesure des conclusions essentielles de celles-ci parallèlement à l'octroi de moyens supplémentaires. Le "plan" intègre la création d'un instrument nouveau par la Communauté française: les Centres de Technologies Avancées. Il s'agit de labelliser et de renforcer les moyens d'établissements scolaires spécialisés dans des secteurs porteurs d'emploi. Ces centres s'ajoutent à une autre structure, créée assez récemment par la Région wallonne et dénommée les Centres de compétence. Etant donné la rapidité des évolutions technologiques, l'enjeu est de taille. La sélection des projets et la coordination entre la Région et la Communauté seront ici aussi déterminants.
 La difficulté à pourvoir des emplois vacants est aussi liée à des facteurs non monétaires nuisibles à la qualité de l'emploi (horaires difficiles, risques d'accident de travail, etc.), au statut social associé ou non à l'emploi et aux images que l'on a de la fonction offerte (voir la récente étude du DULBEA sur ce sujet). Dans le cadre du "plan", le FOREM a récemment mis en place un “plan d'action”qui vise notamment à agir sur certains de ces aspects.
 
 Sans oublier les actions régionales dans le domaine du transport public et du logement, qui ne relèvent pas du "plan", pour promouvoir davantage une meilleure rencontre entre les emplois vacants et les demandeurs d'emploi, la Région wallonne doit en particulier s'appuyer sur les instruments suivants, qui sont essentiellement du ressort de l'Etat fédéral :
 
 On sait que les gains monétaires immédiats en cas de reprise d'emploi se sont accrus dans bien des cas entre 1999 et 2003. Ces gains paraissent toutefois demeurer fort faibles en cas de reprise d'un emploi à bas salaire et à temps partiel. Le gouvernement fédéral s'est engagé à adapter périodiquement les prestations de remplacement de revenus des salariés. Face à cela, pour éviter le développement de désincitants à la reprise d'emploi, toute modification de la (para)fiscalité devrait avoir un double souci : (a) elle devrait atteindre les catégories au bas de l'échelle des revenus du travail d'une manière immédiatement tangible pour celles-ci (via en particulier les cotisations personnelles ou le précompte professionnel); (b) cependant, on ne peut alléger la (para)fiscalité au bas de l'échelle des revenus sans un ajustement dans le même sens pour les revenus plus élevés sous peine de créer des incitations perverses qui réduiraient la base taxable.
 Il est possible que le plan d'activation du comportement de recherche d'emploi entraîne une augmentation de l'effort de recherche. Les évaluations sont en cours. Pour autant qu'elles stimulent effectivement l'effort de recherche d'emploi, les politiques actives rendant celui-ci plus efficace (conseillers en recherche d'emploi, ateliers de recherche active, stage de mise en situation professionnelle) peuvent stimuler une embauche durable, ainsi que l'a montré une évaluation en France. Le plan d'accompagnement des chômeurs pourrait affecter le comportement de recherche d'emploi par ce canal et pas uniquement par le contrôle qu'il exerce.
 
 Coûts salariaux et productivité : Faut-il régionaliser la formation des salaires, alléger le coût du travail ?
 Le “plan” n'aborde qu'incidemment la problématique du coût du travail. A-t-il tort ? En soi, non, car la matière est fédérale. Cette problématique et celle de la productivité sont néanmoins en toile de fond du "plan" et de bien des débats. Nous avons donc estimé utile de consacrer un part de ce numéro à ces aspects.
 Sur base des récentes statistiques de l'ICN, comparés à la Wallonie, le coût salarial par personne est dans la plupart des secteurs supérieur en Flandre (en moyenne, l'écart est de 8 % en 2003) mais la productivité du travail est dans la plupart des secteurs supérieure en Flandre (en moyenne, l'écart est de 14 % en 2004). En combinant ces informations pour 2003, on conclut que le coût salarial par unité de valeur ajoutée est en moyenne inférieur de 4,5 % en Flandre. Ces moyennes cachent néanmoins une hétérogénéité sectorielle importante.
 De ce constat, on peut être tenté de conclure qu'il faudrait abandonner la formation des salaires au niveau (interprofessionnel et sectoriel) fédéral au profit d'une négociation à un niveau régional ou local. Ceci devrait conduire à une meilleure prise en compte des conditions locales du marché du travail lors de la négociation salariale. Nous émettons des doutes sur l'efficacité d'une telle approche. Il est bien établi que les salaires réagissent faiblement au niveau du chômage en Belgique. Rien ne permet de penser qu'une forme de régionalisation modifierait l'ampleur de cette saine réaction. Plus fondamentalement, les résultats d'une négociation se jugent par comparaison aux résultats obtenus par d'autres négociations salariales. Si donc on découpe les commissions paritaires nationales en commissions (sous-)régionales, on doit s'attendre à un effet de comparaison très puissant entre les ex-membres de la même commission nationale. Une régionalisation des négociations est alors moins efficace du point de vue de l'emploi qu'une négociation nationale qui prend en compte les spécificités régionales. Ceci est vrai tant pour la Flandre que pour les autres régions.
 Sans être le seul facteur pertinent (voir notamment le numéro 41 de Regards économiques relatif à la fiscalité), le coût du travail est un facteur central pour les régions belges. Outre le ciblage inadéquat des allégements structurels (fédéraux) de cotisations patronales de sécurité sociale, nous rappelons que des subventions temporaires à l'embauche présentent une efficacité du point de vue de l'insertion en emploi pour autant que le ciblage soit adéquat et la durée de subvention courte (un an devrait être un ordre de grandeur). La région wallonne a de longue date privilégié une autre option : les créations directes et/ou la subvention forte et durable d'emplois réservés aux chômeurs. Le "plan" prolonge cette option par le subventionnement de 2000 emplois supplémentaires (voir point b ci-dessus). Les secteurs bénéficiaires – dans une large mesure les secteurs publics et non-marchand – reçoivent ainsi un soutien parfois essentiel. Il nous apparaît que cette dernière motivation domine en pratique. Nous ne voyons donc pas les raisons de réserver ces emplois à des personnes disposant de statuts spécifiques – souvent complexes à définir.
 Que faut-il faire et, surtout, ne pas faire en matière d’évaluation des politiques d’emploi ?
 L'enjeu de l'évaluation est proclamé de plus en plus souvent, en particulier par le "plan". Mais est-on bien conscient de ce que "évaluer" veut dire ? Nous sommes convaincus du contraire. Le «nombre de contrats signés», le «nombre de bénéficiaires», le «parcours des bénéficiaires sur le marché du travail» et même une comparaison grossière entre ces parcours et ceux d'un vague groupe de contrôle sont autant d’indicateurs descriptifs intéressants. Ils ne permettent cependant pas de se prononcer sur l’effet du dispositif sur les chances d’insertion des demandeurs d’emploi. Des méthodes plus sophistiquées et plus fiables existent mais elles ne s'improvisent pas. Elles requièrent du temps et un savoir-faire pointu. Nous préconisons donc ceci :
 
 Il y a lieu de penser l’évaluation d’un programme avant même son lancement. Il faudrait interdire le lancement d'une nouvelle politique avant que le processus d'évaluation n'ait été défini et reconnu pertinent par une instance indépendante.
 L'Institut Wallon de l'Evaluation, de la Prospective et de la Statistique (IWEPS) doit être doté de moyens substantiellement plus importants pour qu'il puisse notamment mener à bien ses missions d'évaluation.
- Research Article
- 10.54648/erpl2024010
- May 1, 2024
- European Review of Private Law
Chinese law on contractual fairness has recently been modified to resemble that of the United States and Europe. For a contract to be invalid, there must be both substantive and procedural unfairness. Such an approach is a reaction to the will theories of contract which arose in the nineenth century. Substantive unfairness contradicts the will theories which were concerned only with what the parties willed and not with what is fair. Requiring procedural unfairness is an attempt to salvage an element of these theories by suggesting that the reason for giving relief is some defect in the will such as a failure in the bargaining process. As we will see, it fails to account for what is really at stake. The result is an incoherence in doctrine which China imported from the West. Chinese law would have been better off on its own.Das chinesische Recht zur vertraglichen Fairness wurde vor kurzem geändert, um es dem der Vereinigten Staaten und Europas anzugleichen. Ein Vertrag ist nur dann unwirksam, wenn er sowohl inhaltlich als auch bezüglich des Prozesses seiner Entstehung als ungerecht zu bewerten ist. Ein solcher Ansatz ist eine Reaktion auf die im 19. Jahrhundert entstandenen Vertragstheorien. Die materielle Unbilligkeit steht im Widerspruch zu den Willenstheorien, bei denen es nur darum ging, was die Parteien wollten, und nicht darum, was fair ist. Die Forderung einer Unbilligkeit auch hinsichtlich des Prozesses der Entstehung des Vertrages ist ein Versuch, ein Element dieser Theorien zu retten, indem man vorschlägt, dass der Grund für die Gewährung der Entlastung ein Fehler im Willen ist, wie z. B. ein Versagen im Verhandlungsprozess. Wie wir sehen werden, wird dies dem eigentlichen Anliegen nicht gerecht. Das Ergebnis ist eine inkohärente Doktrin, die China aus dem Westen importiert hat. Das chinesische Recht wäre besser dran gewesen, sich auf sich selbst zu berufen.La législation chinoise sur l’équité en matière contractuelle a été récemment modifiée afin de la faire ressembler à celle des Etats-Unis et de l’Europe. Pour qu’un contrat soit considéré comme invalide, il doit être inéquitable tant du point de vue du fond que de la procédure. Une telle approche est une réaction aux théories de la volonté contractuelle qui ont surgi au 19ème siècle. L’inéquité quant au fond contredit les théories de la volonté qui portaient uniquement sur ce que les parties voulaient et pas sur ce qui est équitable. L’inéquité de la procédure est une tentative de sauvegarder un élément de ces théories en laissant entendre que la raison d’accorder réparation est un vice quelconque de la volonté tel que l’échec du processus de négociations. Comme nous le verrons, cela ne tient pas compte de ce qui est véritablement en jeu. Il en résulte une incohérence dans la doctrine que la Chine a importée de l’Ouest. La legislation chinoise aurait été plus efficace si elle avait été plus autonome El derecho chino sobre justicia contractual ha sido modificado recientemente para parecerse al de los Estados Unidos y Europa. Para que un contrato sea inválido, debe existir una injusticia tanto sustantiva como procesal. Este enfoque es una reacción a las teorías contractuales de la voluntad que surgieron en el siglo XIX. La injusticia sustantiva contradice las teorías de la voluntad que se preocupaban sólo por lo que las partes deseaban y no por lo que era justo. Exigir justicia procesal es un intento de salvar un elemento de estas teorías al sugerir que la razón para otorgar reparación es algún vicio en la voluntad, como un fracaso en el proceso de negociación. Como se verá, esta posición no tiene en cuenta lo que realmente está en juego. El resultado es una incoherencia en la doctrina que China ha importado de Occidente. El Derecho chino hubiera salido mejor parado sin tal incorporación.
- Single Report
- 10.70010/aogc9943
- Aug 29, 2024
Problématique de santé et de sécurité du travail et objectifs. Le secteur de l’éducation au Québec n’est pas épargné par les coûts importants qui découlent des absences pour invalidité physique et psychologique (Purenne et Busque, 2022), des départs hâtifs, comme la retraite avec des pénalités financières du personnel en fin de carrière et par le décrochage des enseignants au cours des cinq premières années de carrière. Les Centres de services scolaires (CSS) du Québec prennent en charge l’assurance des absences du travail pour invalidité (ATI) de leur personnel (en autoassurance) et colligent des données d’absence certifiées par des professionnels de la santé, ainsi que des données concernant les départs à la retraite et la démission. Le traitement de ce type de données peut informer les acteurs concernés par la santé et la sécurité du travail (SST) sur la fréquence et la durée des absences, acceptées ou non par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), ainsi que sur la relation entre les lésions professionnelles et le lien d’emploi continu (maintien en emploi) ou terminé (retraite et démission). L’objectif général de cette étude, qui est la suite du rapport de Negrini, Corbière, et al. (2018), est d’analyser et de comparer des données administratives longitudinales sur l’absence du travail et le lien d’emploi (maintien et départs) de l’ensemble du personnel d’un CSS québécois, en tenant compte de la nature de l’invalidité physique ou psychologique. Plus précisément, il est envisagé de mieux comprendre comment les jours d’absence du travail pour invalidité (ATI) peuvent avoir un lien avec le type de retraite et la démission. Méthode. Dans cette étude longitudinale, quatre banques de données administratives anonymes ont été créées sur une période de 5 et 10 ans. Ce rapport se focalise sur les analyses conduites sur des données d’ATI observées sur 5 ans. Les jours d’ATI ont été extraits pour tous les employés de tout âge ayant un statut régulier (enseignant, personnel de soutien, professionnel et cadre). Des analyses de trajectoires ont été faites sur un échantillon de 1 448 employés pour vérifier si des patrons de congés singuliers émergeaient de ces données. Des analyses de séquences ont aussi été réalisées sur un sous-échantillon de 550 employés pour tester s’il y avait des transitions d’un type d’ATI physique ou/et psychologique vers un autre. Un échantillon (N = 477) a été utilisé pour étudier selon le type de retraite (hâtive ou régulière), les jours d’ATI physique ou/et psychologique au cours des 5 années précédant la retraite du CSS. Enfin, 782 membres du personnel enseignant, de soutien et professionnel réguliers à temps plein ont fait partie de l’échantillon considéré pour les analyses relatives à leur démission ou maintien en emploi au CSS. Résultats. Les résultats de ce rapport portent spécifiquement sur les sous-échantillons observés sur 5 ans. Quatre ensembles de trajectoires d’ATI physique ou/et psychologique sur 5 ans ont été identifiés. Parmi les variables étudiées, seules les femmes sont légèrement plus à risque de tomber en congé de maladie, et ce particulièrement pour l’ATI psychologique seulement. Les analyses de séquences n’ont pas montré de patrons particuliers d’ATI, les congés de maladie étant généralement uniques. Les employés ayant pris une retraite hâtive sont surtout des enseignants qui travaillent dans le secteur préscolaire/primaire. L’âge moyen de ces employés est inférieur d’environ 3 ans à celui des employés ayant pris une retraite régulière. Les employés ayant démissionné ont moins d’années de service au CSS, mais également plus de cas sans absence. Leur moyenne de jours d’ATI psychologique est plus faible lors de l’évaluation à 4 ans, 2 ans et 1 an avant la dernière année travaillée au CSS, par rapport à celle des employés qui sont encore en emploi. Les liens entre l’ATI avec la retraite et la démission ne sont pas confirmés. Retombées prévisibles. Le CSS participant (direction et représentants des travailleurs) pourra se doter d’un portrait exhaustif quant à l’ATI et aux départs des membres de son personnel. À notre connaissance, tous les CSS disposent d’une banque de données administratives semblable à celle utilisée dans ce devis. À partir des résultats de l’étude, les CSS pourraient mettre en place des interventions ciblées pour la prévention de l’invalidité au travail et la promotion du maintien en emploi en santé de son personnel selon la phase de carrière dans laquelle il se trouve, notamment pour les travailleuses. La méthode d’analyse longitudinale des absences par trajectoires utilisée pour la première fois dans le domaine de la SST au Québec est ainsi disponible pour le secteur de l’éducation.
- Research Article
- 10.55431/jco.2016.29.21-27
- Sep 8, 2016
- Journal of Caribbean Ornithology
Abstract: Burgeoning human populations have created many challenges for conservation of biodiversity, as ever-larger areas of land are converted to agricultural and other forms of production. Protected reserves alone are not sufficient to sustain biodiversity in a world of increasing human needs, so it is necessary to understand the extent to which biodiversity can exist within highly altered, agricultural ecosystems. From 11 May to 8 August 2013, bird diversity was surveyed at an agricultural site on Hispaniola, utilized mainly for pasture, and the population and regeneration potential of the royal palm (Roystonea borinquena), a key nest tree species for two abundant bird species, was assessed. The site harbored 33 bird species including 32 resident species (about one-third of Hispaniola’s low-elevation resident land bird species), of which 5 are endemic to Hispaniola. Two of these endemic species, the Palmchat (Dulus dominicus) and the Hispaniolan Woodpecker (Melanerpes striatus), were the predominant species present. Seventy-six percent of species at this site showed an association with trees. The royal palm occurred mainly in wooded riparian corridors, but showed little ability to colonize pastures, suggesting possible declines in future overall tree density at this site. Ensuring adequate tree recruitment is crucial to maintaining biodiversity in agricultural and grazing zones.
 Keywords: biodiversity, deforestation, Dulus dominicus, Melanerpes striatus, Roystonea borinquena
 Resumen: El crecimiento de las poblaciones humanas ha generado muchos desafíos para la conservación de la biodiversidad, ya que cada vez una mayor cantidad de terrenos son transformados para la agricultura y otras formas de producción. Las áreas protegidas no son suficientes por sí solas para sostener la biodiversidad en un mundo con necesidades humanas crecientes, por eso es necesario entender el grado en que la biodiversidad puede existir en ecosistemas agrícolas altamente transformados. Desde el 11 de mayo al 8 de agosto de 2013 se muestreó la diversidad de aves en un sitio agrícola de La Española utilizado principalmente para el pastoreo. También se evaluó la población y el potencial regenerador de la palma real (Roystonea borinquena), una especie de árbol clave para la nidificación de dos especies muy abundantes. El sitio albergó 33 especies de aves, incluyendo 32 especies residentes (cerca de un tercio de las especies de aves terrestres de zonas bajas de La Española), de las cuales cinco son endémicas de La Española. Dos de estas especies endémicas, la Sigua Palmera (Dulus dominicus) y el Carpintero de La Española (Melanerpes striatus) fueron las especies predominantes. Setenta y cinco por ciento de las especies de este sitio mostraron una asociación con los árboles. La palma real se encontró principalmente en los corredores boscosos ribereños, pero mostró poca habilidad para colonizar pastos, lo que sugiere posibles disminuciones en la densidad total de árboles en el futuro. Asegurar un adecuado reclutamiento de árboles es crucial para mantener la biodiversidad en las zonas agrícolas y de pastoreo.
 Palabras clave: biodiversidad, deforestación, Dulus dominicus, Melanerpes striatus, Roystonea borinquena
 Résumé: L'augmentation de la population humaine entraîne de nombreux défis pour la conservation de la biodiversité, des zones de plus en plus vastes étant transformées pour l’agriculture et pour d'autres formes de production. Les espaces protégés ne sont pas suffisants pour maintenir la biodiversité dans un monde où les besoins de l’homme sont en constante augmentation. Il est ainsi nécessaire de comprendre comment la biodiversité peut persister au sein d’écosystèmes agricoles hautement altérés. Du 11 mai au 8 août 2013, la diversité de l’avifaune a été étudiée à Hispaniola sur une zone agricole utilisée principalement pour le pâturage. La population et le potentiel de régénération du Palmier royal de Porto Rico (Roystonea borinquena), une espèce d'arbre clé pour la nidification de deux espèces d'oiseaux abondantes, ont été évalués. Le site abritait trente-trois espèces d'oiseaux dont trente-deux espèces résidentes (environ un tiers des espèces résidentes d’oiseaux terrestres de basse altitude à Hispaniola), dont cinq espèces endémiques d’Hispaniola. Deux de ces espèces endémiques, l’Esclave palmiste (Dulus dominicus) et le Pic d'Hispaniola (Melanerpes striatus), étaient prédominantes. Soixante-seize pour cent des espèces de ce site étaient associées aux arbres. Le Palmier royal de Porto Rico était principalement présent dans les corridors de ripisylve, mais montrait peu de capacité à coloniser les pâturages, ce qui indique un risque de baisse de la densité des arbres sur ce site dans le futur. Il est donc essentiel de veiller à ce que la régénération de ce palmier soit suffisante pour que la biodiversité se maintienne dans les zones agricoles et pastorales.
 Mots clés: biodiversité, déforestation, Dulus dominicus, Melanerpes striatus, Roystonea borinquena
- Book Chapter
- 10.4000/13mas
- Jan 1, 2022
Plus de quatre-vingts ans après la guerre civile et quarante-cinq ans après la mort du dictateur et le retour de la démocratie en Espagne, le passé reste une blessure ouverte pour les acteurs encore en vie et un lourd héritage pour les nouvelles générations. La récupération de cette mémoire a été soumise à des censures et autocensures liées notamment aux conditions de la Transition démocratique. Dans le cadre de cet article, notre propos sera de questionner la représentation du premier franquisme que se donnent trois générations différentes, nées dans les années 1940, 1950 et 1970, dans le roman graphique. Après le boom des romans de la mémoire, la bande dessinée et le roman graphique prennent le relais auprès d’un public plus jeune et souvent ignorant de ce passé. Militantisme de la mémoire pour les uns, découverte des oublis de l’Histoire pour les plus jeunes, la bande dessinée est devenue une autre forme de lire, d’exprimer et de transmettre ce passé. Dans l’espace de ce texte, nous nous attacherons à la représentation de cette mémoire, à l’évolution de ses formes et à la vision de ces années qui restent un traumatisme pour un pays qui n’a jamais pu juger ses bourreaux et faire face à son passé totalitaire.
- Single Book
- 10.3726/b22156
- Mar 7, 2025
«L’essai le plus systématique dans la remise en cause de manière raisonnée des analyses sur le (contre)terrorisme contemporain.» (Didier Bigo, préfacier de ce livre) Les notions de fanatisme et d’impérialisme permettent-elles sérieusement d’expliquer le terrorisme et les guerres contre celui-ci? Et si notre comprehension de ces phénomènes devait être repensée à l’aune de ce que René Girard appelle le mimétisme, à savoir l’idée selon laquelle les uns et les autres s’imitent pour produire, ensemble, l’escalade de la violence? S’appuyant sur une enquête socio-historique à base d’archives et d’entretiens, l’auteur analyse comment djihadistes, responsables politiques, journalistes et pseudo experts en «radicalisation» ont pendant trente ans sapé la réflexion stratégique pour produire un monde où les attentats ont répondu aux bombardements et les bombardements aux attentats.
- Research Article
- 10.14428/regardseco2013.03.02
- Oct 12, 2018
- Regards économiques
A une époque où les restructurations et les licenciements collectifs sont omniprésents, les perspectives en cas de perte d'emploi apparaissent extrêmement sombres. Pour objectiver cette perception, ce numéro de Regards économiques quantifie le nombre global de demandeurs d'emploi wallons par offre d'emploi en 2012. On entend souvent dire qu'il y aurait globalement une opportunité d'emploi pour environ 40 demandeurs d'emploi sur le territoire wallon. Nous expliquons en quoi le mode de calcul sur lequel repose cet ordre de grandeur est critiquable et nous proposons une mesure améliorée du ratio moyen entre demandeurs d'emploi et emplois vacants en Wallonie. Selon notre calcul, il y avait, en 2012, de l'ordre de 5 demandeurs d'emploi wallons par opportunité d'emploi diffusée par le Forem. Ce nombre baisse davantage si l'on tient compte des offres d'emploi non publiées au Forem, des postes vacants intérimaires ou des offres transmises par les autres Régions ou d'autres partenaires du Forem. Nous concluons qu'il y a bien un manque relatif d'offres d'emploi par rapport au nombre de chômeurs en Wallonie, mais on est loin de l'ampleur habituellement rapportée. Soulignons toutefois que diviser un nombre total de demandeurs d'emploi par une mesure globale des emplois vacants n'apporte aucun éclairage sur les facteurs qui freinent la rencontre entre les demandeurs d'emploi et ces offres.
 "Le problème de la Wallonie, c'est le manque d'offres d'emploi", entend-on dire souvent. Pour étayer cette affirmation, d'aucuns s'appuient sur des statistiques renseignant le nombre de demandeurs d'emploi par offre d'emploi vacante. A titre d'exemple, le SPF Travail, Emploi et Concertation Sociale rapporte (voir http://www.emploi.belgique.be/moduledefault.aspx?id=21166#AutoAncher7, tableau IDH03) qu'en 2012, il y avait plus de 40 demandeurs d'emploi par opportunité d'emploi en Wallonie. Pour établir ce ratio, le SPF met en rapport, d'une part, le nombre de demandeurs d'emploi inoccupés wallons recensés par le Forem au 30 juin 2012 et, d'autre part, le nombre d'emplois vacants que ce même organisme recense (hors emplois intérimaires) et qui sont en suspens (c'est-à-dire non satisfaits) au 30 juin 2012. Ce mode de calcul est critiquable à plus d'un titre :
 
 Que nous apprend ce rapport qui divise un stock de chômeurs au 30 juin et un stock d'offres d'emploi en attente d'être satisfaites au même moment ? L'inverse de ce rapport, à savoir 1 divisé par 40, soit 2,5 %, nous renseigne la probabilité instantanée moyenne qu'un chômeur wallon trouve un emploi s'il n'y avait aucun frein à l'appariement. Les demandeurs d'emploi présents dans le stock le 30 juin 2012 avaient donc au mieux 2,5 % de chances de s'apparier le lundi 2 juillet 2012 avec un emploi vacant disponible dans le stock. Ce pourcentage est faible, mais il est normal que les chances de trouver une opportunité d'emploi soient d'autant plus petites que la durée pendant laquelle on est susceptible de trouver un emploi est courte (l'instant qui suit). Si on prend un horizon de temps plus long (comme celui d'une année), de nouvelles offres d'embauche apparaissent, celles qui étaient disponibles à la fin de mois de juin sont progressivement pourvues. Par ailleurs, des personnes entrent en chômage, renforçant la concurrence pour les emplois disponibles, tandis que d'autres quittent le chômage, atténuant cette même concurrence. En tenant compte de ces flux et en utilisant les mêmes concepts de chômage et d'emploi vacant que ceux du SPF, nous obtenons un ratio de 5 demandeurs d'emploi wallons par opportunité d'emploi en 2012, soit 8 fois moins que celui rapporté par le SPF.
 Le nombre de postes vacants pertinents pour les demandeurs d'emploi wallons se distingue du nombre d'offres d'emploi recensées par le Forem. Cette affirmation renvoie notamment au fait que le taux d'utilisation du Forem comme canal de recrutement par les employeurs wallons serait de l'ordre de 50 %. Si on inclut une correction des opportunités d'embauche en Wallonie pour celles non diffusées par le Forem, il y avait, en 2012, de l'ordre de 3 demandeurs d'emploi wallons par opportunité d'emploi sur le territoire wallon. Ce nombre augmente si on restreint les offres aux seuls contrats à durée indéterminée. Ce nombre baisse si l'on tient compte des offres d'emploi intérimaires ou encore des offres transmises par les autres Régions dans le cadre de l'accord sur l'échange systématique des offres d'emploi entre les organismes publics régionaux de l'emploi et d'autres partenaires.
 
 Ce regard sur la situation globale du marché du travail wallon en 2012 n'a naturellement pas valeur de prédiction pour 2013, qui devrait être, selon plusieurs sources, plus défavorable sur le plan des créations d'emploi et du chômage. Selon le Forem (Marché de l'Emploi, Février 2013, p. 5), en janvier 2013, «le nombre d'opportunités d'emploi diffusé par le Forem est en recul sur base annuelle : - 19,1 % par rapport à janvier 2012. Cette baisse ne concerne pas celles bénéficiant d'aides publiques (+ 2,8 %)». En janvier 2013, le nombre de demandeurs d'emploi inoccupés wallons était quant à lui supérieur de 1 % par rapport à janvier 2012.
- Research Article
- 10.52155/ijpsat.v38.2.5293
- May 16, 2023
- International Journal of Progressive Sciences and Technologies
Madagascar est un pays riche en ressources minières. Les grandes sociétés sont les plus avantageuses à l’exploitation de ces gisements car elles ont les moyens les plus performants pour l’extraire. Pour le cas des ressources aurifères, les petits exploitants sont nombreux mais leur technique d’extraction est encore traditionnelle comme la bâtée qui est une méthode fatigante, hasardeuse et à faible rendement. Par contre, le bio indicateur aurifère, une nouvelle technique pratiquée par plusieurs pays et développée dans le cadre de ce travail de recherches est simple, facile à employer et avantageuse surtout pour déterminer et localiser rapidement le gisement aurifère. Tout le monde peut l’appliquer. La maîtrise de cette technologie permettra d’améliorer les conditions de vie de la population et par ricochet au développement local et évidemment dans pays tout entier.C’est grâce à cette recherche qu’on a pu mettre en évidence l’effet aurifère sur le bananier plantain, l’avocatier et la tige de riz d’une rizière dénommée : Botely. La croissance du bananier, de l’avocatier et de la tige de riz est handicapée par l’effet de l’or dans l’échantillon de sol et ces végétaux ne peuvent plus pousser normalement et n’a pas donné de fruit sous l’effet de l’or dans le sol. Ce qui a permis de considérer ces trois végétaux à grain comme bios indicateurs aurifères dans le fokontany d’Ambohitsara de la commune d’Ikianjavato. cinq éléments chimiques accompagnent toujours l’or, ce sont : l’arsenic, le sélénium, l’antimoine, l’argent et le tellure. Le résultat d’analyse de l’échantillon de sol importé de la zone d’étude, c’est à dire sol pris au pied respectif du bananier plantain, de l’avocatier mort et dans la rizière Botely a prouvé l’existence de ces cinq éléments. Un autre essai d’expérimentation effectué au laboratoire du CNRIT sur les sols importés de la zone d’étude a prouvé que : le sol aurifère pris au pied du bananier nain contient de l’or et cet or contenu dans ce sol pénètre dans le bananier à travers ses racines pour retarder non seulement la croissance de la plante, mais aussi virer la couleur verte des feuilles de la plante en couleur jaune. Par rapport à un bananier témoin, celui qui a poussé avec le sol aurifère présente la caractéristique suivante après un an et demi de plantation : hauteur très petite (25 cm), largeur de feuille variant entre 10 et 11 cm, nombre de talles (6 au total, dont 3 petites et 3 grandes), diamètre tronc : 7 cm. En bref, le rapport entre le bananier témoin et celui qui a subi le test est presque triplé pour le cas du diamètre tronc et la largeur et longueur des feuilles. En ce qui concerne la hauteur des deux plantes, le témoin est 15 fois plus grand par rapport à l’autre.
- Research Article
- 10.4000/12wk1
- Jan 1, 2023
- Archipélies
En 1763, Jean-Baptiste Thibault de Chanvalon dans son Voyage à la Martinique, où il se rend de 1751 à 1756, consacre dans la première partie, vouée aux « Récapitulations ou Tableau des diverses productions de la Nature », une page au parler des esclaves. Tantôt narquois, tantôt admiratif devant une parole qui lui semble bien plus souvent chantée et poétique que clairement énoncée, l’observateur emprunte volontiers à la philosophie du langage pour discourir de principes, dont débat Jean-Jacques Rousseau dans son Essai sur l’origine des langues commencé en 1755 et publié en 1781, trois ans après sa mort. De ce rapprochement entre le botaniste et le philosophe émerge le principe d’une genèse de la parole, qui révèle la primauté de la sensibilité dans l’expression langagière, laquelle à son tour façonne un discours empreint d’émotion. L’émoi, loin d’être seulement la source de la parole des esclaves, en devient le vecteur. Face à la complexité de ce discours circulaire, selon lequel la parole produit une émotion qui en est paradoxalement à l’origine, la lecture principalement du chapitre deux de l’Essai sur l’origine des langues apporte une aide précieuse à qui cherche à résoudre cette contradiction apparente en lui offrant une nouvelle interprétation de ces pages du Voyage à la Martinique.
- Research Article
- 10.3406/ecoap.2015.3697
- Jan 1, 2015
- Économie appliquée
Depuis quelques années, certains économistes font de la gestion des ressources humaines (GRH) leur objet d’étude à part entière dans la cadre de ce que d’aucuns appellent la Personnel Economies. Cet article questionne d’un point de vue critique la manière dont la Personnel Economies rend compte aujourd’hui des pratiques de GRH des entreprises et propose des jalons à la constitution d’une voie alternative d’étude économique de ces pratiques qualifiée de «néo-réaliste». Celle-ci puise ses sources théoriques dans les travaux de Cyert, March et Simon qui, en prenant pleinement en compte l ’organisation, ouvrent la voie à une représentation de la GRH qui permet d’intégrer dans l’analyse ce que la Personnel Economies n’a eu de cesse d’évacuer : la dimension politique de la GRH.
- Research Article
1
- 10.19182/bft1991.227.a19711
- Mar 1, 1991
- BOIS & FORETS DES TROPIQUES
L'aménagement des forêts tropicales humides est devenu une préoccupation majeure de la fin de ce siècle. Malgré la volonté politique de gestion qui s'esquisse, la complexité des phénomènes qui régissent le fonctionnement de l'écosystème tropical génère une contrainte dans l'application concrète de ces programmes. La recherche forestière dans le domaine de la sylviculture, en complément d'autres approches plus fondamentales, par son histoire et un dynamisme retrouvé depuis une quinzaine d'années, commence à proposer des modes de traitement des peuplements applicables à grande échelle, basés sur une expérimentation rigoureuse et se soldant par des résultats encourageants dans le domaine de la productivité. Ces techniques concourent non seulement à donner une réelle consistance aux plans de gestion mais aussi créent des effets induits, tels que l'occupation effective du terrain ou l'association des populations riveraines à l'exécution de ces opérations. Ces actions, passant progressivement de la phase recherche, où les expérimentations se poursuivent activement, à une étape d'application par les développeurs, redonnent également, par la réduction des rotations, un intérêt économique nouveau au produit bois et à ses dérivés. La forêt, de ce fait, peut ainsi mieux résister à l'implantation d'autres spéculations sur son propre sol.
- Research Article
- 10.4000/12wgl
- Jan 1, 2020
- Archipélies
« En occupant un espace social privilégié, la médecine traditionnelle et les diverses pratiques qui y sont liées, sont de moins en moins marginalisées, de plus en plus admises comme ressources, et la société leur devient, du même coup, permissive. La tolérance sociale est relativement forte ». Cette lecture de la situation de la médecine traditionnelle et de sa réception dans la société, est celle de l’anthropologue et médecin martiniquais Michel Yoyo. Elle évoque la réalité de la médecine créole dans l’espace antillais et dit l’intérêt que lui portent ceux qui en font usage.L’objectif de cette article est de poser la question de la transmission du savoir médicinal en contexte martiniquais : transmission des tradipraticiens vers les profanes ; transmission entre professionnels de cette médecine. Autrement dit, comment se fait l’apprentissage, si apprentissage il y a, de ce savoir traditionnel jalousement gardé par ceux qui l’exercent ? La dimension magico-religieuse de ce savoir influe-t-elle sur sa transmission ? Quel est le rôle de la famille dans l’éducation et la transmission de ces pratiques ? Quelle est la connaissance profane accessible à tous et que détiennent certaines familles ? Celle-ci répond-elle aux attentes de la médecine traditionnelle et comment les familles procèdent-elles à sa transmission ? Quelle contribution l’institution scolaire apporte-t-elle à la sauvegarde de ce patrimoine ? Ce questionnement nous amène à nous interroger sur les pratiques en matière de médecine des Martiniquais et à considérer la coexistence entre savoir traditionnel et savoir rationnel dit moderne. On ne peut faire l’économie de ces analyses si on veut appréhender de façon objective le problème de la transmission de la médecine créole, de sa sauvegarde par – et pour – les générations montantes, en raison de l’aspect mémoriel de cette pratique thérapeutique mais également en raison de son efficacité et du potentiel important qu’elle représente pour la santé dans les années qui viennent.
- Research Article
- 10.4000/13koo
- Jan 1, 2023
- Austriaca
- Research Article
- 10.4000/13kot
- Jan 1, 2023
- Austriaca
- Research Article
- 10.4000/13kow
- Jan 1, 2023
- Austriaca
- Research Article
- 10.4000/13kox
- Jan 1, 2023
- Austriaca
- Research Article
- 10.4000/13koi
- Jan 1, 2023
- Austriaca
- Research Article
- 10.4000/13kp1
- Jan 1, 2023
- Austriaca
- Research Article
- 10.4000/13kos
- Jan 1, 2023
- Austriaca
- Research Article
- 10.4000/13koy
- Jan 1, 2023
- Austriaca
- Research Article
- 10.4000/13koh
- Jan 1, 2023
- Austriaca
- Research Article
- 10.4000/13kov
- Jan 1, 2023
- Austriaca
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