L'avenir radieux ?
Abstract The communitarian experiences of the first socialists condense a singular relationship to science. This article analyzes the place of practical knowledge—the knowledge of ordinary and daily experiences—in the socialist attempts to live together. During the nineteenth century academic sciences became more strongly structured while practical knowledge was considered less important or delegitimized. Four themes concerning the place of knowledge in community experiences are reviewed: everyday knowledge, hygiene, education and machines. In these four broad areas, early socialists made a subtle division between the use of academic science and the mobilization of practical knowledge. In everyday experiences, legitimate knowledge was required, but it did not. Practical knowledge thus did not disappear from the socio-epistemic horizon of the emancipatory current at the dawn of the nineteenth. Les expériences communautaires des premiers socialistes condensent un rapport singulier à la science. Cet article analyse la place des savoirs pratiques - les savoirs de l'expérience ordinaire et quotidienne - dans les tentatives socialistes de vivre ensemble. Au cours du XIXe siècle, les sciences académiques se sont structurées de manière plus forte tandis que les savoirs pratiques ont été considérés comme moins importants ou délégitimés. Quatre thèmes concernant la place du savoir dans les expériences communautaires sont passés en revue : le savoir quotidien, l'hygiène, l’éducation et les machines. Dans ces quatre grands domaines, les premiers socialistes ont établi une distinction subtile entre l'utilisation des sciences académiques et la mobilisation des connaissances pratiques. Dans les expériences quotidiennes, le savoir légitime était nécessaire, mais il ne l’était pas. Le savoir pratique n'a donc pas disparu de l'horizon socio-épistémique du courant émancipateur à l'aube du XIXe siècle.