Contribution potentielle de la luzerne déshydratée à la souveraineté azotée et protéique de la France
Depuis les années 1970, les exploitations agricoles françaises se sont spécialisées, augmentant leur dépendance aux intrants de synthèse et aux importations de matières riches en protéines (MRP). Les crises récentes ont ravivé les débats sur la souveraineté protéique et azotée. La luzerne, légumineuse fourragère, est une solution prometteuse pour répondre aux besoins azotée et protéique de la France. En effet, elle permet de réduire les besoins en azote minéral de 53 kg/ha/an dans une rotation culturale de 11 ans avec 3 années de luzerne. En outre, première productrice de protéines à l’hectare, c’est environ 284 000 tonnes de protéines digestibles dans l’intestin (PDI) qui sont produites chaque année. Ainsi, en augmentant les surfaces cultivées, la luzerne pourrait remplacer une grande partie du soja importé. Cependant, des défis subsistent, notamment les coûts de récolte et de conservation, ainsi que la nécessité de débouchés locaux. La filière luzerne déshydratée permet une synergie entre les zones d’élevage et de grandes cultures, contribuant à la souveraineté protéique et à la réduction des intrants de synthèse.