Choc de deux postmodernités : l'adaptation coréenne du Transperceneige
Le film Snowpiercer de 2013 du Coréen Bong Joon-ho est basé sur l'imbrication des trois tomes de la bande dessinée Le transperceneige de Rochette, Lob et Legrand (1983-2000). Le résultat est une compression des péripéties autour d'un mouvement révolutionnaire parti des « queutards » des wagons « déshérités » de l'arrière vers les wagons riches de tête jusqu'au mystérieux Wilford, grand commandeur et concepteur du train. Si les B.D. sont habitées des réflexions politico-philosophiques pessimistes de l'après 1968 en France, d'où émerge une pensée du monde postmoderne qui se voudrait globale, le film investit le récit d'une postmodernité qui a ses racines hors Occident, en Corée d'abord, mais aussi dans l'ensemble des pays non occidentaux et postcoloniaux. C'est à travers les points d’achoppement entre les B.D. et le film que nous distinguons deux postmodernités, qui parfois se recoupent, d'autres fois divergent. Celle du film régénère un imaginaire mystique chamano-taoiste et des conceptions sociopolitiques rétrofuturistes ancrées dans les traditions, tout en se présentant comme une critique et un dépassement de celle, existentielle, désabusée, fragmentée, autocritique et en mal de survie, des B.D.
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