Autonomie et santé, des valeurs en tension dans les représentations sociales de l’Éducation Thérapeutique du Patient

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L’éducation thérapeutique du patient (ETP) est une démarche qui vise l’autonomie du patient porteur de maladie chronique. Sa définition manque toutefois de clarté en raison de l’indétermination des concepts d’« autonomie » et d’« éducation » d’une part, et de la référence à deux modèles contradictoires de la « santé » d’autre part. Ces ambiguïtés conceptuelles se manifestent au plan empirique par différents enjeux psycho-sociaux. En particulier dans les situations où la volonté du patient de garder le pouvoir sur sa maladie ne converge pas avec l’objectif du soignant de limiter l’apparition des complications de la maladie. Une question tant épistémologique qu’éthique se pose : au regard des exigences de l’ETP, qui du patient ou du soignant doit définir les objectifs d’autonomie ? En l’absence d’une définition conceptuellement rigoureuse de la démarche, nous faisons l’hypothèse que ce sont les représentations sociales des soignants qui guident les pratiques. Mais qu’est-ce qui garantit que des pratiques fondées sur des représentations répondent correctement aux besoins des patients ? Et sont-elles éducatives ? Afin d’identifier si les tensions relevées au plan conceptuel se manifestent au niveau représentationnel, cette recherche se propose d’étudier les représentations sociales de l’ETP grâce à un questionnaire d’associations verbales autour de l’expression « éducation thérapeutique du patient ». Les résultats obtenus au moyen d’une analyse prototypique montrent que si l’autonomie semble d’un point de vue structural se trouver dans la zone de centralité, l’éducation est paradoxalement située dans la périphérie. Ces résultats sont à confirmer avec des études complémentaires, mais ils montrent l’intérêt de la question de la didactique en ETP.

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  • 10.1017/ahss.2024.28
« Un container de papiers »
  • Mar 1, 2024
  • Annales. Histoire, Sciences Sociales
  • Richard Banégas + 1 more

Cet article explore les dynamiques historiques et politiques qui articulent l’identification, l’état civil et la citoyenneté en Côte d’Ivoire. Il s’intéresse à des communautés rurales déplacées de Haute-Volta dans les années 1930 et installées par le gouvernement colonial français dans des « villages coloniaux » autour de Bouaflé. Maintenus jusqu’aux années 1990 dans un statut ambigu d’étrangers immigrés, ces individus rencontrent aujourd’hui encore des difficultés pour obtenir des documents d’identité auprès de l’administration locale et demeurent, malgré leur naturalisation collective, dans un statut liminal d’exception juridique et politique. À la suite de la crise ivoirienne (2002-2011), la vieille question de la citoyenneté s’est vue reformulée en termes de « risque d’apatridie » par le gouvernement et les organisations internationales. L’article reconstitue l’histoire de la discrimination de ces personnes et de leur lutte pour obtenir des « papiers ». Il montre que ni la réforme de l’état civil ni celle de la biométrie n’ont radicalement modifié leur insécurité documentaire ou les vieux stéréotypes qui continuent à structurer les représentations de l’appartenance nationale. Les « autochtones » continuent ainsi de rattacher la citoyenneté des « villages voltaïques » à la mémoire historique de la gouvernance coloniale. Il s’avère finalement que les nouvelles technologies biométriques, bien que visant à dépolitiser la question de l’identification, sont loin de réduire les risques d’apatridie et pourraient même ouvrir la voie à sa consolidation numérique.

  • Research Article
  • 10.3917/socio.153.0269
Les voisins : une bouffée d’air social ? Relations locales et entre-soi dans les réseaux personnels
  • Oct 17, 2024
  • Sociologie
  • Guillaume Favre + 1 more

Depuis plusieurs décennies, la question de l’accentuation de la ségrégation urbaine observée dans les grandes agglomérations enchevêtre celle de la formation de l’entre-soi et nourrit les politiques de déségrégation urbaine menées dans les pays occidentaux. Si de nombreux travaux sociologiques interrogent le rôle des relations de voisinage dans ce processus d’homogénéisation des sociabilités, rares sont ceux qui replacent ces relations dans l’ensemble de la vie sociale des individus et les comparent aux autres cercles sociaux (travail, cercles amicaux, études, etc.) qui font l’ordinaire de la vie sociale. À partir d’une enquête sur les réseaux personnels conduite en 2017 dans la région toulousaine, nous étudions la place des relations de voisinage dans les réseaux pour voir si et dans quelle mesure ces relations participent à la formation de l’entre-soi (entendu comme une sociabilité à la fois homogène et cohésive). Pour ce faire, nous distinguons deux types de relations locales : les sociabilités créées avec les voisins et celles nouées avec ce que nous appelons les plus que voisins. Dans l’ensemble, cet article montre que les relations avec les voisins apportent plus d’ouverture sociale que les relations avec les plus que voisins et celles détachées de tout ancrage local. Ce sont plutôt les autres contextes d’activité (travail, groupes d’amis, association, etc.), qui contribuent à renforcer l’homogénéité sociale des réseaux personnels et à les rendre plus cohésifs.

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2006.10.01
Numéro 44 - octobre 2006
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • François Maniquet

Nonante-huit pays pratiquent des politiques actives dans le but d’augmenter le nombre de femmes élues dans les assemblées législatives. De ces pays, deux seulement ont adopté des lois imposant la parité au niveau des candidats (c’est-à-dire un nombre égal d’hommes et de femmes sur les listes à tout niveau de pouvoir), la France et la Belgique.
 En France, le pourcentage de femmes élues à l’Assemblée nationale n’a augmenté, suite à la loi sur la parité que de 10,7 % à 12,1 %, laissant la France dans le dernier tiers des pays où les femmes sont le moins bien représentées. Nous expliquons, dans ce numéro de Regards économiques, qu’il ne faut pas s’étonner de cet échec apparent de la parité en France. En effet, si la parité avait engendré une diminu­tion du nombre d’hommes élus, cela aurait signifié que ceux-là mêmes qui ont voté la loi avaient scié la branche sur laquelle ils étaient assis. Quel calcul ont-ils donc fait pour accepter de voter cette loi ?
 Le système électoral français pour les législatives est un système majoritaire à deux tours où un seul candidat est élu par district. Dans la très grande majorité des districts, le résultat des urnes n'est décisif qu'au deuxième tour, qui oppose généralement un candidat de gauche à un candidat de droite. La parité augmente donc la probabilité pour un élu sortant de se retrouver au deuxième tour de l'élection dans son district contre une femme. Or, si l’électorat français, préfère, en moyenne, voter pour des hommes, cela augmente la probabilité pour un élu sortant d'être réélu.
 Mais peut-on effectivement montrer que l’électorat français, préfère, en moyenne, voter pour des hommes ? Une étude statistique a mis en évidence un tel biais, qui équivaut à un accroissement de l’ordre de 22 % de chance de l’emporter au second tour si l’on se présente contre une femme plutôt que contre un homme. L’expérience française laisse donc à penser qu’une loi sur la parité a d’autant plus de chance d’être votée (par des élus sortants masculins) qu’elle n’aura que peu d’impact sur le nombre de femmes élues.
 La parité appliquée en Belgique au niveau fédéral en 2003 a eu pour effet chez nous d’augmenter le pourcentage de femmes élues au Parlement à 34,7 %, ce qui place la Belgique au 11ème rang des pays où les femmes sont les plus présentes en politique. En quoi l’expérience belge est-elle différente de l’expérience française ? Verrons-nous une même augmentation du pourcentage des femmes élues aux élections communales et provinciales ? Ce numéro de Regards économiques propose quelques élé­ments de réponse à ces questions, à la lumière de la nouvelle économie politique, étudiant les proces­sus politiques sous l’angle des comportements stratégiques des différents acteurs.
 En quoi l’expérience belge est-elle différente de l’expérience française ?
 La Belgique a échappé au paradoxe français. Pourtant, très peu de députés masculins (voire aucun d’entre eux) ont perdu leur siège en raison de la parité. Cela s’explique par deux raisons. D’abord, l’instauration du quota s’est fait graduellement, depuis 1994, pour atteindre 50 % par étapes. Ensuite, d’autres modifications de la loi électorale ont été introduites au courant de la même période, qui ont protégé le siège des élus sortants. Les deux éléments principaux sont l’introduction d’un seuil minimal de 5 % des votes à atteindre pour accéder à la représentation (ce qui limite le nombre de partis obtenant des sièges et donc augmente le nombre de sièges pour ces partis), et la diminution du rôle des votes en case de tête (ou, pour le dire autrement, l’augmentation du rôle des votes de préférence, ce qui augmente la garantie, pour les élus sor­tants, d’être réélus, indépendamment de la place qu’ils occupent sur la liste). En conclusion, l’augmentation du nombre de femmes élues au Parlement s’est faite non pas au détriment des élus sortants (masculins) mais au détriment de nouveaux candidats potentiels (masculins).
 Verrons-nous une augmentation du pourcentage des femmes élues aux élections communales et provinciales ?
 L’augmentation du pourcentage de femmes élues au Parlement belge semble donc avoir reflété une volonté de l’électorat, volonté qui devrait également s’exprimer lors des élections commu­nales et provinciales du 8 octobre. Par contre, on peut également déceler dans le système poli­tique belge d’autres forces qui devraient limiter l’augmentation du pourcentage des fem­mes. Les deux principales forces sont celles-ci. D’abord, la possibilité offerte à l’électeur d’exprimer un vote préférentiel pour un ou plusieurs candidats au sein de la liste qu’il soutient crée une concurrence entre candidats de la même liste, ce qui n’incite pas les candidats masculins à recruter les femmes qui ont la plus grande chance d’être élue. Ensuite, l’avantage des élus sor­tants, (un avantage en termes de voix obtenues, dû à la notoriété personnelle, que l’on observe dans toutes les démocraties), est particulièrement fort en Belgique où les carrières politiques sont longues et où la pratique des permanences sociales tend à fidéliser l’électorat local. Ces élus sor­tants étant en grande majorité des hommes, cette inertie dans les résultats électoraux joue en défaveur des candidates.
 En conclusion, le système électoral crée les conditions pour une plus grande représentation des fem­mes dans les assemblées élues, et ce sera effectivement le cas si l’on croit le souhait de l’électeur exprimé lors des dernières élections législatives. Mais cette augmentation laissera malgré tout le pour­centage de femmes élues encore loin de le barre des 50 %.

  • Book Chapter
  • 10.4000/13j1i
Chapitre 7. Infrastructures financières et aide au développement : la financiarisation de l’aide française revisitée par ses circuits financiers
  • Jan 1, 2025
  • Océane Ronal

Fondé sur une enquête ethnographique réalisée au sein du groupe AFD en 2018, ce chapitre décrit différents circuits d’argent de l’aide française au développement. Pour cela, il s’attache à distinguer trois différents types d’argent, qualifiés d’argent gratuit, d’argent à intérêts et d’argent à rentabilité future. Au travers d’une étude concrète de ces argents et de leurs matérialités sociotechniques (les pratiques, les conventions et en particulier les aspirations au retour de l’argent qui les caractérisent et les distinguent), ce travail montre comment les transformations contemporaines des différentes infrastructures financières de l’aide française au développement s’opèrent au travers de microprocessus de financiarisation (des ressources, des pratiques de distribution et par assemblage de circuit) qui organisent les circuits de financement du développement autour de l’enjeu de la rentabilité. L’étude des argents, plutôt que de l’argent, permet de montrer que ce qui change, ce sont non seulement ceux qui échangent – les bailleurs, les bénéficiaires, les intermédiaires de l’aide –, mais ce que ces acteurs échangent. L’aide se révèle ainsi moins distribuée en fonction des besoins de financement locaux, qu’à condition que la ressource investie soit rentable, soulevant ce que l’autrice qualifie de paradoxe contemporain de l’aide financiarisée.

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2004.09.01
Numéro 23 - septembre 2004
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Vincent Vandenberghe

Pour le commun des mortels, le mot "capital" désigne tantôt un compte en banque, tantôt un paquet d'actions Total Fina. Ce sont là diverses formes de capital car de tels actifs génèrent de façon répétée des revenus et d'autres produits utiles. Mais ces formes matérielles de capital ne sont pas les seules. Ainsi que le soulignait Adam Smith dès le 18ème siècle, l'éducation constitue un capital à part entière. Aux yeux de l'économiste, l'école - de la maternelle à l'université - constitue donc depuis longtemps une source d'accumulation d'un capital immatériel appelé capital humain. Plus récemment, le terme a fait son entrée dans le discours des politiques. Révolution technologique et globalisation obligent, les uns et les autres s'accordent aujourd'hui pour dire que le capital humain conditionne de plus en plus la bonne ou mauvaise fortune des individus. Par agrégation, c'est toute la question du potentiel de croissance et celle du degré d'équité de nos sociétés qui seraient en jeu. Un tel contexte justifie de tenter de faire le point sur le capital humain en Belgique, sur l'évolution de son niveau et de sa qualité, mais aussi sur le degré d'équité d'accès à cette ressource.
 Et l'étude minitieuse des statistitiques disponibles débouche sur un premier constat, largement positif. Le niveau de capital humain monte ! Si l’on se réfère au nombre moyen d'années d'études, force est de constater les progrès accomplis tout au long du 20ème siècle, dans chacune des régions du pays. Ce nombre a pratiquement doublé entre les années 1920 et 2000, passant, selon les régions, de 6,5 ou 7 années à 11,5 ou 13 années.
 On doit, dans le même temps, souligner les asymétries régionales. De 1920 à 1960, Bruxelles a été la région la plus riche en capital humain. Elle est aujourd'hui la région du pays la plus pauvre, derrière la Wallonie et surtout la Flandre. Alors que Wallonie et Flandre faisaient jeu égal jusqu'au milieu des années 1960, une différence progressive se marque depuis 1970. Le handicap actuel de la Wallonie par rapport à la Flandre correspond à 1,2 année d'études. Le chiffre pour Bruxelles est supérieur à 1,5 année. Nous disposons de quelques indications concernant l'évolution de la qualité du capital humain, mais exclusivement pour le secondaire. La tendance est à l'amélioration des scores relatifs en math en Communauté flamande. Elle est inverse en Communauté française.
 Enfin, concernant l'importante question de l'équité, la tendance nette à l'égalisation des chances d'accès au diplôme secondaire intervenue en 1960 et 2000 - surtout en Flandre - s'est accompagnée du maintien d'une forte inégalité d'accès au diplôme supérieur. Par rapport à un individu dont la mère n’a pas été au-delà du primaire, celui dont la mère est diplômée du supérieur a, aujourd’hui, jusqu'à 2,5 fois plus chances de décrocher le précieux sésame.
 Chacun des indicateurs examiné ici traduit une tendance assez nette au décrochage des deux régions francophones par rapport à la Flandre. Les causes ne sont probablement pas à rechercher du côté du financement. Ainsi le décrochage de la Wallonie s’est accentué en bonne partie durant les années 1970 et le début des années 1980; période durant laquelle la dépense éducative (en % du PNB) était au sommet.
 Les explications paraissent plutôt relever de paramètres institutionnels ou organisationnels ainsi que de choix pédagogiques divergents. La communautarisation de l'enseignement se marque dès 1961, avec l’apparition de deux ministres. Les autres dates clefs sont 1980 (communautarisation partielle) et 1989 (communautarisation complète). Beaucoup d'éléments convergent par ailleurs pour suggérer que les politiques de l’enseignement ont été menées de manière plus cohérente en Flandre. Côté francophone, la plus grande division et confusion parmi les décideurs a contribué à l'avènement d’une gouvernance hybride, où se superposent des éléments antagonistes. Par exemple, celui de la concurrence des écoles et celui de la planification centralisée avec son cortège de statuts, directives et autres décisions à motiver sur le plan administratif. On sait également que les réformes comme le rénové et les pédagogies nouvelles qui les ont inspirées ont beaucoup moins marqué le fonctionnement scolaire en Flandre. Or le bilan de ces pédagogies se révèle plutôt négatif, notamment du fait de leur tendance à accentuer les écarts entre élèves.
 Epinglons enfin la forte correspondance entre le décrochage francophone en termes de capital humain et celui des performances macroéconomiques, notamment en matière d’emploi. Les travaux de nos collègues de l'UCL montrent que le découplage du niveau de l'emploi par rapport à la Flandre est intervenu dès 1975, soit approximativement au moment où l'écart Wallonie-Flandre s'est creusé sur le plan du capital humain. Il s'agit, en soi, d'une simple corrélation. Faut-il y voir une relation de cause à effet ? Et puis dans quel sens opérerait-elle ? Du capital humain vers l'emploi, au sens où de moins bonnes performances éducatives compromettraient la capacité de l'économie à créer des emplois. A moins qu'il s'agisse de l'inverse. Ou encore que ces deux phénomènes s'influencent et se déterminent simultanément.

  • Research Article
  • 10.46827/ejsss.v9i6.1741
LES COOPERATIVES DE PRODUCTEURS DE CACAO DANS LA REGION DU CENTRE AU CAMEROUN : SERVICES AUX MEMBRES ET DYNAMIQUE ORGANISATIONNELLE / THE COCOA PRODUCERS' COOPERATIVES IN THE CENTRAL REGION OF CAMEROON: SERVICES TO MEMBERS AND ORGANIZATIONAL DYNAMICS
  • Jun 8, 2024
  • European Journal of Social Sciences Studies
  • Fouepe Guillaume Hensel Fongang + 2 more

<p>Le présent article porte sur l’analyse des capacités des coopératives de cacaoculteurs de la région du Centre-Cameroun à rendre service à leurs membres de manière efficace et durable. Pour y parvenir, des enquêtes par questionnaire ont été menées auprès de 24 coopératives de cacaoculteurs, soit 168 cacaoculteurs, dont 48 responsables et 120 membres n’occupant pas de fonction. Des enquêtes au moyen d’un guide d’entretien ont été menées auprès des responsables régionaux et départementaux en charge du registre des sociétés coopératives. Il en ressort que les coopératives de cette région ont été créées et légalisées entre 1997 et 2015. La majorité est récente avec au plus 10 années d’existence (37,50% crées en 2013), avec un effectif moyen de 170 membres constitué en majorité d’hommes (78%). Le profil des membres est assez diversifié, c’est en majorité des personnes âgées entre 45 et 65 ans (59%) ayant été à l’école pour 96%. Au-delà de la cacaoculture considérée comme activité principale, beaucoup sont investis dans l’élevage comme activité secondaire. Les services principalement offerts aux membres sont l’approvisionnement en intrants agricoles (27,17%), les ventes groupées (25%) et les formations 22,83%. 52% disent être satisfaits des services rendus. Cette satisfaction se fonde sur ces services et se justifie essentiellement par les bénéfices tirés du fait de leur adhésion. L’analyse de la viabilité des coopératives de cacaoculteurs s’est appesantie sur 03 catégories : sociale, économique et organisationnelle. Au plan social, le volume des adhésions a montré que celles-ci se sont considérablement accrues entre 2012-2016 pour 71,2% d’entre elles, ce qui coïncide avec le fort taux de création de coopératives dans cette période. Au plan économique la viabilité de ces coopératives est bâtie sur l’assurance financière qu’elles offrent en multipliant les partenaires financiers et sur leurs capacités à améliorer les revenus des membres. Au plan organisationnel, leur viabilité repose sur le respect des principes de démocratie avec 92,39% des membres qui participent aux assemblées générales et aux prises de décisions. Plusieurs contraintes sociales, économiques, structurelles comme le manque de moyens financiers ou la mauvaise gouvernance fragilisent la viabilité des coopératives. Mais le respect et l’intégration des sept principes coopératifs permettrait d’améliorer leurs efficacité et viabilité.</p><p>This article focuses on analyzing the capacities of cocoa producers' cooperatives in the Central Region of Cameroon to serve their members effectively and sustainably. To achieve this, surveys through a questionnaire were conducted among 24 cocoa cooperatives, involving 168 cocoa farmers, made up of 48 leaders and 120 non-officer members. Interviews using a guide were also conducted with regional and divisional officials responsible for the cooperative societies register. It emerges that the cooperatives in this region were established and legalized between 1997 and 2015. Most are recent, with not more than 10 years of existence (37.50% created in 2013), and have an average membership of 170, predominantly men (78%). The member’s profile is diverse, with majority aged between 45 and 65 years (59%) and who 96% having been to school. Beyond cocoa farming as the main activity, many are involved in livestock farming as a secondary activity. The main services provided to members include the supply of agricultural inputs (27.17%), group sales (25%), and training (22.83%). 52% report being satisfied with the services provided. This satisfaction is based on these services and is primarily justified by the benefits derived from their membership. The analysis of the viability of cocoa cooperatives focused on three categories: social, economic, and organizational. Socially, the volume of memberships showed significant increases between 2012-2016 for 71.2% of them, coinciding with a high rate of cooperative creation during this period. Economically, the viability of these cooperatives is built on the financial assurance they offer by multiplying financial partners and on their ability to improve members' incomes. Organizationally, their viability rests on the adherence to democratic principles with 92.39% of members participating in general assemblies and decision-making process. Several social, economic, and structural constraints such as limited financial resources or poor governance undermine the viability of the cooperatives. However, respecting and integrating the seven cooperative principles could enhance their efficiency and viability.</p><p> </p><p><strong> Article visualizations:</strong></p><p><img src="/-counters-/soc/0487/a.php" alt="Hit counter" /></p>

  • Research Article
  • 10.55595/rb2z5664
Stratégies de sécurisation et modes d’accès au foncier urbain á Korhogo, au nord de la Côte d’Ivoire
  • Jun 1, 2022
  • NTELA, Revue du Centre Universitaire de Recherche sur l'Afrique
  • Yéboué Stéphane Koissy Koffi + 1 more

La question de l’accès au foncier urbain est aujourd’hui reconnue comme centrale dans la politique de développement de la ville de Korhogo. En raison des effets conjugués de la crise militaro-politique (19 septembre 2002) et de la crise post-électorale (2010-2011) qui a engendré l’absence de l’administration dans la zone CNO, la ville de Korhogo connait une extension spatiale rapide due aux lotissements illégaux initiés pendant cette période. Cette extension spatiale absorbe les espaces ruraux et agricoles périphériques. Face à cet étalement spatial démesuré, les propriétaires terriens utilisent des moyens pour sécuriser leur patrimoine. Cet article vise à analyser les stratégies développées par les propriétaires terriens et acquéreurs pour la sécurisation du foncier urbain. L’approche méthodologique adoptée s’appuie sur une synthèse bibliographique à partir des recherches antérieures et une enquête de terrain. Les résultats des investigations montrent que les acteurs sollicités pour l’acquisition des terrains urbains sont les propriétaires terriens, les géomètres, les revendeurs, la mairie et le notaire. Ainsi, l’on distingue trois grands modes d’accès au terrain dans la ville de Korhogo : l’achat, les héritiers et le don. Aussi, permettent-ils de montrer que le lotissement anticipé est le principal moyen que les propriétaires terriens se donnent pour sécuriser leurs parcelles et d’obtenir ainsi des documents administratifs permettant aux acquéreurs d’assurer leur droit de propriété sur leur espace même si cela n’empêche pas de nombreux litiges fonciers.

  • Research Article
  • 10.3406/ecoap.2014.3677
Un réexamen de l’impact des dépenses publiques sur la croissance économique dans l’espace UEMOA
  • Jan 1, 2014
  • Économie appliquée
  • Wautabouna Ouattara

L’objet de cette étude est d’analyser la structure et la spécificité des dépenses publiques des pays membres de l'UEMOA et de montrer leur influence sur la croissance économique. La question de l’impact des dépenses publiques sur l’évolution du PIB n’est certes pas nouvelle mais la mise en relation entre les spécificités de ces dépenses publiques et la croissance économique induite est un pan de l ’analyse économique qui mérite qu’on s’y intéresse davantage. La distinction entre les dépenses publiques productives et improductives est à l’origine des différents niveaux de croissance économique observés dans la région. A partir d’un modèle à équations simultanées de type Seemingly Unrelated Regressions (SURE), l’étude montre que les dépenses publiques effectuées dans l’espace UEMOA contribuent généralement à améliorer faiblement mais significativement la croissance économique. Une analyse comparée des résultats indique que les dépenses publiques des pays ayant des caractéristiques similaires expliquent la croissance économique de façon plus importante que celles des autres pays, en majorité Sahéliens, contraints d’orienter leurs efforts vers la sécurité alimentaire et la lutte contre la sécheresse.

  • Research Article
  • 10.26034/vd.fpeq.2013.136
éducation à l’égalité entre les sexes dans l’école romande, une question vive ou inerte ?
  • Jan 1, 2013
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  • Farinaz Fassa

Cet article tente de comprendre pourquoi la question de l’éducation à l’égalité entre les sexes a perdu de sa vivacité dans le contexte scolaire romand. Partant de la littérature sur les questions socialement vives en éducation, il suggère que la perte de vivacité de la question de l’égalité entre les sexes peut notamment s’expliquer par un désengagement du politique, permettant que de fausses évidences s’installent qui font perdre toute saillance à cette thématique. L’analyse des entretiens effectués avec des décideurs et décideuses du domaine scolaire et de la formation des enseignant.e.s montre que les politiques suivies depuis 20 ans peinent à intégrer la dimension de genre dans l’éducation et qu’elles la diluent au contraire dans d’autres inégalités.

  • Research Article
  • 10.52919/altralang.v6i2.469
L’hétérogénéité interactionnelle dans les consultations médicales algériennes
  • Dec 31, 2024
  • ALTRALANG Journal
  • Siham Hocini

ABSTRACT: Adopting an interactional approach, the present study addresses the issue of interactional heterogeneity (Ten Have, 1991; Lacoste, 1993), particularly in terms of knowledge, through a few medical consultations produced in French in the Algerian context. The aim of this work is to fill the scientific gaps felt in the field of research on this type of social interaction. While the doctor has more medical knowledge than the patient, he or she has no information about the patient's case (experiential knowledge (Dominicé, 2010). He must therefore deal with this heterogeneity of experiential knowledge if he is to accomplish his task of making a diagnosis. Analysis of a corpus of recorded conversations shows that the question is one of the procedures used by the doctor to determine the patient's condition. Moreover, the heterogeneity of knowledge is a driving force in medical consultations, insofar as it generates a succession of adjacent "question/answer" pairs that enable their development. RÉSUMÉ : En adoptant une approche interactionnelle, la présente étude traite de la question de l’hétérogénéité interactionnelle (Ten Have, 1991 ; Lacoste, 1993), notamment en termes de connaissances, à travers quelques consultations médicales produites en français dans le contexte algérien. Si le médecin détient plus de connaissances médicales que son patient, il ne possède pas d’informations sur le cas de celui-ci (les connaissances expérientielles (Dominicé, 2010). Il doit donc faire face à cette hétérogénéité de connaissances expérientielles pour pouvoir accomplir sa tâche, c’est-à-dire établir son diagnostic. Aussi, cette hétérogénéité interactionnelle pourrait être, d’un côté, la force motrice de ce type d’interaction, et de l’autre, une menace pour les faces (Brown et Levinson, 1987) du médecin et du patient. L’analyse d’un corpus constitué d’interactions verbales enregistrées dans un milieu médical montre que la question est l’un des procédés employés par le médecin pour cerner l’état du patient. De plus, hétérogénéité de connaissances constitue une force motrice des consultations médicales, dans la mesure où elle engendre une succession de paires adjacentes de type « question/réponse » qui permet leur développement. Par ailleurs, elle ne constitue pas une offense pour le médecin.

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2005.06.02
Numéro 31 - juin 2005
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Jean Hindriks

Ce numéro de Regards économiques se penche sur la situation économique et sociale en Wallonie. Il en dresse un large portrait, en souligne les points positifs et négatifs, et ébauche quelques pistes de réflexion sur les mesures propices à donner à l’économie wallonne un nouvel élan. 
 Dans ce numéro, nous avons pris l’initiative de nous exprimer sur un sujet qui nous préoccupe : "le malaise économique wallon". Nous avons pour ce faire regroupé l’avis de spécialistes de la question dont la renommée est établie. Ces experts sont issus de différentes universités francophones. Nous leur avons demandé d’offrir aux citoyens un portrait nuancé mais sans concession de la situation wallonne. En "officialisant" la situation économique et sociale de la Wallonie, nous espérons obliger les acteurs sociaux et les partis politiques à "reconnaître" les points faibles de l’économie wallonne. Nous refusons cette stratégie qui consiste à dissimuler la situation réelle pour ne pas saper le moral des troupes. "Cachez ce sein que je ne saurais voir" disait déjà Tartuffe, avant d’ajouter quelques scènes plus loin : "le scandale du monde est ce qui fait l’offense et ce n’est pas pécher que pécher en silence". Ce "nominalisme" ‑ on veut bien de la chose mais à condition qu’on ne la nomme pas ‑ et ce double langage constituent l’une des manifestations les plus préoccupantes de la difficulté de nos politiciens à assumer la vérité et à sortir de la représentation complaisante qu’ils ont d’eux-mêmes. Fin mai 2005, le gouvernement wallon a enfin explicitement reconnu ce qu’il a appelé "le malaise économique wallon". L’étape suivante est de dresser un constat précis de la nature du malaise, de manière à pouvoir concevoir une stratégie de politique économique adaptée au problème. C’est dans cette perspective que se situe ce numéro de Regards économiques.
 Notre objectif est donc d’apprécier la situation économique et sociale en Wallonie sur base d’éléments objectifs, et de la comparer à la situation en Flandre et en Europe. Nous comprenons le risque qu’une comparaison avec la Flandre peut présenter. Cependant, sans vouloir alimenter les tensions communautaires, nous avons la conviction que cette comparaison entre les deux régions est vraiment utile étant donné que celles-ci partagent un environnement économique et un contexte institutionnel et culturel fort semblables. Cela s’inscrit aussi dans l’esprit de la "Méthode Ouverte de Coordination" de l’Union européenne, visant à créer une émulation entre régions au travers d’une concurrence par comparaison. Cette comparaison est surtout utile pour comprendre les sources éventuelles des dysfonctionnements et les pistes d’amélioration possibles.
 Ce numéro de Regards économiques comporte quatre contributions, sur les thèmes suivants :
 
 Bruxelles et: une lecture en termes de géographie économique (Jacques-François Thisse)
 PIB et PRB de la: des diagnostics contrastés (Michel Mignolet et Marie Eve Mulquin)
 Le portrait social de la Wallonie : responsabilités et gouvernance (Pierre Pestieau)
 Le marché du travail en: un tableau en clair-obscur (Béatrice Van Haeperen).
 
 Dans la suite de ce communiqué, nous résumons brièvement les éléments principaux de chaque contribution, en regroupant les points positifs et les points négatifs que chacune d’elles donne de la situation économique et sociale en Wallonie.
 1. Les points positifs
 
 Les dynamiques de croissance entre régions se rapprochent progressivement. L’écart inter-régional de croissance annuelle moyenne diminue entre la Flandre et la : celui-ci ne s’élevait plus qu’à 0,80 % de 1975 à 1995, pour se replier encore plus à 0,54 % de 1995 à 2003. Le différentiel se réduit davantage si on ne considère que les dernières années, où il se chiffre à 0,37 % de 1999 à 2003.
 Si l’on mesure la croissance régionale sur base du lieu de résidence et non du lieu de production (pour prendre en compte l’activité croissante des wallons à Bruxelles), depuis 1999, la part de la Wallonie dans la production totale belge s’est légèrement redressée.
 Une analyse par branche de la structure de production ne permet pas de conclure à un manque de dynamisme généralisé de l’industrie en Wallonie. Le retard de croissance en Wallonie est imputable à une sous-représentation des secteurs les plus dynamiques et une moindre performance des secteurs les plus importants.
 Le Brabant wallon est la province belge qui a connu la croissance la plus forte de 1995 à 2002, avec une évolution de la production sur la période de 8 % au-dessus de la moyenne de l’UE 15 et de presque 10 % au-dessus de la moyenne belge. Le Brabant wallon est aussi la seule province wallonne dont le revenu par habitant est supérieur à la moyenne de l’UE 15.
 L’emploi salarié en Wallonie a augmenté de 9 % entre 1992 et 2002. Les croissances les plus fortes sont dans le Brabant wallon (28 %), les provinces de Luxembourg (16 %) et de Namur (13 %), à comparer à une croissance moyenne de l’emploi salarié en Flandre de 13 %.
 Depuis 1997, le rythme de progression de l’emploi privé est comparable dans les deux régions. A partir de 2000, le nombre d’emplois des secteurs à haute et moyenne technologies et des services à haute technologie et à haut niveau de savoir progresse en Wallonie mais régresse en Flandre.
 La proportion de personnes très qualifiées dans la population wallonne augmente et la proportion de peu qualifiés diminue. Le profil de qualification par catégorie d’âge en Wallonie en 2003 est très proche de la moyenne belge.
 Les dépenses intra-muros des entreprises en R&D progressent plus rapidement en Wallonie. Entre 2001 et 2002, le taux de croissance était de 11,% en Wallonie contre 3,6 % en Flandre.
 
 2. Les points négatifs
 
 Un rapprochement des taux de croissance est insuffisant pour assurer un rattrapage des économies régionales. Etant donné son retard de développement, la Wallonie devrait enregistrer des taux de croissance supérieurs à la Flandre, ce qui est loin d’être le cas. La part de la Wallonie dans la production totale belge continue donc à diminuer, passant de plus de 30 % en 1995 à moins de 25 % en 2003.
 La productivité marginale du capital est plus faible en Wallonie qu’en Flandre, ce qui donne lieu à un taux d’investissement moindre en Wallonie. Sur la période 1995-2001, le rendement brut du capital est de 14,% en Wallonie contre 17,5 % en Flandre. Cela pose problème pour l’attractivité relative de la Wallonie pour l’investissement.
 Le revenu moyen par habitant en Wallonie est 25 % inférieur à celui de la Flandre en 2002 (équivalent à la moyenne de l’UE 15).
 Les disparités entre provinces wallonnes s’accentuent. Sur la période 1995-2002, le Brabant wallon enregistre une augmentation de 8 % de sa production par rapport à la moyenne de l’UE15 alors que les provinces de Liège, du Hainaut et du Luxembourg enregistrent chacune une baisse supérieure à 6 %.
 En 2003, le taux d’emploi en Wallonie de 55,4 % reste significativement inférieur à celui de la Flandre (62,9 %) et celui de l’UE15 (64,2 %). La Wallonie est donc encore loin de l’objectif de taux d’emploi de 70 %. La structure de l’emploi est aussi fort différente entre régions avec en 2002, 2/3 des emplois dans le secteur privé en Wallonie pour 3/4 des emplois dans le secteur privé en Flandre.
 Le taux de chômage est resté stable autour de% en Wallonie entre 1995 et 2002 du fait d’une augmentation de la population active égale à l’augmentation de l’emploi. En 2002, le taux de chômage en Flandre est passé en dessous de 5 %.
 Le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) en Wallonie est le plus élevé d’Europe avec un taux de 26,5 % en 2002 contre 11,6 % en Flandre. Plus alarmant encore, plus de 40 % des chômeurs en Wallonie sont des chômeurs de longue durée (>2 ans) contre moins de 20 % en Flandre.
 Le pourcentage de la population de 18-24 ans sans diplôme de l’enseignement secondaire et qui ne suit ni enseignement, ni formation est de% en Wallonie contre 11,7 % en Flandre. En outre, selon la dernière enquête PISA, l’enseignement secondaire en Communauté française figure en 31e position sur 41 pays contre une 3e position pour la Flandre pour un budget équivalent sinon moindre. 
 
 3. Que faire ?
 Face à ce constat que pouvons-nous faire ? Quelques pistes de réflexion sont présentées dans ce numéro de Regards économiques. Parmi celles-ci, nous relevons la nécessité de cesser la politique de saupoudrage et de concentrer les efforts autour d’une grande métropole urbaine comme Bruxelles en reconnaissant que les échanges se développent de plus en plus entre régions urbaines. La Wallonie se doit de travailler en partenariat stratégique avec Bruxelles dans une perspective économique moderne. La zone d’influence de Bruxelles doit dépasser le Brabant wallon. Il faut aussi chercher à améliorer l’efficacité dans l’utilisation des fonds publics en évitant les doublons et en recourant systématiquement à des études d’efficacité rigoureuses et impartiales. Par exemple, on pourrait explorer ce que coûte l’existence des provinces, des multiples réseaux d’enseignement et des cabinets ministériels. On peut aussi s’interroger sur le grand nombre d’intercommunales et le manque de transparence de leur gestion. Il faut aussi s’attaquer de toute urgence au scandale du chômage des jeunes par une politique de remédiation volontariste. On doit investir massivement dans le système éducatif pour élever le niveau de qualification des jeunes et faciliter la transition enseignement et emploi. Il faut élargir la mission du FOREM au-delà de la diffusion des offres d’emploi pour lui confier la fonction critique de placement et d’accompagnement des demandeurs d’emploi. Il faut aussi mettre en place des outils d’évaluation des politiques de l’emploi. C’est inadmissible que depuis l’année 2004, la Wallonie est incapable de publier des statistiques sur les offres d’emploi satisfaites et insatisfaites (alors que Bruxelles et la Flandre continuent à publier ces chiffres).
 Nous poursuivrons notre analyse de la situation wallonne dans un prochain numéro de Regards économiques. Nous attendons aussi des hommes politiques qu’ils reconnaissent cette situation et le traduisent dans leurs actes en poursuivant une politique économique adaptée, cohérente et stable. Il n’y a pas de fatalité. Nous en voulons pour preuve l’expérience danoise qui en 10 ans a réduit son chômage de moitié par un système novateur de "flexicurité" (en partenariat avec les syndicats). Son marché du travail s’est fluidifié avec plus d’un danois sur trois changeant de travail au cours d’une année et un effort substantiel du gouvernement sur la formation, l’orientation et l’accompagnement des chômeurs. Un sondage récent montre que les travailleurs danois ne sont pas plus mécontents avec ce système que les travailleurs belges. L’Angleterre, avec un taux de syndicalisme plus élevé que chez nous, a aussi réussi par son "New Deal" à réduire de moitié le chômage des jeunes. Ces deux pays connaissent aujourd’hui un taux de chômage de 5 %, bien inférieur à la moyenne européenne. Comprendre pourquoi pourrait être fortement utile à la Wallonie.

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Influence des facteurs anthropiques et des flux de gènes sur la variabilité génétique des formes cultivées et spontanées du mil dans deux localités du Niger
  • Jan 1, 2004
  • Thierry Robert + 20 more

Le projet a été réalisé au Niger (pays Zarma-Songhai) à l’aide d’analyses anthropologiques et génétiques, autour de deux axes de recherche : i) l’étude des relations entre la diversité des pratiques agricoles, les flux de gènes entre variétés et l’organisation de la diversité aux niveaux agromorphologique et moléculaire ; ii) l’analyse des relations génétiques entre formes cultivées, sauvages et intermédiaires (soun). Les résultats montrent que les pratiques agricoles favorisent les brassages génétiques entre populations variétales, et la dissémination des soun à l’échelle du village et de la région, via les flux de semences. Ceci expliquerait l’abondance des soun dans les champs de la région. L’absence de différenciation génétique (au niveau des marqueurs moléculaires) entre variétés démontre aussi l’importance quantitative des flux de gènes par le biais des hybridations. Ainsi, la gestion des semences, sans doute moins autarcique qu’auparavant, les pratiques culturales et la forte allogamie du mil conduisent à un processus d’homogénéisation, au niveau régional, des variétés cultivées par les agriculteurs. Il est toutefois difficile de savoir s’il s’agit d’un processus récent. Ce processus aurait pour conséquences une déstructuration rapide des qualités d’adaptation des variétés aux conditions locales, et une augmentation de l’introgression par des gènes des formes sauvages dont la présence des soun est une manifestation. Il pourrait à l’extrême conduire à une « dé-domestication » du mil dans ces régions soumises à des pénuries de production chroniques et donc participer à l’aggravation du phénomène. The project was settled mainly in two localities in West Niger (Zarma-Songhai region). It includes both anthropologic and genetic analyses and aims at: i) studying the relationships between farmers’ practices, gene flow and the organization of diversity at morphological and molecular levels: ii) analysing the genetic relationships between domesticated, wild and intermediate forms (soun) of pearl millet based on their genetic and morphological evaluation at the field level. The purpose was to understand the origin of so-called soun (plants with intermediate domesticated/ wild phenotypes) and to evaluate the level of introgression of cultivated populations by genes from the wild. The results showed that, although diverse, farmer practices favour very large genetic admixture at the village and even regional scale, through important seed flows (seed exchanges and supply networks). A consequence of this is the near-absence of any genetic differentiation (at the molecular level) between populations of the same variety cultivated by different farmers, even in remote villages. Both the abundant seed flows and the existence of a large seed bank in the soil could explain why soun are so abundant in large areas in the region, even where no wild forms are found. Moreover, the very low level of genetic differentiation between different varieties (including between early and semi–late flowering ones) can be used as a proof of the sizeable gene flow through hybridization at the field level (different varieties are often found in the vicinity of each other or even in the same field). Farmers are able to identify the different varieties they grow and to manage them separetely. Nevertheless, different factors act together to lead both to the homogeneization of the cultivated gene pools, and then varieties, at large geographical scales and to the existence of gene flow between domesticated and non domesticated forms of pearl millet. In particular, farmers pressures during the seed selection process cannot be neither strong nor evenly applied due to the scarcity in production. We think also they are probably less strong that they used to be; cultural practices and the largely preponderant outcrossing mating system promote hybridization between different varieties; weeding is not efficient and/or discriminant enough to remote all the soun growing in the field, so that the proportion of these plants can sometimes reach several tens per cent. However, it is difficult to ascertain whether we are facing a recent evolutionary process due to dramatic social and ecological (repeated drought) changes. If this were the case, this could lead to a decrease in the level of adaptation of cultivated populations to their local environment and to an increase in their introgression by genes from the wild. At the end, this could lead to a “de-domestication” of pearl millet in this region that already suffers of scarcity in the production of this crop, reinforcing therefore this situation.

  • Research Article
  • 10.5840/philtoday201522563
The Transcendental and Inexistence in Alain Badiou’s Philosophy
  • Jan 1, 2015
  • Philosophy Today
  • Antonio Calcagno

Though Alain Badiou and Jacques Derrida circulated some of the same French academic circles, they rarely had anything to do with one another. While Derrida was alive he never engaged Badiou's work, neither speech nor writing. The opposite was also true, as we find no substantial reference to Derrida Badiou's work until after the former's passing: It was only after Derrida's death, Badiou's later work Logiques des mondes: L'Etre et l'evenement II, that Badiou explicitly acknowledged the impact of Derrida's work on his own thinking.1 Badiou concedes that his concept of inexistence is what Derrida understands by differance. La pensee de l'inexistant formalise ce que je crois etre l'enjeu de la sinueuse demarche de Jacques Derrida. Depuis ses premiers texts, et sous le nom, progressivement academise (mais non par lui) de 'deconstruction,' son desir speculative est de montrer que, quelle que soit la forme d'imposition discursive a laquelle vous etes confronte, il existe un point qui echappe aux regles de cette imposition, un point de fuite. Tout l'interminable travail est de le localiser, ce qui est aussi bien impossible, puisque c'est d'etre hors-lieu-dans-le-lieu qui le caracterise. Pour restreindre l'espace de fuite, il faut forcer les signifiants de l'imposition discursive, diagonaliser les grandes oppositions metaphysiques (etre/ etant, esprit/matiere, mais aussi bien democratie/totalitarisme ou Etat de droit/ barbarie ou juif/arabe . . .) et d'inventer une langue de l'excentrement, un dispositive d'ecriture acephale. Or, tout cela gravite autour de ce qui aurait a se tenir sous l'inexistant. . . . Dirons-nous que . . . inexistence=differance (LM 570-71).Undoubtedly, Badiou's profound recognition of Derrida's impact on philosophy as well as his defence of Derrida2 are remarkable. In this paper, I argue that though there is a certain resonance between the two concepts, there is also a marked point of divergence. In particular, I wish to claim that Derrida's double bind of possibility and impossibility, which are mutually co-constitutive and flow from the spatio-temporising that is differance, is less binary its logic than Badiou's notion of inexistence allows. Also, I maintain that whereas Derrida's differance is rooted a conception of time and space that gives differance its very flow and arch-structure, Badiou's inexistence is grounded the time and space that stem from the very structure of the multiple that is given what he calls the transcendental. Time is constituted with the event and the subject, by a decision and the fidelity to a decision. Badiou has no real sense of Derridean space: Badiou discusses space as localisation, atoms, situations or the containment that is proper to any set. Derridean spatialsing stems from de Saussure and his view of the differentiation between signs and words and phrases that produces meaning. For Badiou, the inexistent is set within worlds, whereas for Derrida differance never works within the logics of Badiouan worlds. It simply is already there and is already operating. In short, I claim that though there may be a resemblance between the two philosophers qua what they see is unaccountable, lies closed or hidden yet conditions any given system or meaning-structure, the way they justify such accounts would suggest a greater gap than what Badiou may be prepared to concede.BADIOU'S TRANSCENDENTAL AND THE INEXISTENTThe concept of inexistence does not appear the first volume of Being and Event, but it is introduced and developed the second one. Inexistence is rooted within the structure of the transcendental and worlds. Badiou defines inexistence as a mode of being-there of an element of a multiple that appears the world. The element in the configuration of multiplicities called a world, but it never exists any intense or maximal form. In fact, it exists the least possible way. Every object the world contains an inexistent element and can, according to Badiou, contain only one at any given moment (LM 610). …

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2004.11.01
Numéro 25 - novembre 2004
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Bruno Van Der Linden

En France, en Allemagne et en Belgique, la durée annuelle moyenne de travail par personne en emploi est passée de près de 3000 heures en 1870 à environ 2300 heures en 1938 en Allemagne et en Belgique (1850 heures en France). Après la seconde guerre mondiale, la tendance à la diminution s’est poursuivie. Depuis une vingtaine d’années, la durée de travail hebdomadaire à temps plein, telle que fixée par les conventions collectives, ne baisse que très lentement en Belgique. D’autres phénomènes, dont le développement du temps partiel, expliquent toutefois que la durée annuelle moyenne de travail continue à baisser. En 2003, elle s’élèverait selon l’OCDE à environ 1450 heures/an. Or, voici que depuis quelques mois, les médias font grand cas d’entreprises où la durée hebdomadaire de travail s’allonge sans compensation salariale. Cette inversion de la tendance historique est clairement une rupture, au contenu économique mais aussi symbolique chargé. Que penser de ce retournement, actuellement limité à un petit nombre d’entreprises ?
 En comparaison internationale, la durée hebdomadaire moyenne de travail à temps partiel est plus longue en Belgique. Concernant les travailleurs à temps plein, la durée hebdomadaire moyenne habituelle est en Belgique proche de la moyenne dans la zone EURO. Au niveau sectoriel, si l’on excepte le secteur des hôtels et des restaurants, notre durée hebdomadaire habituelle se situe également à un niveau proche de la moyenne dans la zone EURO. Notre pays ne paraît donc pas se démarquer sensiblement des voisins. La dispersion des durées hebdomadaires habituelles augmente en revanche entre les individus à un rythme qui n’a guère d’égal dans l’OCDE. Au plan régional, entre 1992 et 2002, un écart d’une heure par semaine s’est créé entre les travailleurs flamands et wallons à temps plein, ces derniers ayant une durée habituelle de travail relativement stable.
 Aucune "loi économique" ne nous dit quel serait le temps de travail idéal. En revanche, des divergences sensibles de coût de production ne peuvent persister pour des produits similaires soumis à la concurrence. Les coûts de production ne s’expliquent évidemment pas que par les coûts et la productivité du travail. Dans les limites de cette étude, nous n’avons toutefois pas abordé d’autres dimensions. Nous avons aussi mené notre réflexion dans les limites du cadre actuel marqué notamment par une concurrence accrue sur les marchés, une forte mobilité du capital et une monnaie unique. La loi de juillet 1996 relative "à la promotion de l’emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité" se préoccupe de l’évolution de nos coûts salariaux horaires nominaux dans le secteur privé en comparaison avec celle de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la France. Après quelques années d’alignement quasi parfait de notre croissance salariale sur l’évolution moyenne de nos trois voisins, la Belgique a récemment accumulé un écart relatif de 2 points de pourcentage. Si l’on tient compte des écarts existants avant la loi de 1996 et que l’on remonte plus haut dans le temps jusqu’en 1987, le FEB aboutit à un surcroît de coût salarial horaire de 8 points de pourcentage par rapport à la moyenne pondérée de nos trois voisins. Dans l’industrie manufacturière, selon le Bureau of Labor Statistics, nos coûts salariaux horaires sont 6 % plus bas qu’en Allemagne mais 5 % plus élevés qu’aux Pays-Bas et 32 % plus élevés qu’en France. Des coûts salariaux élevés engendrent une série d’ajustements dans les entreprises : disparition d’entreprises privées manquant de rentabilité, recherche de gains de productivité par élimination de main d’œuvre et surtout de main d’œuvre moins qualifiée, etc. La productivité du travailleur belge est, de fait, fort élevée. Il ne nous paraît cependant pas souhaitable d’avoir des performances exceptionnelles en matière de hausses de productivité du travail si cela se réalise au prix de disparitions supplémentaires d’emplois moyennement ou peu qualifiés. La capacité des personnes concernées à saisir les opportunités d’emploi dans d’autres segments de l’économie apparaissent en effet trop limitées.
 Dans un contexte où les nations européennes et leurs partenaires sociaux sont responsables de l’évolution des coûts salariaux, il est possible d’intervenir sur trois variables : les salaires horaires bruts, les cotisations patronales et la durée du travail. Le niveau élevé des cotisations patronales mais aussi l’importance des allégements de cotisation mis en place sont notoires en Belgique. Le meilleur usage des allégements structurels (c’est-à-dire durables et attribués par travailleur occupé, nouvellement ou non) se situe au niveau des travailleurs à bas salaires. Nous avons déjà argumenté en ce sens. De même, nous avons déjà rappelé la nécessité de la modération des salaires horaires en Belgique et nous avons évoqué les avantages et les limites de la "norme salariale" belge. Dans le cadre de celle-ci, la résorption de notre écart de coût salarial horaire ne pourra être que lente, fort probablement trop lente. De là, l’intérêt d’une réflexion sur le temps de travail.
 A court terme, considérant le niveau de production comme fixe, une durée de travail plus longue entraînera une diminution du volume d’effectifs souhaité par l’entreprise. Moins les heures ajoutées seront productives (effet de fatigue du travailleur), plus les effets de court terme seront faibles. Au-delà de ces réactions de court terme, l’entreprise peut se réorganiser de telle sorte que la durée d’utilisation du capital suive – là où c’est possible - l’allongement de la durée du travail. La variation du coût salarial sera l’autre déterminant essentiel de l’ajustement à moyen terme des quantités produites et de l’emploi. Notre analyse micro-économique indique que l’allongement de la durée hebdomadaire de travail mais aussi la poursuite de la réduction de celle-ci peuvent être des réponses microéconomiques alternatives face à des phénomènes tels que l’accroissement de la concurrence de pays à bas salaires. Mais dans un cas comme dans l’autre, ce ne sera vrai que si on accompagne ces modifications de durée du travail d’ajustements de nature et d’ampleur appropriés. En cas de hausse de la durée hebdomadaire, le coût salarial hebdomadaire ne peut croître proportionnellement. En cas de baisse de la durée, il ne peut demeurer à son niveau initial. Il faut aussi souligner l’importance de l’ajustement de la durée d’utilisation du capital. Celle-ci ne peut diminuer proportionnellement à la durée du travail. Elle doit croître lorsque cette durée s’allonge. Il faut dès lors vérifier la faisabilité des réorganisations du processus de production qui en découlent. Au-delà, il faut s’interroger sur leur désirabilité du point de vue des travailleurs. La conciliation des vies professionnelle et privée est au cœur du questionnement.

  • Research Article
  • 10.55595/cwj7td73
Penser et construire l’Université du présent en Afrique
  • Jun 1, 2022
  • NTELA, Revue du Centre Universitaire de Recherche sur l'Afrique
  • Ayouba Lawani

L’université africaine est pensée par l’occident sans les africains, donc abstraitement mal. Elle a ensuite commencé par se faire sans se penser, donc dans un activisme lui aussi négatif. Ce sont ces deux moments qui incitent à relativiser le caractère positif d’une intensification de l’effort en vue de bâtir une véritable université africaine que cet article se propose d’étudier. Le but de notre propos est de montrer que les intellectuels universitaires africains ne doivent pas, en exploitant de façon égoïste, paresseuse et dangereuse, une certaine endogénéité africaine, se décharger de l’exercice de leur responsabilité de faire et penser leur université. Cela a conduit au résultat suivant lequel l’université africaine doit réinsérer les valeurs africaines dans une culture scientifique, technologique, littéraire et artistique qui implique impérieusement des recherches sur les réalités africaines, qui tende enfin à forger une personnalité responsable, un acteur conscient du développement du continent africain. Pour aboutir à ce résultat, nous nous sommes abstenus d’un détour par les penseurs qui ont déjà traité du problème de l’université, leurs textes ne nousfournissent ni un outil conceptuel ni des critères adéquats au traitement de notre sujet. Puisque les analyses d’autres penseurs se révèlent non pertinentes vis-à-vis de notre problématique, nous avons pensé qu’une discussion critique de l’université peut nous offrir la possibilité de mieux traiter le sujet, par la voie d’une prise de distance à l’égard d’autres manières de poser et penser la question de l’université.

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