Analyse longitudinale et comparative des absences et des départs hâtifs dans un milieu d'éducation au Québec : une étude de exploratoire

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Problématique de santé et de sécurité du travail et objectifs. Le secteur de l’éducation au Québec n’est pas épargné par les coûts importants qui découlent des absences pour invalidité physique et psychologique (Purenne et Busque, 2022), des départs hâtifs, comme la retraite avec des pénalités financières du personnel en fin de carrière et par le décrochage des enseignants au cours des cinq premières années de carrière. Les Centres de services scolaires (CSS) du Québec prennent en charge l’assurance des absences du travail pour invalidité (ATI) de leur personnel (en autoassurance) et colligent des données d’absence certifiées par des professionnels de la santé, ainsi que des données concernant les départs à la retraite et la démission. Le traitement de ce type de données peut informer les acteurs concernés par la santé et la sécurité du travail (SST) sur la fréquence et la durée des absences, acceptées ou non par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), ainsi que sur la relation entre les lésions professionnelles et le lien d’emploi continu (maintien en emploi) ou terminé (retraite et démission). L’objectif général de cette étude, qui est la suite du rapport de Negrini, Corbière, et al. (2018), est d’analyser et de comparer des données administratives longitudinales sur l’absence du travail et le lien d’emploi (maintien et départs) de l’ensemble du personnel d’un CSS québécois, en tenant compte de la nature de l’invalidité physique ou psychologique. Plus précisément, il est envisagé de mieux comprendre comment les jours d’absence du travail pour invalidité (ATI) peuvent avoir un lien avec le type de retraite et la démission. Méthode. Dans cette étude longitudinale, quatre banques de données administratives anonymes ont été créées sur une période de 5 et 10 ans. Ce rapport se focalise sur les analyses conduites sur des données d’ATI observées sur 5 ans. Les jours d’ATI ont été extraits pour tous les employés de tout âge ayant un statut régulier (enseignant, personnel de soutien, professionnel et cadre). Des analyses de trajectoires ont été faites sur un échantillon de 1 448 employés pour vérifier si des patrons de congés singuliers émergeaient de ces données. Des analyses de séquences ont aussi été réalisées sur un sous-échantillon de 550 employés pour tester s’il y avait des transitions d’un type d’ATI physique ou/et psychologique vers un autre. Un échantillon (N = 477) a été utilisé pour étudier selon le type de retraite (hâtive ou régulière), les jours d’ATI physique ou/et psychologique au cours des 5 années précédant la retraite du CSS. Enfin, 782 membres du personnel enseignant, de soutien et professionnel réguliers à temps plein ont fait partie de l’échantillon considéré pour les analyses relatives à leur démission ou maintien en emploi au CSS. Résultats. Les résultats de ce rapport portent spécifiquement sur les sous-échantillons observés sur 5 ans. Quatre ensembles de trajectoires d’ATI physique ou/et psychologique sur 5 ans ont été identifiés. Parmi les variables étudiées, seules les femmes sont légèrement plus à risque de tomber en congé de maladie, et ce particulièrement pour l’ATI psychologique seulement. Les analyses de séquences n’ont pas montré de patrons particuliers d’ATI, les congés de maladie étant généralement uniques. Les employés ayant pris une retraite hâtive sont surtout des enseignants qui travaillent dans le secteur préscolaire/primaire. L’âge moyen de ces employés est inférieur d’environ 3 ans à celui des employés ayant pris une retraite régulière. Les employés ayant démissionné ont moins d’années de service au CSS, mais également plus de cas sans absence. Leur moyenne de jours d’ATI psychologique est plus faible lors de l’évaluation à 4 ans, 2 ans et 1 an avant la dernière année travaillée au CSS, par rapport à celle des employés qui sont encore en emploi. Les liens entre l’ATI avec la retraite et la démission ne sont pas confirmés. Retombées prévisibles. Le CSS participant (direction et représentants des travailleurs) pourra se doter d’un portrait exhaustif quant à l’ATI et aux départs des membres de son personnel. À notre connaissance, tous les CSS disposent d’une banque de données administratives semblable à celle utilisée dans ce devis. À partir des résultats de l’étude, les CSS pourraient mettre en place des interventions ciblées pour la prévention de l’invalidité au travail et la promotion du maintien en emploi en santé de son personnel selon la phase de carrière dans laquelle il se trouve, notamment pour les travailleuses. La méthode d’analyse longitudinale des absences par trajectoires utilisée pour la première fois dans le domaine de la SST au Québec est ainsi disponible pour le secteur de l’éducation.

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  • 10.14428/regardseco2006.04.01
Numéro 40 - avril 2006
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Muriel Dejemeppe + 1 more

Ce numéro de Regards économiques se concentre sur divers aspects du "plan Marshall" (ci-dessous "le plan") qui ont un lien direct avec le marché du travail en Wallonie. Il les situe par rapport à son fonctionnement, par rapport à certaines politiques fédérales et à la problématique salariale en Belgique et dans ses régions.
 Face aux difficultés à pourvoir certains types d'emplois vacants en Wallonie et au manque simultané d'opportunités d'emploi, quels sont les remèdes ? Où le plan peut-il agir ?
 “Le problème de la Wallonie, c'est le manque d'offres d'emploi”, entend-on dire souvent. D'un autre côté, depuis quelques années, est apparue la problématique des postes vacants difficiles à pourvoir (ou des "fonctions critiques"). Bien que la coexistence de ces deux problèmes n'ait rien de surprenant, on a de bonnes raisons de se soucier simultanément de chacun d'eux. Divers mécanismes sont à prendre en compte. Le “plan” agit sur certains d'entre eux mais doit être complété par des outils fédéraux.
 
 Le plan devrait par divers canaux stimuler à terme le nombre de postes vacants créés (renforcement de l'innovation, stimulation de la création d'activités et création de “pôles de compétitivité”). Il est trop tôt cependant pour en juger. L'essentiel dépendra de la capacité de nos institutions publiques et privées à mettre ces actions en œuvre avec efficacité.
 Dans ses domaines de compétence, le "plan" prévoit des mesures qui devraient favoriser la conciliation entre vie familiale et professionnelle (renforcement des capacités d'accueil de jeunes enfants et d'aide «aux personnes dépendantes» par le recrutement de près de 2000 emplois subventionnés dans le secteur non marchand). Ceci devrait faciliter l'acceptation d'une offre d'emploi.
 Le FOREM et des organismes privés cherchent à faciliter la rencontre entre demandeurs d'emplois et postes vacants. Le plan prévoit un renforcement des moyens du FOREM à cet égard mais uniquement en faveur des stagiaires en formation au sein du FOREM lui-même. Cette restriction est difficile à justifier.
 Comme les difficultés de recrutement tiennent aussi à un déficit de compétence, le "plan" prévoit un renforcement de l'effort de formation, en particulier pour les fonctions identifiées comme critiques et dans les secteurs liés aux pôles de compétitivité. Cette sélectivité apparaît cohérente. Divers instruments renforcés par le "plan" (le Plan Formation-Insertion, l'apprentissage des langues, l'enseignement en alternance) ne sont pas nouveaux. Ils ont fait parfois l'objet d'évaluations critiques. On attend des décideurs qu'ils prennent la pleine mesure des conclusions essentielles de celles-ci parallèlement à l'octroi de moyens supplémentaires. Le "plan" intègre la création d'un instrument nouveau par la Communauté française: les Centres de Technologies Avancées. Il s'agit de labelliser et de renforcer les moyens d'établissements scolaires spécialisés dans des secteurs porteurs d'emploi. Ces centres s'ajoutent à une autre structure, créée assez récemment par la Région wallonne et dénommée les Centres de compétence. Etant donné la rapidité des évolutions technologiques, l'enjeu est de taille. La sélection des projets et la coordination entre la Région et la Communauté seront ici aussi déterminants.
 La difficulté à pourvoir des emplois vacants est aussi liée à des facteurs non monétaires nuisibles à la qualité de l'emploi (horaires difficiles, risques d'accident de travail, etc.), au statut social associé ou non à l'emploi et aux images que l'on a de la fonction offerte (voir la récente étude du DULBEA sur ce sujet). Dans le cadre du "plan", le FOREM a récemment mis en place un “plan d'action”qui vise notamment à agir sur certains de ces aspects.
 
 Sans oublier les actions régionales dans le domaine du transport public et du logement, qui ne relèvent pas du "plan", pour promouvoir davantage une meilleure rencontre entre les emplois vacants et les demandeurs d'emploi, la Région wallonne doit en particulier s'appuyer sur les instruments suivants, qui sont essentiellement du ressort de l'Etat fédéral :
 
 On sait que les gains monétaires immédiats en cas de reprise d'emploi se sont accrus dans bien des cas entre 1999 et 2003. Ces gains paraissent toutefois demeurer fort faibles en cas de reprise d'un emploi à bas salaire et à temps partiel. Le gouvernement fédéral s'est engagé à adapter périodiquement les prestations de remplacement de revenus des salariés. Face à cela, pour éviter le développement de désincitants à la reprise d'emploi, toute modification de la (para)fiscalité devrait avoir un double souci : (a) elle devrait atteindre les catégories au bas de l'échelle des revenus du travail d'une manière immédiatement tangible pour celles-ci (via en particulier les cotisations personnelles ou le précompte professionnel); (b) cependant, on ne peut alléger la (para)fiscalité au bas de l'échelle des revenus sans un ajustement dans le même sens pour les revenus plus élevés sous peine de créer des incitations perverses qui réduiraient la base taxable.
 Il est possible que le plan d'activation du comportement de recherche d'emploi entraîne une augmentation de l'effort de recherche. Les évaluations sont en cours. Pour autant qu'elles stimulent effectivement l'effort de recherche d'emploi, les politiques actives rendant celui-ci plus efficace (conseillers en recherche d'emploi, ateliers de recherche active, stage de mise en situation professionnelle) peuvent stimuler une embauche durable, ainsi que l'a montré une évaluation en France. Le plan d'accompagnement des chômeurs pourrait affecter le comportement de recherche d'emploi par ce canal et pas uniquement par le contrôle qu'il exerce.
 
 Coûts salariaux et productivité : Faut-il régionaliser la formation des salaires, alléger le coût du travail ?
 Le “plan” n'aborde qu'incidemment la problématique du coût du travail. A-t-il tort ? En soi, non, car la matière est fédérale. Cette problématique et celle de la productivité sont néanmoins en toile de fond du "plan" et de bien des débats. Nous avons donc estimé utile de consacrer un part de ce numéro à ces aspects.
 Sur base des récentes statistiques de l'ICN, comparés à la Wallonie, le coût salarial par personne est dans la plupart des secteurs supérieur en Flandre (en moyenne, l'écart est de 8 % en 2003) mais la productivité du travail est dans la plupart des secteurs supérieure en Flandre (en moyenne, l'écart est de 14 % en 2004). En combinant ces informations pour 2003, on conclut que le coût salarial par unité de valeur ajoutée est en moyenne inférieur de 4,5 % en Flandre. Ces moyennes cachent néanmoins une hétérogénéité sectorielle importante.
 De ce constat, on peut être tenté de conclure qu'il faudrait abandonner la formation des salaires au niveau (interprofessionnel et sectoriel) fédéral au profit d'une négociation à un niveau régional ou local. Ceci devrait conduire à une meilleure prise en compte des conditions locales du marché du travail lors de la négociation salariale. Nous émettons des doutes sur l'efficacité d'une telle approche. Il est bien établi que les salaires réagissent faiblement au niveau du chômage en Belgique. Rien ne permet de penser qu'une forme de régionalisation modifierait l'ampleur de cette saine réaction. Plus fondamentalement, les résultats d'une négociation se jugent par comparaison aux résultats obtenus par d'autres négociations salariales. Si donc on découpe les commissions paritaires nationales en commissions (sous-)régionales, on doit s'attendre à un effet de comparaison très puissant entre les ex-membres de la même commission nationale. Une régionalisation des négociations est alors moins efficace du point de vue de l'emploi qu'une négociation nationale qui prend en compte les spécificités régionales. Ceci est vrai tant pour la Flandre que pour les autres régions.
 Sans être le seul facteur pertinent (voir notamment le numéro 41 de Regards économiques relatif à la fiscalité), le coût du travail est un facteur central pour les régions belges. Outre le ciblage inadéquat des allégements structurels (fédéraux) de cotisations patronales de sécurité sociale, nous rappelons que des subventions temporaires à l'embauche présentent une efficacité du point de vue de l'insertion en emploi pour autant que le ciblage soit adéquat et la durée de subvention courte (un an devrait être un ordre de grandeur). La région wallonne a de longue date privilégié une autre option : les créations directes et/ou la subvention forte et durable d'emplois réservés aux chômeurs. Le "plan" prolonge cette option par le subventionnement de 2000 emplois supplémentaires (voir point b ci-dessus). Les secteurs bénéficiaires – dans une large mesure les secteurs publics et non-marchand – reçoivent ainsi un soutien parfois essentiel. Il nous apparaît que cette dernière motivation domine en pratique. Nous ne voyons donc pas les raisons de réserver ces emplois à des personnes disposant de statuts spécifiques – souvent complexes à définir.
 Que faut-il faire et, surtout, ne pas faire en matière d’évaluation des politiques d’emploi ?
 L'enjeu de l'évaluation est proclamé de plus en plus souvent, en particulier par le "plan". Mais est-on bien conscient de ce que "évaluer" veut dire ? Nous sommes convaincus du contraire. Le «nombre de contrats signés», le «nombre de bénéficiaires», le «parcours des bénéficiaires sur le marché du travail» et même une comparaison grossière entre ces parcours et ceux d'un vague groupe de contrôle sont autant d’indicateurs descriptifs intéressants. Ils ne permettent cependant pas de se prononcer sur l’effet du dispositif sur les chances d’insertion des demandeurs d’emploi. Des méthodes plus sophistiquées et plus fiables existent mais elles ne s'improvisent pas. Elles requièrent du temps et un savoir-faire pointu. Nous préconisons donc ceci :
 
 Il y a lieu de penser l’évaluation d’un programme avant même son lancement. Il faudrait interdire le lancement d'une nouvelle politique avant que le processus d'évaluation n'ait été défini et reconnu pertinent par une instance indépendante.
 L'Institut Wallon de l'Evaluation, de la Prospective et de la Statistique (IWEPS) doit être doté de moyens substantiellement plus importants pour qu'il puisse notamment mener à bien ses missions d'évaluation.

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Facteurs facilitants et défis liés à l'implantation d'une intervention visant la prévention des troubles musculosquelettiques en contexte de travail saisonnier : une étude dans le secteur de la transformation alimentaire
  • Apr 24, 2025
  • Marie-Ève Major + 5 more

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont largement répandus dans les pays industrialisés. La population des travailleurs saisonniers serait particulièrement touchée et le secteur de la transformation alimentaire ne fait pas exception. Ceci peut s’expliquer par une activité marquée par des conditions de travail difficiles où s’entremêlent de fortes contraintes organisationnelles et temporelles, et qui ont des conséquences sur les conditions physiques et psychosociales du travail qu’il est d’usage d’accepter, puisqu’elles sont perçues comme passagères le temps d’une saison. Un tel contexte est même identifié comme pouvant représenter une incompatibilité avec une prise en charge et un suivi des problèmes de santé. S’il semble prioritaire de développer des interventions de prévention des TMS auprès des travailleurs saisonniers, elles restent, jusqu’à présent, peu nombreuses et ne prennent pas ou très peu en compte les caractéristiques du contexte saisonnier ou des travailleurs. Les effets de ces interventions sont rapportés comme étant peu documentés ou peu concluants sur la réduction des TMS. La compréhension des principes d’action en termes de prévention des TMS qui sont pertinents et efficaces compte tenu de ce contexte demeure parcellaire, voire inconnue, ce qui rend très difficile d’éclairer l’implantation d’interventions appropriées. Pourtant, il est maintenant de plus en plus reconnu que l’implantation d’interventions à visée préventive des TMS est située dans un contexte socio-organisationnel et que la compréhension et l’analyse des facteurs inhérents au contexte et aux processus des interventions s’avèrent incontournables pour éclairer les interventions afin de produire les effets escomptés en termes de prévention des TMS. La présente étude avait pour objectif de documenter les facteurs facilitants et faisant obstacle à l’implantation d’une intervention ergonomique visant la prévention des TMS en contexte saisonnier. Plus spécifiquement, ces facteurs ont été documentés à partir du point de vue de différents acteurs concernés au sein d’entreprises du secteur de la transformation alimentaire en tenant compte de leur vécu et des réalités d’un tel contexte de travail. Une étude reposant sur une approche qualitative de type descriptive interprétative a été réalisée auprès de différents acteurs (travailleurs, représentants de la direction dont des directeurs d’usine et des ressources humaines, des coordonnateurs SST, des préventionnistes, des ergonomes, ainsi que des représentants syndicaux/représentants de travailleurs si tel était le cas) de trois entreprises du secteur de la transformation alimentaire. Les entreprises devaient opérer sur une base saisonnière ou être caractérisées par une production à variation saisonnière et embaucher des travailleurs saisonniers. Deux des entreprises étaient situées en régions rurales et l’une en région éloignée des grands centres urbains en raison de l’enjeu déterminant que représente le travail saisonnier pour ces régions. Les trois entreprises représentaient une diversité de profils d’entreprises du secteur quant aux matières premières transformées (légumes, volailles et produits de la mer). Au total, 26 participants (13 représentants de la direction, 10 travailleurs et 3 représentants syndicaux/travailleurs) ont été recrutés, permettant l’atteinte d’une saturation des données. Les données ont été collectées par l’entremise de deux séries d’entrevues individuelles semi-dirigées auprès des participants, l’analyse de documents pertinents et des observations ouvertes au sein des entreprises. La collecte et l’analyse des données ont été réalisées selon un processus itératif. Cette étude a mené à l’identification de 369 facteurs pouvant représenter des facteurs facilitants ou des obstacles, ou encore être qualifiés de « on ne peut dire/trancher si c’est un levier ou un obstacle » à l’implantation d’une intervention visant la prévention des TMS. Ces résultats permettent de mieux comprendre des particularités et des réalités importantes du contexte saisonnier avec lesquelles les milieux de travail et les intervenants du secteur de la transformation alimentaire doivent composer. C’est notamment le cas de facteurs tels que l’imprévisibilité liée à la ressource naturelle (obstacle), l’imprévisibilité liée aux conditions climatiques et météorologiques (obstacle), l’opportunité temporelle juste avant le tout début de la saison (levier), l’opportunité temporelle pour apporter des changements pendant la période hors saison (levier) et la perception ou la reconnaissance de la présence d’un problème lié aux TMS (levier), pour n’en nommer que quelques exemples. Ces facteurs amènent à constater des composantes clés du contexte saisonnier dont la connaissance s’avère pertinente pour guider et instruire la démarche d’intervention. Les résultats soulignent également l’importance de s’intéresser à la fois aux facteurs internes et externes d’une entreprise et à leurs dynamiques interrelationnelles puisque leur influence sur le milieu de travail et sur l’intervention est considérable. À travers l’analyse des facteurs qui semblent particulièrement liés aux réalités du contexte saisonnier ou dont l’influence peut être significativement importante dans un tel contexte, les résultats mettent également en évidence des liens étroits entre le secteur de la transformation alimentaire et celui de la production agricole et de la pêche. Ces résultats portent à soulever l’hypothèse que des facteurs identifiés pourraient également être à considérer lors de l’implantation d’interventions visant la prévention des TMS en contexte saisonnier dans ces secteurs d’activité. Par ailleurs, les résultats révèlent des réalités préoccupantes et des besoins particuliers pour l’usine située en région éloignée, dont les ressources en SST sont très limitées et celles en lien avec la prévention des TMS principalement absentes, et ce, dans un contexte de vieillissement marqué de la population au travail. Un autre résultat important de cette étude est le développement d’une typologie des facteurs composée de 22 catégories et de sous-catégories. Au-delà du contexte saisonnier, cette typologie des facteurs est aussi d’une grande pertinence pour l’implantation d’une intervention visant la prévention des TMS dans divers secteurs d’activité. La validation d’un tel outil dans d’autres secteurs d’activité et auprès d’entreprises variées permettrait d’élargir sa portée afin d’éclairer les intervenants en milieu de travail dans les choix et les décisions stratégiques en vue de favoriser l’efficacité des interventions visant la prévention des TMS et soutenir la formation des intervenants, en particulier les ergonomes. Enfin, l’ensemble de ces résultats apportent une meilleure connaissance du contexte du travail saisonnier et des principes d’action à considérer dans la conception d’un dispositif d’intervention visant la prévention des TMS. Des travaux futurs visant à soutenir les entreprises et accompagner les intervenants en santé au travail en contexte saisonnier contribueraient à une prévention durable des TMS.

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2004.11.01
Numéro 25 - novembre 2004
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Bruno Van Der Linden

En France, en Allemagne et en Belgique, la durée annuelle moyenne de travail par personne en emploi est passée de près de 3000 heures en 1870 à environ 2300 heures en 1938 en Allemagne et en Belgique (1850 heures en France). Après la seconde guerre mondiale, la tendance à la diminution s’est poursuivie. Depuis une vingtaine d’années, la durée de travail hebdomadaire à temps plein, telle que fixée par les conventions collectives, ne baisse que très lentement en Belgique. D’autres phénomènes, dont le développement du temps partiel, expliquent toutefois que la durée annuelle moyenne de travail continue à baisser. En 2003, elle s’élèverait selon l’OCDE à environ 1450 heures/an. Or, voici que depuis quelques mois, les médias font grand cas d’entreprises où la durée hebdomadaire de travail s’allonge sans compensation salariale. Cette inversion de la tendance historique est clairement une rupture, au contenu économique mais aussi symbolique chargé. Que penser de ce retournement, actuellement limité à un petit nombre d’entreprises ?
 En comparaison internationale, la durée hebdomadaire moyenne de travail à temps partiel est plus longue en Belgique. Concernant les travailleurs à temps plein, la durée hebdomadaire moyenne habituelle est en Belgique proche de la moyenne dans la zone EURO. Au niveau sectoriel, si l’on excepte le secteur des hôtels et des restaurants, notre durée hebdomadaire habituelle se situe également à un niveau proche de la moyenne dans la zone EURO. Notre pays ne paraît donc pas se démarquer sensiblement des voisins. La dispersion des durées hebdomadaires habituelles augmente en revanche entre les individus à un rythme qui n’a guère d’égal dans l’OCDE. Au plan régional, entre 1992 et 2002, un écart d’une heure par semaine s’est créé entre les travailleurs flamands et wallons à temps plein, ces derniers ayant une durée habituelle de travail relativement stable.
 Aucune "loi économique" ne nous dit quel serait le temps de travail idéal. En revanche, des divergences sensibles de coût de production ne peuvent persister pour des produits similaires soumis à la concurrence. Les coûts de production ne s’expliquent évidemment pas que par les coûts et la productivité du travail. Dans les limites de cette étude, nous n’avons toutefois pas abordé d’autres dimensions. Nous avons aussi mené notre réflexion dans les limites du cadre actuel marqué notamment par une concurrence accrue sur les marchés, une forte mobilité du capital et une monnaie unique. La loi de juillet 1996 relative "à la promotion de l’emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité" se préoccupe de l’évolution de nos coûts salariaux horaires nominaux dans le secteur privé en comparaison avec celle de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la France. Après quelques années d’alignement quasi parfait de notre croissance salariale sur l’évolution moyenne de nos trois voisins, la Belgique a récemment accumulé un écart relatif de 2 points de pourcentage. Si l’on tient compte des écarts existants avant la loi de 1996 et que l’on remonte plus haut dans le temps jusqu’en 1987, le FEB aboutit à un surcroît de coût salarial horaire de 8 points de pourcentage par rapport à la moyenne pondérée de nos trois voisins. Dans l’industrie manufacturière, selon le Bureau of Labor Statistics, nos coûts salariaux horaires sont 6 % plus bas qu’en Allemagne mais 5 % plus élevés qu’aux Pays-Bas et 32 % plus élevés qu’en France. Des coûts salariaux élevés engendrent une série d’ajustements dans les entreprises : disparition d’entreprises privées manquant de rentabilité, recherche de gains de productivité par élimination de main d’œuvre et surtout de main d’œuvre moins qualifiée, etc. La productivité du travailleur belge est, de fait, fort élevée. Il ne nous paraît cependant pas souhaitable d’avoir des performances exceptionnelles en matière de hausses de productivité du travail si cela se réalise au prix de disparitions supplémentaires d’emplois moyennement ou peu qualifiés. La capacité des personnes concernées à saisir les opportunités d’emploi dans d’autres segments de l’économie apparaissent en effet trop limitées.
 Dans un contexte où les nations européennes et leurs partenaires sociaux sont responsables de l’évolution des coûts salariaux, il est possible d’intervenir sur trois variables : les salaires horaires bruts, les cotisations patronales et la durée du travail. Le niveau élevé des cotisations patronales mais aussi l’importance des allégements de cotisation mis en place sont notoires en Belgique. Le meilleur usage des allégements structurels (c’est-à-dire durables et attribués par travailleur occupé, nouvellement ou non) se situe au niveau des travailleurs à bas salaires. Nous avons déjà argumenté en ce sens. De même, nous avons déjà rappelé la nécessité de la modération des salaires horaires en Belgique et nous avons évoqué les avantages et les limites de la "norme salariale" belge. Dans le cadre de celle-ci, la résorption de notre écart de coût salarial horaire ne pourra être que lente, fort probablement trop lente. De là, l’intérêt d’une réflexion sur le temps de travail.
 A court terme, considérant le niveau de production comme fixe, une durée de travail plus longue entraînera une diminution du volume d’effectifs souhaité par l’entreprise. Moins les heures ajoutées seront productives (effet de fatigue du travailleur), plus les effets de court terme seront faibles. Au-delà de ces réactions de court terme, l’entreprise peut se réorganiser de telle sorte que la durée d’utilisation du capital suive – là où c’est possible - l’allongement de la durée du travail. La variation du coût salarial sera l’autre déterminant essentiel de l’ajustement à moyen terme des quantités produites et de l’emploi. Notre analyse micro-économique indique que l’allongement de la durée hebdomadaire de travail mais aussi la poursuite de la réduction de celle-ci peuvent être des réponses microéconomiques alternatives face à des phénomènes tels que l’accroissement de la concurrence de pays à bas salaires. Mais dans un cas comme dans l’autre, ce ne sera vrai que si on accompagne ces modifications de durée du travail d’ajustements de nature et d’ampleur appropriés. En cas de hausse de la durée hebdomadaire, le coût salarial hebdomadaire ne peut croître proportionnellement. En cas de baisse de la durée, il ne peut demeurer à son niveau initial. Il faut aussi souligner l’importance de l’ajustement de la durée d’utilisation du capital. Celle-ci ne peut diminuer proportionnellement à la durée du travail. Elle doit croître lorsque cette durée s’allonge. Il faut dès lors vérifier la faisabilité des réorganisations du processus de production qui en découlent. Au-delà, il faut s’interroger sur leur désirabilité du point de vue des travailleurs. La conciliation des vies professionnelle et privée est au cœur du questionnement.

  • Research Article
  • 10.14428/regardseco2002.05.01
Numéro 2 - mai 2002
  • Oct 12, 2018
  • Regards économiques
  • Vincent Vandenberghe

Un constat fort se dégage des enquêtes sur les connaissances des élèves en math, en sciences et en lecture opérées depuis 30 ans par l’OCDE : la performance de notre enseignement décroche graduellement par rapport à celle des pays voisins et de la Flandre. Quels sont les déterminants probables d’un tel état de fait ? Peut-on penser que le niveau des ressources joue un rôle décisif ? A vrai dire non. Communautés française et flamande ont dépensé tout au long des années 1990 pratiquement le même montant par élève. Mais les scores des élèves en Flandre sont nettement supérieurs. Nos travaux et ceux de nombreux collègues économistes de l’éducation suggèrent que l’enjeu est avant tout organisationnel. Certes, les ressources budgétaires importent. Il est évident, par exemple, que leur niveau doit garantir la possibilité d’engager du personnel en nombre et qualité suffisants. Mais la majoration des moyens financiers et humains ne constitue nullement une condition suffisante de l’amélioration des performances. Dans l’enseignement plus que dans d’autres secteurs, le mode d’organisation (régulation) semble, en revanche, avoir une forte influence sur la relation ressources/résultats.
 Que peut-on dire de la situation en Communauté française sur ce plan et quels en sont les enjeux ? En bref, nous pouvons dire que le mode de régulation actuel est très insatisfaisant car très hybride. Il repose sur plusieurs conceptions de la régulation. Chacune comporte des faiblesses. De plus, l’articulation qui s’est opérée au fil des ans a été peu réfléchie, mal mise en oeuvre, et se révèle en définitive coûteuse sur le plan des performances. A l’inverse, la Flandre a accompli depuis 1970 un travail discret mais bien effectif de simplification et de clarification de son mode de régulation.
 L'organisation de l'enseignement en Communauté française comporte tout d'abord une composante concurrentielle (ou "quasi-marché"). Bien que le financement de l’enseignement soit public, les modalités d’octroi de ce financement font apparaître une logique concurrentielle : les parents, les élèves ou étudiants sont en effet libres de choisir leur établissement. Les établissements sont de surcroît financés en fonction du nombre d’inscrits. La faiblesse de ce modèle est qu’il est source d’iniquité, dans la mesure où le libre-choix tend généralement à accentuer le degré de ségrégation des publics entre écoles proches.
 Il y a par ailleurs en Communauté française une tradition de contrôle par la voie hiérarchique. Les réglementations administratives sont nombreuses dans l’enseignement : horaires, grilles salariales, taux d’encadrement, priorité d’emploi pour les personnels avec ancienneté, ... Et la tendance récente est à l’amplification. Or, l’évaluation que les économistes font sur ce type d’interventions est très mitigée. Le contrôle administratif réussit certes à générer une certaine conformité (respect formel des horaires, des taux d’encadrement prévus par la loi, …) mais il échoue à influencer les comportements des enseignants qui déterminent réellement le degré d’efficacité et d’équité du système.
 La présence simultanée de ces deux modes de régulation antagonistes nuit tant à l'efficacité qu'à l'équité de l'enseignement. La concurrence, pour être efficace, requiert la présence de producteurs libres de choisir l’usage des ressources qui leur paraît le plus indiqué pour répondre à la demande. Or, le contrôle administratif limite fortement l'autonomie des écoles en multipliant règles et procédures à respecter. On peut également douter du fait que le contrôle administratif exerce une action correctrice par rapport aux effets néfastes du libre-choix. Ainsi, peu de mesures administratives en vigueur sont de nature à limiter la ségrégation des publics ou ses effets. L’uniformité des salaires et des modes de gestion du personnel empêche, par exemple, l’octroi de primes salariales aux enseignants s’occupant d’élèves en difficulté.
 Que faire dès lors ? En dépit de toutes les limitations d'un système de libre-choix, et malgré la tendance à la ségrégation des publics qui la caractérise, nous ne croyons pas à son remplacement par un modèle hiérarchique pur, avec, comme en France, une carte scolaire synonyme d’assignation de l’école en fonction du lieu de résidence. Car il y a la question du coût politique de l’abandon du libre-choix de l’école. Mais il y a aussi le risque d’une accentuation de la ségrégation résidentielle.
 L’option de politique scolaire doit plutôt être celle d'encadrer le système de libre-choix, mais pas via un renforcement du contrôle hiérarchique de type bureaucratique. Il est plus indiqué d’opter, comme en Flandre mais aussi en Finlande ou en Grande-Bretagne, pour un encadrement par voie de contractualisation. Il s’agirait de dissocier plus nettement qu’aujourd’hui les fonctions de contrôle et de production du service éducatif. Aux écoles, il reviendrait de décider plus librement des horaires de présence des professeurs et des élèves, de la durée des cours par matière, du nombre et du type d’enseignants à recruter ou encore de l’opportunité de les envoyer en recyclage. A l’administration, il appartiendrait d’évaluer la performance des écoles. Son rôle principal deviendrait de faire passer aux élèves, à intervalles réguliers, des tests standardisés, à l’image de ceux conçus par l’OCDE. Les résultats à ces tests, pondérés pour tenir compte de l’origine socio-économique des élèves, formeraient la base de l’évaluation des écoles. Et ce n’est qu’en cas d’évaluation négative répétée qu’il y aurait intervention dans la gestion de l’école, par un changement de direction, une mise sous tutelle, …

  • Research Article
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  • Dec 31, 2024
  • Revue d’élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux
  • Daouda Wade + 4 more

Contexte : Au Sénégal, le système semi-intensif est de plus en plus mis en exergue pour accroitre la production laitière. Il s’agit d’un système de production encadré qui vise l’amélioration du système traditionnel par le biais de l’alimentation, la santé et la génétique. Cette semi-intensification se caractérise par une promotion de la stabulation avec l’installation de mini-fermes composées d’un noyau de 4 vaches de races maures ou métissées. Objectif : L’objectif de ce travail est d’évaluer la durabilité de la semi-intensification de la production laitière dans le contexte sénégalais. Méthodes : Dans un premier temps, une enquête auprès de 25 mini-fermes installées en 2019 a été conduite dans le rayon de collecte d’une laiterie à Richard-Toll au Sénégal. La durabilité de ces exploitations a été évaluée à l’aide de la méthode des Indicateurs de Durabilité des Exploitations Agricoles (IDEA4) adaptée à la réalité sénégalaise. Elle permet une double lecture : la première lecture selon les dimensions agroécologique, socio-territoriale et économique ; la seconde lecture selon les propriétés d’autonomie, de robustesse, de capacité productive et reproductive, d’ancrage territorial et de responsabilité globale. Résultats : Les résultats qui découlent de cette étude montrent que la durabilité de ces mini-fermes est limitée par la dimension agroécologique qui affiche une moyenne de 53/100. En revanche, les dimensions socio-territoriale et économique affichent respectivement des scores moyens de 59/100 et 69/100. Pour les propriétés « Capacité productive et reproductive de biens services » et « Responsabilité globale », les mini-fermes présentent des avantages considérables. En revanche, pour les propriétés « Ancrage territorial », « Autonomie » et « Robustesse », des améliorations sont à envisager. Conclusions : La sensibilisation dans les démarches environnementales, la diversification des produits, la mutualisation du travail ainsi que la contribution de revenus issus d’autres activités permettraient d’améliorer la durabilité des exploitations. De plus, ces mini-fermes doivent travailler sur l’autonomie pour les intrants, la robustesse pour faire face aux imprévus et l’ancrage territorial c’est-à-dire leur capacité à contribuer à un processus de co-production et de valorisation de ressources territoriales.

  • Research Article
  • 10.55790/journals/ressi.2019.e2007
Un plan de gestion de sinistres au sein des Archives de Montreux : de la conception à la mise à jour
  • Dec 31, 2019
  • Revue électronique suisse de science de l'information (RESSI)
  • Ludovic Ramalho

Résumé L’article suivant – synthèse d’un travail de bachelor – décrit l’approche adoptée pour concevoir un plan de gestion de sinistres pour les Archives de Montreux ainsi que son processus de mise à jour, incluant les différentes étapes de sa mise en œuvre. Cet article présente la méthodologie utilisée pour élaborer les différents éléments qui ont permis d’aboutir au résultat final: une analyse des risques qui prend en compte le bâtiment des Archives, son environnement et ses occupants, la conception du plan de gestion de sinistres, la méthodologie de mise à jour de ce dernier ainsi que les recommandations qui ont découlé des éléments précédents. En ce qui concerne l’analyse des risques, il existe plusieurs méthodes plus ou moins similaires qui utilisent toutes un système de notation de l’impact et de la probabilité d’un risque ainsi qu’une matrice qui permet d’évaluer ce dernier. Pour ce travail, on a utilisé la méthode proposée dans le Guide de gestion des risques dans le domaine des biens culturels que l’on peut retrouver ici. Les éléments centraux de ce travail, le plan de gestion de sinistres et sa méthodologie de mise à jour sont constitués de plusieurs éléments qui ont été choisis de concert avec les Archivistes de Montreux ainsi que de par l’observation de plusieurs autres plans de gestion de sinistres d’institutions similaires. Les choix se sont donc portés sur les procédures d’alarmes, une liste des responsabilités et de personnes à contacter, des procédures de manipulation de documents selon les types de dégâts ainsi que divers plans des Archives et autres éléments qui nous ont semblé utiles pour gérer un sinistre. Pour finir, les recommandations ont découlé de plusieurs éléments : soit des observations réalisées directement durant les jours de présence aux Archives de Montreux, soit de l’analyse des risques. Les constatations qui ont découlé de ces deux processus ont permis de proposer un certain nombre de recommandations d’amélioration. Celles-ci portaient, soit sur le bâtiment, soit sur les comportements des usagers et des archivistes ou encore sur le matériel à acquérir. Tout cela a été effectué dans le but de diminuer les risques ou prémunir l’institution contre les méfaits des sinistres potentiels sur cette dernière.

  • Research Article
  • 10.69564/able.fr.23006.yokobo
Yōkobo
  • Jan 1, 2023
  • revista .able
  • Dominique Deuff + 3 more

Dans le cadre d'une thèse et d'un projet de recherche pluridisciplinaire visant à renforcer le lien entre les membres d'un couple de jeunes retraités, nous avons imaginé et conçu Yōkobo, un robot à la croisée d'une approche sensible et d'une orientation de la robotique qui fait le pont entre les humains (domaine des Interactions Homme-Robot-Homme). Par ses inspirations, il est théoriquement relié aux concepts d'objet à comportement, de robjet, de robotique faible et de « technologie lente ». Yōkobo est un vide-poche placé à l'entrée des maisons. Il exprime l'hospitalité de celles-ci et célèbre les petits moments de la vie quotidienne par sa présence discrète qui accueille les visiteurs et les habitants de la maison. Son nom vient de la contraction du mot japonais «yōkoso » (« bienvenue » en français) et du mot « robot ». En plus de ces fonctions, Yōkobo rend compte de l'état de la maison à l'aide de données provenant d'appareils IoT connectés (Internet des objets) en combinant divers paramètres (tels que la température, la qualité de l'air, etc.) pour refléter, au travers de ses mouvements, « l'atmosphère » de la maison. Enfin, utilisé en association avec des clés de maison, Yōkobo peut révéler une trace, un message basé sur le mouvement. Où l'empreinte est une réminiscence du passage du compagnon. Yōkobo est résolument innovant et perturbant. Il est en décalage avec la vision généralement partagée des robots : C'est un objet qui se veut discret, issu de l'informatique ambiante tout en ayant une présence subtile permanente. Il n'émet pas de sons, contrairement aux assistants vocaux et à la tendance à l'usage de la modalité vocale. Il exprime son environnement uniquement par le mouvement et la lumière. Pour s'éloigner des robots-compagnons de maison et des préjugés qu'ils peuvent générer en arborant une représentation faciale, Yōkobo n'a pas une forme anthropomorphique et ne parle pas. Yōkobo est fabriqué à partir de matériaux naturels tels que la céramique, le bois ou la laine afin de rompre avec l'idée du robot en plastique jetable et du jouet, et pour améliorer son intégration dans le quotidien de la maison. En tant que produit issu de la « technologie lente », comprendre et intégrer Yōkobo dans sa vie prend du temps et nécessite d'accepter de ne pas avoir une réponse instantanée, claire et répétitive en réponse à une action. Son apport ne se mesure pas en termes d'efficacité et d'utilité. C'est la somme des différentes expériences avec le produit au fil du temps qui donne du sens et de la valeur à celui-ci. Apprendre à connaître les mouvements expressifs de Yōkobo est un processus continu et progressif. Yōkobo est un objet qui se comprend par la perception et touche la sensibilité poétique de chacun. Yōkobo est un concept qui place l'humain en son centre. C'est un objet qui met en avant la relation entre les personnes. Il n'a pas pour but de s'imposer et ne vise pas une relation exclusive homme-objet. Il révèle la présence de l'autre à travers la trace éphémère de son passage. C'est un objet à présence sensible. Ce travail est le résultat d'une recherche interdisciplinaire entre roboticien.nes, designers et ergonomes. La navigation (directions et superposition) de ce pan.able montre les processus de conception et d'ingénierie, ainsi que les modalités d'interaction de Yōkobo.

  • Research Article
  • 10.4000/12wgl
Transmettre la santé verte : La médecine traditionnelle créole en héritage
  • Jan 1, 2020
  • Archipélies
  • Marie-Andrée Concy

« En occupant un espace social privilégié, la médecine traditionnelle et les diverses pratiques qui y sont liées, sont de moins en moins marginalisées, de plus en plus admises comme ressources, et la société leur devient, du même coup, permissive. La tolérance sociale est relativement forte ». Cette lecture de la situation de la médecine traditionnelle et de sa réception dans la société, est celle de l’anthropologue et médecin martiniquais Michel Yoyo. Elle évoque la réalité de la médecine créole dans l’espace antillais et dit l’intérêt que lui portent ceux qui en font usage.L’objectif de cette article est de poser la question de la transmission du savoir médicinal en contexte martiniquais : transmission des tradipraticiens vers les profanes ; transmission entre professionnels de cette médecine. Autrement dit, comment se fait l’apprentissage, si apprentissage il y a, de ce savoir traditionnel jalousement gardé par ceux qui l’exercent ? La dimension magico-religieuse de ce savoir influe-t-elle sur sa transmission ? Quel est le rôle de la famille dans l’éducation et la transmission de ces pratiques ? Quelle est la connaissance profane accessible à tous et que détiennent certaines familles ? Celle-ci répond-elle aux attentes de la médecine traditionnelle et comment les familles procèdent-elles à sa transmission ? Quelle contribution l’institution scolaire apporte-t-elle à la sauvegarde de ce patrimoine ? Ce questionnement nous amène à nous interroger sur les pratiques en matière de médecine des Martiniquais et à considérer la coexistence entre savoir traditionnel et savoir rationnel dit moderne. On ne peut faire l’économie de ces analyses si on veut appréhender de façon objective le problème de la transmission de la médecine créole, de sa sauvegarde par – et pour – les générations montantes, en raison de l’aspect mémoriel de cette pratique thérapeutique mais également en raison de son efficacité et du potentiel important qu’elle représente pour la santé dans les années qui viennent.

  • Research Article
  • 10.26034/cortica.2024.6107
Essai de compréhension et de remédiation sur le mystère de l'échec scolaire dans apprenants : les apports de la psychopédagogie pour soutenir les "empêchés de penser" au-delà des troubles de l'apprentissage.
  • Sep 21, 2024
  • Cortica
  • Nasolo Raoël Boto Siméone

Dans cette contribution, nous proposons un essai de compréhension sur le mystère de l'échec des apprenants malagasy face aux savoirs fondamentaux par l'intermédiaire d'une analyse psychopédagogiques des causes de ces obstacles d'apprentissage.Trois axes psychopédagogiques sont de ce fait identifiés: diagnostiquer, enseigner, gérer les aspects psychologiques et disciplinaires.C'est ainsi que nous proposons, par le biais de cet article, un modèle de dynamique psychopédagogiques basé sur l'apprentissage par la culture initié par Serge Boimare dans ses travaux.Nous pensons que si l'enseignant est capable de faire franchir l'étape de la restauration de la machine à penser par la médiation culturelle il revitalisera les savoirs en servant leurs intérêts y compris celui d'entre eux, et fera, par la suite, fonctionner sa classe.

  • Research Article
  • Cite Count Icon 1
  • 10.19182/bft1991.227.a19711
La sylviculture des forêts tropicales humides : un atout pour leur aménagement
  • Mar 1, 1991
  • BOIS & FORETS DES TROPIQUES
  • Jean-Guy Bertault

L'aménagement des forêts tropicales humides est devenu une préoccupation majeure de la fin de ce siècle. Malgré la volonté politique de gestion qui s'esquisse, la complexité des phénomènes qui régissent le fonctionnement de l'écosystème tropical génère une contrainte dans l'application concrète de ces programmes. La recherche forestière dans le domaine de la sylviculture, en complément d'autres approches plus fondamentales, par son histoire et un dynamisme retrouvé depuis une quinzaine d'années, commence à proposer des modes de traitement des peuplements applicables à grande échelle, basés sur une expérimentation rigoureuse et se soldant par des résultats encourageants dans le domaine de la productivité. Ces techniques concourent non seulement à donner une réelle consistance aux plans de gestion mais aussi créent des effets induits, tels que l'occupation effective du terrain ou l'association des populations riveraines à l'exécution de ces opérations. Ces actions, passant progressivement de la phase recherche, où les expérimentations se poursuivent activement, à une étape d'application par les développeurs, redonnent également, par la réduction des rotations, un intérêt économique nouveau au produit bois et à ses dérivés. La forêt, de ce fait, peut ainsi mieux résister à l'implantation d'autres spéculations sur son propre sol.

  • Single Report
  • 10.54932/imio6888
Incitation au travail : perceptions et réalités
  • Apr 1, 2025
  • Nicholas-James Clavet + 2 more

Nous documentons l’évolution de l’incitation au travail dans la population québécoise de 2017 à 2023. Nos résultats montrent qu’il existe une grande hétérogénéité dans l’évolution des désincitatifs auxquels la population fait face, et qu’il n’existe pas de portrait clair de cette évolution. Certains travailleurs ont vu leurs désincitatifs diminuer, en particulier à l’entrée sur le marché du travail, alors que d’autres les ont vu augmenter (ex. revenus de travail modestes allant de 20 000 $ à 45 000 $). Nous confrontons ensuite les perceptions à la réalité en menant une enquête auprès de plus de 2 500 personnes de 18 à 69 ans, afin de mesurer le degré de compréhension des incitatifs au travail et de mesures fiscales particulières, ainsi que les préférences en matière de travail. Nous montrons que la compréhension de l’incitation au travail, et en particulier la compréhension de l’impact des mesures fiscales sur l'incitation au travail, est très faible dans la population. Les répondants ont des difficultés considérables à intégrer la notion de récupération de l’aide fiscale dans leur évaluation de l’incitation au travail. La connaissance des mesures fiscales est aussi très limitée. Par ailleurs, nous trouvons que les Québécois en âge de travailler sont pourtant sensibles aux incitatifs financiers, ce qui suggère que les incitations actuelles par le biais de la fiscalité sont peu susceptibles d’augmenter l’offre de travail principalement parce qu’elles sont mal comprises.

  • Research Article
  • 10.4000/rief.10613
Les Aventures d’une nouvelle Télémaque
  • Jan 1, 2023
  • Revue italienne d’études françaises
  • Francesca Pagani

Le roman Voyages de Mylord Céton dans les sept planètes, ou le Nouveau Mentor (1765-1766) est l’œuvre la plus réussie de Marie-Anne Robert. En puisant dans la tradition littéraire qui l’a précédée, l’auteure propose un nouveau modèle féminin à partir d’une réflexion qui découle de la querelle des femmes. La formation de son héroïne, loin d’être socialement subversive – il s’agit d’une princesse prédestinée – est cependant emblématique, car elle revendique le droit féminin à une éducation soignée dans tous les domaines : cela peut être considéré comme un signe avant-coureur d’un nouvel ordre social et d’une modernité littéraire que d’autres romans développeront au cours des siècles suivants.

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  • Research Article
  • 10.52155/ijpsat.v38.2.5293
Le Bio Indicateur Aurifere: Outil De Prediction De Gisement Et Caracterisation De Sol. Effet De L’Or Sur La Banane Plantain, L’avocatier Et La Tige De Riz Dans Le Fokontany Ambohitsara, Commune Ikianjavato, District De Manajary- Madagascar
  • May 16, 2023
  • International Journal of Progressive Sciences and Technologies
  • Jean Rabemanantsoa + 4 more

Madagascar est un pays riche en ressources minières. Les grandes sociétés sont les plus avantageuses à l’exploitation de ces gisements car elles ont les moyens les plus performants pour l’extraire. Pour le cas des ressources aurifères, les petits exploitants sont nombreux mais leur technique d’extraction est encore traditionnelle comme la bâtée qui est une méthode fatigante, hasardeuse et à faible rendement. Par contre, le bio indicateur aurifère, une nouvelle technique pratiquée par plusieurs pays et développée dans le cadre de ce travail de recherches est simple, facile à employer et avantageuse surtout pour déterminer et localiser rapidement le gisement aurifère. Tout le monde peut l’appliquer. La maîtrise de cette technologie permettra d’améliorer les conditions de vie de la population et par ricochet au développement local et évidemment dans pays tout entier.C’est grâce à cette recherche qu’on a pu mettre en évidence l’effet aurifère sur le bananier plantain, l’avocatier et la tige de riz d’une rizière dénommée : Botely. La croissance du bananier, de l’avocatier et de la tige de riz est handicapée par l’effet de l’or dans l’échantillon de sol et ces végétaux ne peuvent plus pousser normalement et n’a pas donné de fruit sous l’effet de l’or dans le sol. Ce qui a permis de considérer ces trois végétaux à grain comme bios indicateurs aurifères dans le fokontany d’Ambohitsara de la commune d’Ikianjavato. cinq éléments chimiques accompagnent toujours l’or, ce sont : l’arsenic, le sélénium, l’antimoine, l’argent et le tellure. Le résultat d’analyse de l’échantillon de sol importé de la zone d’étude, c’est à dire sol pris au pied respectif du bananier plantain, de l’avocatier mort et dans la rizière Botely a prouvé l’existence de ces cinq éléments. Un autre essai d’expérimentation effectué au laboratoire du CNRIT sur les sols importés de la zone d’étude a prouvé que : le sol aurifère pris au pied du bananier nain contient de l’or et cet or contenu dans ce sol pénètre dans le bananier à travers ses racines pour retarder non seulement la croissance de la plante, mais aussi virer la couleur verte des feuilles de la plante en couleur jaune. Par rapport à un bananier témoin, celui qui a poussé avec le sol aurifère présente la caractéristique suivante après un an et demi de plantation : hauteur très petite (25 cm), largeur de feuille variant entre 10 et 11 cm, nombre de talles (6 au total, dont 3 petites et 3 grandes), diamètre tronc : 7 cm. En bref, le rapport entre le bananier témoin et celui qui a subi le test est presque triplé pour le cas du diamètre tronc et la largeur et longueur des feuilles. En ce qui concerne la hauteur des deux plantes, le témoin est 15 fois plus grand par rapport à l’autre.

  • Book Chapter
  • 10.4000/13mas
Ce que la représentation nous dit du traumatisme
  • Jan 1, 2022
  • Françoise Dubosquet Lairys

Plus de quatre-vingts ans après la guerre civile et quarante-cinq ans après la mort du dictateur et le retour de la démocratie en Espagne, le passé reste une blessure ouverte pour les acteurs encore en vie et un lourd héritage pour les nouvelles générations. La récupération de cette mémoire a été soumise à des censures et autocensures liées notamment aux conditions de la Transition démocratique. Dans le cadre de cet article, notre propos sera de questionner la représentation du premier franquisme que se donnent trois générations différentes, nées dans les années 1940, 1950 et 1970, dans le roman graphique. Après le boom des romans de la mémoire, la bande dessinée et le roman graphique prennent le relais auprès d’un public plus jeune et souvent ignorant de ce passé. Militantisme de la mémoire pour les uns, découverte des oublis de l’Histoire pour les plus jeunes, la bande dessinée est devenue une autre forme de lire, d’exprimer et de transmettre ce passé. Dans l’espace de ce texte, nous nous attacherons à la représentation de cette mémoire, à l’évolution de ses formes et à la vision de ces années qui restent un traumatisme pour un pays qui n’a jamais pu juger ses bourreaux et faire face à son passé totalitaire.

  • Single Report
  • 10.70010/nkup8051
Recherche-action visant le développement d’un modèle d’intervention préventive en SST par et pour les préposés aux bénéficiaires en CHSLD
  • Sep 26, 2024
  • Nathalie Jauvin + 10 more

Contexte Ce rapport a pour objectif de présenter les résultats d’une recherche-action visant le développement d’un modèle d’intervention préventive en santé et sécurité du travail (SST) par et pour les préposés aux bénéficiaires (PAB) dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) du Québec. Les PAB sont au cœur des soins prodigués dans les milieux gériatriques. Malheureusement, l’augmentation du nombre de blessures et l’accentuation des problématiques de santé psychologique subies par ce personnel depuis quelques années fragilisent leur situation, ce qui se prouve en termes de faible rétention et de fort absentéisme chronique de ce personnel. Ce projet, qui est issu au départ d’une demande du milieu, visait à implanter une démarche d’intervention dans trois CHSLD du Québec, en nous inspirant d’autres études menées dans d’autres types d’organisation, comme les centres jeunesse. Revue de littérature La littérature scientifique nous enseigne que la participation des travailleurs au développement et à l’implantation de programme de prévention de la SST est une condition clé de leur succès, et ce préférablement à une intervention unilatéralement « classique » davantage axée uniquement sur la formation du personnel. Néanmoins, les CHSLD ne sont pas reconnus comme des milieux innovants, dans lesquels les PAB peuvent participer activement au développement des programmes de formation qui les concerne. La participation des PAB à une intervention préventive en SST, même si elle leur est destinée, apparaît comme un défi particulièrement important et difficile à relever. Objectifs L’objectif principal de cette recherche-action consistait à développer des modalités d’interventions préventives innovantes en matière de SST portées principalement par les PAB en CHSLD, afin d’en tirer des connaissances généralisables à d’autres milieux. Nos objectifs spécifiques visaient à : 1) cerner, dans les CHSLD, les facteurs de risque ainsi que les facteurs de protection présents ; 2) documenter et évaluer un processus mené « pour et par des PAB » qui vise à réduire les contraintes ciblées dans chaque milieu ; 3) documenter et évaluer le processus d’implantation de ces mesures ainsi que la participation des PAB dans la mise en place de la démarche ; 4) documenter les effets attendus des interventions proposées au sein des groupes de soutien à l’intervention (GSI) ; 5) dresser un inventaire des conditions (dimensions contextuelles et organisationnelles) favorables ou défavorables à l’implantation d’une intervention préventive misant sur la participation des préposés aux bénéficiaires. Cadre d’intervention L’étude a pris la forme d’une recherche-action. Selon cette approche, c’est principalement par l’action que l’on peut générer des connaissances scientifiques pour comprendre et changer la réalité sociale des individus et des systèmes, donc d’organisations telles que les CHSLD. Dans cette perspective, la théorie découle donc de l’action. Dans le cadre d’une recherche-action, on vise notamment à garantir que l’objet réponde à la fois aux problèmes pratiques des membres de l’organisation ainsi qu’aux préoccupations théoriques de recherche. Aussi, nous nous sommes appuyé sur le cadre proposé par Goldenhar et al., (2001) pour élaborer la démarche d’intervention. Il s’agit d’un modèle en 3 phases : le développement (l’identification a priori des risques ciblant des priorités sur lesquelles agir), l’implantation (l’implantation d’une intervention cohérente avec ces cibles via un GSI) et l’évaluation de l’intervention (l’étude de l’efficacité de l’intervention). Méthodologie Notre processus méthodologique a suivi le cadre d’intervention précité, soit trois phases de recherche-action : le diagnostic (phase I), l’intervention (phase II) et l’évaluation (phase III), et ce, dans trois CHSLD différents. Mentionnons que nous avons rajouté une phase d’entrevues, à la suite de la pandémie de la COVID-19 (phase I-B). Nous avons réalisé un total de 50 entrevues, soit 36 lors de la phase I (trois sites) et 21 en phase I-B. Nous avons réalisé également des heures d’intervention dans le cadre de la phase II, afin de développer les GSI. Lors des phases II et III, 15 informateurs clés ont été rencontrés sur une base individuelle et volontaire, et ce dans les deux CHSLD où ont été implantés des GSI. Notons que la pandémie a considérablement freiné notre projet et limité la portée de notre action. Il a été décidé, à la suite de la phase I-B, qu’un CHSLD serait supprimé de notre projet, tant les enjeux de recrutement pour les entrevues (phase I-B) et GSI (phase II) semblaient complexes. Résultats Les résultats de la phase I et I-B mettent de l’avant, dans les trois milieux, des facteurs de risque et des facteurs de protection relatifs à la charge de travail, au manque de soutien des collègues ou des supérieurs, à la faible reconnaissance et à la faible autonomie décisionnelle. Ce diagnostic a permis de préciser certaines pistes d’action pour les deux CHSLD participant à la phase II. Nous présentons ces pistes, de même que le processus complexe par lequel nous avons pu (ou non) développer des innovations organisationnelles dans les milieux. Dans le CHSLD du Hameau, quatre mesures ont été retenues (p. ex. : procéder à un exercice de clarification des rôles, des tâches partagées). Au CHSLD du Parvis, quatre mesures ont été aussi retenues (p. ex. élaborer un plan de contingence sur les unités). En guise d’évaluation, nous présentons plusieurs conditions gagnantes et défis identifiés par les acteurs des milieux interrogés. Discussion Notre projet a permis de documenter la complexité de développer des projets participatifs en CHSLD, notamment lorsqu’ils visent les PAB. Un premier facteur de complexité porte sur la structure hiérarchique même de l’organisation, qui donne peu de place et de pouvoir aux PAB, alors même que cette catégorie d’emploi est centrale en CHSLD. Un second facteur a trait à la fragilité importante de ces processus d’innovations lorsque des contraintes extérieures entravent ou bouleversent les pratiques quotidiennes. Certaines contraintes peuvent être importantes et de courte durée (comme la pandémie de la COVID-19), mais d’autres sont relativement récurrentes et fragilisent tout autant le même processus (manque de main-d’œuvre ponctuelle, épidémie d’influenza, visites de qualité, etc.). Des facteurs de soutien sont identifiés, comme l’engagement structuré de l’ensemble de l’organisation envers le projet (des hautes directions comme SAPA aux gestionnaires immédiats), la composition rigoureuse du comité chargé de développer et d’implanter les mesures proposées et le développement d’une perspective de pérennisation à moyen et long terme.

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